La réforme des entreprises publiques n’a jamais fait l’unanimité au sein de la population congolaise. Les tenants et les aboutissants n’étant pas bien maîtrisés par les Congolais.
La réforme des entreprises publiques n’a jamais fait l’unanimité au sein de la population congolaise. Les tenants et les aboutissants n’étant pas bien maîtrisés par les congolais.
Le président fraîchement élu de l’Assemblée nationale a eu des mots clairs pour le processus de réforme des entreprises publiques. Il a dressé un parallélisme entre la démarche contraire adoptée par les ultralibéraux d’Occident, qui recourt à l’interventionnisme étatique, et le dirigisme jadis décrié.
L’Etat joue, de plus en plus, un rôle accru dans la gestion des entreprises en difficultés. Etant attendu que des fonds publics ont été injectés pour tirer du désastre celles qui étaient durement frappées par les effets dévastateurs de la crise financière internationale. Les Etats s’étaient réservés un droit de regard et des parcelles d’autorité dans la gestion.
Face à cette démarche, Evariste Boshab s’était interrogé à haute voix du haut du perchoir : «face à la crise financière internationale qui voit les Etats intervenir de plus en plus pour soutenir le secteur économique et les marchés financiers, l’Assemblée nationale ne devrait-elle pas s’interroger sur l’efficacité et l’opportunité actuelles des lois relatives à la réforme du portefeuille de l’Etat, lesquelles ont consacré le désengagement progressif de celui-ci dans ce domaine ?». Qu’un président nouvellement élu au perchoir remette sur la table des discussions des lois adoptées par son institution dénote d’une volonté de remise en question dans l’intérêt général.
Evariste Boshab ne s’est pas arrêté en si bon chemin en déclarant en substance : «je voudrais tout de suite préciser que nous n’avons pas la prétention d’imposer une quelconque option, mais mon sentiment est que, face aux indications macro-économiques plus rassurantes, un débat doit être courageusement ouvert sur cette question pour que, tous ensemble nous ayons des assurances que nous ne nous sommes pas fourvoyés et que la voie dans laquelle nous nous sommes engagés protège suffisamment les intérêts de l’Etat et l’emploi des milliers de travailleurs congolais évoluant dans ce secteur».
La justesse des propos du nouveau président de la chambre basse du Parlement démontre, si besoin en était encore, que la réforme des entreprises publiques n’est pas le fait des congolais, mais un schéma, une volonté des décideurs tapis dans les institutions financières internationales. Une politique contraire à la volonté de l’ensemble des congolais, dont les précédentes tentatives sous l’ancien Premier ministre Kengo, ont été combattues jusqu’au renoncement. Ne s’avouant pas vaincues, les forces centrifuges et affairistes ont saisi l’opportunité de la perméabilité de certains dirigeants issus des élections pour remettre le projet en marche.
Quatre lois d’inspiration des institutions financières internationales ont été adoptées, alors qu’en même temps, des puissances internationales comme les USA injectaient plus de 750 milliards Usd des contribuables pour sauver le libéralisme intégral de ses dérives.
L’Etat congolais a tout intérêt de ne point poursuivre des réformes improductives, même si la Banque mondiale, par exemple, continue à encourager les Etats à ne point se départir de ce processus porteur, selon elle, de croissance. Et pourtant, les partenariats public-privé négociés dans la transparence et où toutes les parties tirent des bénéfices acceptables peuvent donner satisfactions aux uns et aux autres. Plutôt que de soumettre à l’asphyxie des entreprises publiques, pour des bénéfices individuels, la RDC doit revoir les modalités de gestion.
(TN/PKF/GW/Yes)
Le Potentiel
Last edited: 25/04/2009 17:04:24