Un des meilleurs guitaristes de sa génération autant que bon auteur-compositeur, Makonko Kindudi alias Makos ou Makoso a été un des musiciens qui ont apporté leur pierre à l’édification de l’orchestre Sosoliso du Trio Madjesi de glorieuse mémoire.

Au sein du TP OK Jazz où il a évolué par la suite et de Bana OK, Makoso a confirmé tout le talent que le public lui reconnaît. Mais, depuis six ans, le guitariste vit en France après une tournée avec le groupe Bana OK.

Qu’est-ce qui explique cela ? Visa a profité de la descente à Kinshasa de Makoso pour en savoir plus. L’occasion aussi de revisiter une page d’histoire, celle de la disparition du tonitruant Trio Madjesi qu’ont constitué les chanteurs Matadidi Mabele « Mario » Djeskain Loko Massengo et Sinatra Bonghat Tshekabu dit Saak Saakoul.

Visa : Au terme de votre tournée européenne avec Bana OK en 2002, vous avez décidé, Josky Kiambukuta, vous-même et d’autres musiciens de ce groupe de vous établir en Europe. Y a-t-il eu un problème entre vous et le président Lutumba Simaro ?
Makonko Kindudi Makos : Non. Au cours de cette tournée, nous avions eu à enregistrer un album. Mais, le producteur n’avait pas jusqu’alors paye nos droits.

Appelé a rentrer au pays pour des raisons familiales, le président Lutumba nous avait regroupés, tout l’orchestre et le producteur pour nous recommander à ce dernier s’agissant du paiement de nos droits mais, aussi de notre hébergement et de nos billets d’avion pour le retour au pays.

Il nous avait responsabilisés, le vice-président Josky Kiambukuta, Ndombe Opetun et moi-même. Le producteur, M. André Bethenval s’était solennellement engage devant le président Lutumba.

Malheureusement, il n’a respecté aucun des président Simaro à savoir, le paiement de nos droits, notre logement, notre restauration et l’achat des billets d’avion pour notre retour à Kinshasa. Il nous a fait perdre du temps, les musiciens n’ayant pas de ticket pour regagner le pays. C’est ainsi que lassé d’attendre, Ndombe Opetun a décidé à son tour de regagner Kinshasa.

Pour ma part, je ne pouvais pas faire la même chose et abandonner nos musiciens à leur sort. Voilà. C’est par la force des choses que nous avons été amenés à prolonger notre séjour en Europe.

Visa : Pendant votre long séjour en Europe, quels sont vos rapports avec le président Lutumba Simaro ?
M.M.M. : Nos rapports sont restés les mêmes car, nous restons en contact permanent. Quand nous avons un concert à livrer là-bas, nous informons le président Lutumba préalablement. Cela est également valable chaque fois qu’il y a un problème au sein de notre groupe en Europe. Par exemple, quand feu Madilu System nous avait une fois contactés pour l’accompagner en Suisse, nous avions demandé le feu vert du président Lutumba qui nous l’avait donné spontanément.

On doit le savoir, il n’y a pas deux Bana OK. Il n’y en a qu’un seul et il y a un seul président Lutumba Simaro.

Mon voyage ici en est la preuve. Après les festivités de ses 50 ans de carrière ici à Kinshasa l’année dernière, ces festivités seront organisées cette fois-ci en Europe par le même producteur, Yves Kambala. Je suis id pour régler tout cela avec le président Simaro, pour rassurer quant aux modalités et aux conditions d’organisation de cet événement en Europe.

Visa :    Vous êtes un bon auteur-compositeur, Josky Kiambukuta aussi. N’avez-vous pas le sentiment qu’avec lui, vous avez perdu quelque chose, sinon beaucoup, face aux mélomanes ici au pays ?
M.M.M. : Bien sur, bien sur. Parce que, voyez-vous, en Europe, on ne joue pas chaque week-end comme à Kinshasa.

Nous avons passé beaucoup de temps en Europe malgré nous. Mais, nous nous disons que nous devons nous préparer à regagner le pays.

Visa : Donc, Josky et vous-même y pensez ?
M.M.M. : En tout cas, Josky avait des problèmes de papiers mais, maintenant, c’est réglé. Lui et moi responsables au sein du groupe Bana OK, notre objectif est de rentrer poursuivre notre carrière au pays.

Visa : Le Trio Madjesi, apprend-on, se produira bientôt en Angola. Ancien de l’orchestre Sosoliso, qu’est-ce que cela vous fait ?
M.M.M. : Ca me fait du bien de savoir que le Trio Madjesi renoue avec la scène musicale. C’est une bonne nouvelle, assurément.

Visa : Avec le recul, pouvez-vous nous dire comment est arrivée la disparition de l’orchestre Sosoliso ?
M.M.M. : C’est simple. La chute de l’orchestre Sosoliso est arrivée par le chanteur Matadidi Mario qui était le meneur du groupe, incontestablement.

Nous y venions d’être désignés pour participer au Festac 77 au Nigeria. C’est le moment que Mario avait choisi pour partir en Angola. Suite à cela, Saakoul et Djeskain avaient baissé les bras. Autrement, nous aurions pu participer à ce festival et continuer avec le groupe.

Visa : Mais, avant cela, il y a eu la suspension de l’orchestre Sosoliso au retour d’un voyage en Centrafrique...
M.M.M. : Vous savez, dans la vie, il y a les hauts et les bas ; il faut savoir s’y faire. Nous le savions, nos aînés sur la scène musicale ne voyaient pas notre éclatant succès d’un bon œil. Ce succès faisait des jaloux, nous le voyions bien.

Mario, en tant que meneur du groupe, devait s’attendre à des coups bas. Malheureusement, ils s’est laissé abattre moralement sans considérer la charge qui était la sienne c’est-à-­dire, la vie de l’orchestre et de ses membres.

Visa : Sosoliso et le Trio Madjesi étaient à deux doigts de jouer à L’Olympia de Paris. Mais, la correspondance échangée entre l’orchestre et Bruno Coquatrix parvenait à Kinshasa à ceux qui ne juraient que sur la disparition du Trio Madjesi. A la chute de ce dernier et l’Olympia ayant capoté, on a embauché votre Chargé des Relations Publiques par un membre des fameux Trois Mousquetaires « connus de l’opinion comme vos bourreaux. Est-ce à dire que Sosoliso était trahi de l’intérieur ?
M.M.M. : Cela s’est passé ainsi, la personne que vous évoquez a bel et bien pris part à la destruction de l’orchestre Sosoliso.

Je le dis sans ambages : nos aînés sur la scène musicale en voulaient a mort à l’orchestre Sosoliso et au Trio Madjesi. Note groupe les dérangeait. C’est comme ça qu’ils avaient décidé de nous casser.

Visa : Votre mot de la fin ?
M.M.M. : Je suis très heureux de retrouver Bana OK en grande forme. Je l’avais vu sur les DVD des 50 ans de carrière du président Lutumba. Mais, les musiciens ont atteint un niveau plus élevé encore. Il y a un grand changement, ils sont au top.

Je les félicite et les remercie en même temps. Grand merci, merci de tout cœur aux fans, à tous ceux qui continuent de soutenir Bana OK et le président Lutumba.

(Ern/BT/PKF)

Kale Ntondo/Visa