En visite de travail à Bukavu, la représentante spéciale du secrétaire général de l’Onu pour les enfants et les conflits armés, n’a pas caché sa préoccupation sur les violations graves des droits de l’enfant à l’Est depuis 2006.
« Le nombre des enfants victimes des guerres se multiplient, en outre, de manière inquiétante, et en particulier en raison du climat d’impunité qui y règne », a déclaré Radhika Coomaraswamy au terme de sa visite en R-dCongo. La situation est inquiétante au Sud-Kivu, où le gouverneur de province, Louis Léonce Muderwa Cirimwami, en appelle aux autorités du pays et à la communauté internationale de sanctionner les auteurs des violations commises à l’endroit des enfants. En plus du problème des enfants de la rue, les « Mayi Bobo », le Sud-Kivu est confronté à celui des enfants démobilisés. Les ONG locales font savoir que la plupart de ces enfants (de la rue), souvent âgés de 14 à 20 ans, seraient des démobilisés. Ils sèment la terreur dans les environs du collège Alfajiri dans la commune d’Ibanda.
Pour sa part, Radhika Coomaraswamy, qui se fonde sur le rapport du secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés en R-dCongo, a expliqué que dans l’ensemble, le nombre d’allégations d’atteintes graves aux droits de l’enfant a diminué. Néanmoins, dans les Kivu, malgré la signature de l’Acte d’engagement, des violations graves continuent à être signalées.
D’après elle, 63% de ces violations sont attribués à des éléments armés de Maï Maï, des milices, des groupes étrangers qui y sévissent encore. Les abus observés dans ces violations sont notamment le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces et les groupes armés, les enlèvements, les meurtres ou atteintes à l’intégrité physique d’enfants et le refus de l’accès à l’aide humanitaire... Le rapport du SG de l’ONU souligne que le nombre d’enfants recrutés a diminué, du fait notamment des progrès accomplis dans la mise en oeuvre du programme DDR des enfants ainsi que de l’intégration de l’armée et la diminution du nombre des zones de combat.
Silence, on recrute
Sans oublier l’action menée en permanence par les réseaux de protection de l’enfance contre le recrutement d’enfants. Par ailleurs, note le rapport, en dépit de cette tendance générale, toutes les parties au conflit répertoriées, en 2006, continuent de recruter, d’utiliser et d’enlever des enfants. « Le nombre d’enfants présents dans les brigades intégrées et non intégrées des Forces armées de la République démocratique du Congo, FARDC, reste élevé », précise le rapport. En particulier, dans le district de l’Ituri et les deux provinces du Kivu... Ce rapport rappelle qu’en mai 2007, le HCR a mis sur pied avec le Rwanda une mission d’évaluation conjointe dans les camps de réfugiés, au Rwanda afin de vérifier les allégations faisant état notamment du recrutement d’enfants, en plus d’élaborer des dispositifs de protection adéquats.
Afin que les personnes accusées soient inculpées et traduites en justice. Mais après le recrutement observé en date du 24 juillet 2007, de huit enfants dans le camp de réfugiés de Kiziba au Rwanda qui seraient envoyés au Sud-Kivu, le gouvernement de ce pays a lancé une enquête, qui n’a toujours pas abouti. Par ailleurs, en Ituri, le Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) et le Front de résistance patriotique d’Ituri (FRPI) continuent de recruter des enfants. Notamment au cours de la troisième phase du processus DDR, mené en Ituri en août 2007. Ainsi, plus de 40 enfants auraient été enrôlés par des forces de Peter Karim Udaga. Bien qu’en août 2007, plus de 2.900 ex-combattants aient été démobilisés, les ONG estiment à 1.500 éléments du FRPI et du Mouvement révolutionnaire congolais (MRC), dans lesquels les enfants ne se sont toujours pas rendus. Et que le FNI a en outre activement fait obstacle à la libération d’enfants pendant le processus de désarmement.
De leur côté, les groupes Maï Maï encore actifs au Nord et au Sud-Kivu continuent d’utiliser des enfants. Des sources indiquent qu’un certain Abdou Panda, colonel et ancien commandant de la 121è brigade Maï Maï, basée à Lubarika, dans la pleine de Ruzizi (Sud-Kivu), recruterait encore des enfants. Selon le rapport de l’ONU, en décembre 2006, son groupe a relâché 107 enfants au centre de brassage de Luberizi.
Cependant, en mai 2007, on a signalé à Bingi, au Nord- Kivu, la présence de 30 enfants dans le groupe Maï Maï Baleine sous le commandement du colonel Jackson. Au fait, les récents combats au Nord-Kivu ont permis le recrutement d’enfants par les groupes Maï Maï. En août 2007, les mêmes groupes ont recruté plus de 50 enfants à Nyamilima dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu. Les sources indiquent que des groupes Maï Maï détiendraient des enfants dans les provinces de Katanga et de Maniema.
(TN/Th/GW/Yes)
Pappy Mbaki/Le Soft International