À l’exception du doyen Jean- Serge Essous et de quelques « vedettes » comme Passi-Ngongo Mermans, Lambert Kabako, Rikky Siméon, Samuel Malonga, les musiciens sur scène étaient peu connus, jeunes pour la plupart.
Élégante dans l’effort, modeste dans la victoire, féconde par nature, toujours fort juste et bien équilibrée, la musique des Bantous a offert à l’Olympia l’image même de la grâce. L’Olympia, chapelle d’un soir, s’est emplie des ouailles venues nombreuses célébrer le passage du Révérend Bantous de la capitale. Le 12 Avril 2009, une fois encore, la grande machine des « Bakolo mboka » s’est mise en marche. À l’exception du doyen Jean- Serge Essous et de quelques « vedettes » comme Passi-Ngongo Mermans, Lambert Kabako, Rikky Siméon, Samuel Malonga, les musiciens sur scène étaient peu connus, jeunes pour la plupart, enthousiastes car ils avaient là l’occasion de jouer la musique qu’ils aiment, ce qui ne leur arrive pas tous les jours.
Tous ont eu leur mot à dire dans l’excellence de l’orchestre et cela malgré le petit nombre de répétitions qui pouvaient les réunir à Paris dans une salle appropriée.
Ce dimanche de Pâques, un jeune guitariste soliste fut particulièrement étincelant : Albert Ntsounga « Dede » qui possède imagination et fougue dans l’improvisation ce qui en a fait un des acteurs majeurs de la soirée.
La section cuivre, quant à elle, a été bien emmenée par « Samy Trompette » : mobile, souple et en même temps puissante. Du coup, les arrangements ont été aussi d’une extrême richesse, rénovant des chansons comme « Destino », « Comité Bantous », « Rosalie Diop », « Camitina »…, leur rendant une jeunesse qu’on pensait en déclin.
Notons aussi que ce concert a été honoré par la présence d’un grand nombre de musiciens africains, parmi lesquels Manu Dibango, Ray Lema, Joscky Kiambukuta, Dino Vangu, Balou Canta, Maicana, Michelino Mavatiku, Don Fadel (Likembe Salsa) et particulièrement le guitariste soliste Antoine Nedule « Papa Noël » qui a rappelé au public qu’il fut l’un des acteurs de la réussite des Bantous au cours de leur première tournée européenne en 1962.
Tirant une stratégie de l’improvisation qui est aussi un art d’ameuter les démons séculaires des Bantous, il interprète la chanson « Bantous de la capitale » avec une chaleur, une générosité un mordant et une sonorité des grands « cha cha cha ».
Au moment où certains amateurs de la musique congolaise, mais aussi des critiques et des musiciens semblent perdre un peu de cet enthousiasme qu’avaient suscité les chefs d’œuvre des années 60 à 80, notamment les rythmes « Rumba » et « Soukous », ce concert de l’Olympia a constitué une exceptionnelle réussite, et surtout un nouvel espoir – pour la musique rétro, mais pas seulement. Ce concert s’est surtout distingué de la production « courante » par sa cohérence, évidente à tous les niveaux de la conception à la réalisation et jusqu’aux sensations qu’il a suscitées.
(Milo/BT/PKF)
Clément Ossinondé/AEM/MMC
Last edited: 27/04/2009 18:02:25