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La relance de l’agriculture n’a visiblement pas été prise en compte comme principale préoccupation de la réforme des entreprises publiques , ainsi que vient de le démontrer la publication des décrets de transformation de ces entreprises, alors qu’il s’agit d’un secteur clé à ne point négliger.

PalmiersLa lecture des décrets du Premier ministre portant sur la transformation des entreprises publiques en sociétés commerciales, établissements publics et services publics a démontré que la relance du secteur agricole n’a jamais été une priorité. La diversification des sources de production ne s’est pas traduite à travers les mesures prises pour matérialiser les quatre lois sur le portefeuille de l’Etat.

L’intérêt ne s’est porté que sur les entreprises susceptibles de produire des effets dans une échéance rapprochée. C’est ainsi que le secteur minier et les activités liées à l’exploitation minière ont retenu l’attention du gouvernement. Les observateurs notent une consécration de la perpétuation de l’extraversion de l’économie congolaise, telle que héritée de la colonisation. Un soin particulier a été réservé à la Gecamines, Sodimco, Okimo voire EMK-Ma, Socider et Afridex n’ont pas été ignorées. Les activités liées à l’exploitation minière notamment l’électricité, le transport ferrée et fluvial constituent également la priorité du gouvernement. Fondamentalement, la réforme n’a pas apporté des nouveautés. Elle va permettre un nouveau mode de gestion qui ne manquera pas avec l’usure de démontrer ses limites. Toutefois, il ne fallait pas s’attendre à une solution miracle de cette réforme. Elle est, en fait, une piste parmi d’autres.

Quid de la Banque de crédit agricole ?

De cette réforme, le secteur agricole hérite de la portion congrue. Le gouvernement aurait dû se saisir des opportunités offertes par les crises alimentaire et financière pour réorienter l’économie nationale.

Les pays africains, ayant compris suffisamment à temps, que la production agricole assure une meilleure croissance se tirent plutôt bien de la crise mondiale actuelle. Le Cameroun, qui a déjà atteint l’autosuffisance alimentaire, ne ressent pas les effets pervers de la crise avec la même acuité que la RDC, a confié un expert de l’OCDE. Le même constat a été fait en Ethiopie, au Soudan ou encore au Togo. Ces pays africains ont développé leur agriculture au point que la crise venue des lointains Etats-Unis et Europe ne frappera pas les population de la même manière qu’ailleurs.

Tous soutiennent que la RDC peut nourrir 2 milliards d’individus ! Mais, les 70 millions de Congolais n’ont pas encore atteint l’autosuffisance alimentaire. La balance de paiement de la RDC est toujours déficitaire, avec une tendance d’alourdissement toujours croissante.

L’INERA et l’Office national du café, les seules entreprises du secteur qui ont intéressé le gouvernement ne peuvent booster l’activité, à elles seules. L’occasion était donnée de remettre en service, par exemple, la Banque de crédit agricole afin de canaliser les flux financiers dans le secteur assurant ainsi plus de production.

La promesse a été faite que la liste n’était pas exhaustive. Il est temps de mettre à profit cette réforme des entreprises publiques pour réussir d’amorcer le processus d’introversion de l’économie nationale. Les réformes, ayant comme sous-entendu des dividendes à court terme, ne sont pas par essence porteuses de développement.

Elles seront l’affaire de quelques individus, les usagers pourraient tirer quelques bénéfices à travers l’amélioration des services rendus. L’Etat pourrait se réjouir d’avoir engrangé quelques dividendes après des années. Maigre comme résultat, si à l’occasion, les affaires étaient mises de côté pour ne voir que l’intérêt de la collectivité qui a comme passage obligé l’agriculture.

(DN/PKF/GW/Yes)

Bienvenu Marie Bakumanya/Le Potentiel



Last edited: 02/05/2009 14:55:04

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