Je remarque également que parmi eux, il y a de talents. A vos amis de l’audiovisuel de nous rendre service. On ne peut pas faire avaler n’ importe quoi au public.
L’artiste a abordé plusieurs sujets notamment la promotion de la musique RD-congolaise qui a régressé alors que les moyens de communication se sont multipliés. A l’époque où il n’y avait qu’une seule télévision, cette musique était compétitive, dit-il.
« Je m’étonne aujourd’hui de voir qu’avec l’apport de l’Internet et d’autres voix de communication notre musique régresse sur le plan promotionnelle », déclare Jossart. Et d’ajouter que dans le temps, la promotion se faisait au cours des rencontres culturelles organisées par nos diplomates. Trois productions chaudes signées Zaïko ont eu lieu le week-end, du vendredi au dimanche. Vendredi dans un concert VIP au salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa – GHK –, samedi au maquis GB, dimanche en matinée à l’esplanade de Kinkole et le soir à l’espace Le Métropole sur l’avenue de l’Enseignement, à Kasa Vubu.
Entretien
Pourquoi êtes-vous resté plus de cinq ans en Europe ?
Nous avons passé exactement six ans et sept mois en Europe parce qu’au départ de Kinshasa, nous nous étions fixé des objectifs qu’il fallait atteindre. Etant donné que tout ne s’est pas déroulé comme nous le souhaitions, nous avons passé plus de temps que prévu. Les imprévus nous ont aussi retenu durant ces six ans en Europe.
Comptez-vous rester à Kinshasa ?
Je suis résident à Kinshasa et non en Europe. A ma connaissance, je n’ai jamais demandé une carte de résident en Europe. Pour moi, ce n’était qu’une tournée et il fallait, un jour, rentrer dans mon pays.
Zaïko recourt plus a ses anciens succès dans ses productions. Est-ce pour sauver la face ou vos nouvelles recrues n’ont pas encore l’esprit Zaïko ?
C’est un faux problème. Si aujourd’hui les fanatiques assistent à nos spectacles et sont satisfaits, c’est d’abord grâce à nos anciens succès. Zaïko est un esprit. Et à ce niveau nos nouvelles recrues doivent être initiées par rapport à l’esprit du groupe, par notre créativité et notre style.
Vous êtes rentré à Kin avec une partie des musiciens, l’on a remarqué des absences, et non des moindres ?
C’est un problème de choix. Les uns ont préféré rester et d’autres sont rentrés avec moi, ce n’était pas à moi de m’imposer. Ce sont des grandes personnes, suffisamment âgées pour opérer un choix. Nous étions partis pour une tournée et il fallait rentrer après la tournée. Après ma sortie de la prison, il y a eu les accords entre les gouvernements de deux pays que je devais respecter, c’est tout.
Ne craignez-vous pas qu’en votre absence, qu’ils engagent Zaïko dans leur vadrouille en Europe ?
L’Europe n’est pas une jungle. Il y à la loi. Zaïko est une marque déposée. S’ils sont restés et qu’ils ont des noms, ils n’ont qu’à monter leur groupe. Personne parmi eux n’a fait L’histoire de Zaïko.
Quelle lecture faites-vous lorsque les plus jeunes viennent intégrer votre groupe ?
Zalko a toujours été reconnu comme la troisième école. Les jeunes qui viennent vers nous, ce n’est pas parce que le groupe à de la valeur, ils viennent parce qu’ils veulent apprendre.
Qu’est-ce que vous avez ressenti lorsque vous avez appris que votre frère et ami Evoloko Lay était en prison ?
C’était très difficile pour la famille Zaïko. Et aussi pour son fils qui est avec nous dans le groupe, il na pas supporté ce choc pendant plusieurs semaines.
Mais en conséquence, Evoloko Lay s’avère être le grand absent du quarantième anniversaire de Zaïko ?
Notre souhait à tous est qu’il soit de la partie. Nous en avons également par avec Papa Wemba et Manuaku Waku pour sa participation. C’est vraiment notre souhait qu’Evoloko soit présent de la fête. Malheureusement, ce n’est pas nous d’en décider. Comme je l’ai dit lors de mon point de presse, je profite de l’occasion... que m’offre AfricaNews pour demander encore pardon à toutes nos mamans au nom du clan. Langa-Langa. Nous laissons la justice faire son travail.
Que pensez-vous de la nouvelle génération dite G5 ?
La musique est une profession très difficile. Nos jeunes frères qui embrassent aujourd’hui ce métier doivent avoir de l’autodiscipline. Je remarque également que parmi eux, il y a de talents. A vos amis de l’audiovisuel de nous rendre service. On ne peut pas faire avaler n’ importe quoi au public.
La musique RD-congolaise reste sa propre concurrente, car elle est la grande absente de la scène internationale, c’est-à-dire, rare sont lés producteurs du showbiz international qui viennent contacter nos musiciens ou, Ce phénomène du ghetto. Quel est votre commentaire ?
Il faut dire aussi que notre musique est aussi combattue par les autres artistes du continent. Mais il y a aussi ceux de nos compatriotes qu’i ont des contacts ou des carnets d’adresses qui en ont fait les leurs. Ils préfèrent collaborer avec les artistes musiciens d’autres pays en lieu et place de leurs frères de la RD-Congo. Je viens de passer près de sept ans en Europe et je l’ai vécu.
Le côté professionnel invalide nos musiciens. Avec des clips qui trahissent l’amateurisme, des chansons à longue durée et des dédicaces de bout en bout. Qu’en dites-vous ?
Mais quand j’ai pane de l’autodiscipline, des diffuseurs donc vos collègues de l’audiovisuel, tout ceci était sous entendu. Lorsque nous avons commence la musique, on né passait pas à la télé importe quand et n’importe comment. Vos aînés nous envoyaient des réalisateurs pour assister à nos séances de répétitions. Je suis très étonné aujourd’hui de voir presque tous ces responsables des médias qui avaient de la rigueur a l’époque, lorsqu’ils étaient à la radio et télévision nationale perdre leur lucidité. Mais aujourd’hui ce que nous voyons c’est du n’importe quoi. Depuis que je suis rentré au pays, je ne me retrouve pas, lorsque je zappe les différentes chaînes, il n’y a rien de bon.
(BT/Milor/Yes)
Propos recueillis par Olivier Matulu/AfricanWes