Sensibiliser les acteurs de la Société civile sur les décisions et impacts du processus de conversion, réfléchir et partager les stratégies de suivi des décisions issues du processus de conversion des titres forestiers, réfléchir sur les implications des résultats de la conversion de ces titres sur le processus REDD, sont là les objectifs que poursuit l’atelier d’évaluation du processus de conversion des titres forestiers en Rdc par la société civile congolaise.
Cet atelier est organisé par le Réseau Ressources Naturelles, au centre catholique Theresianum de Kintambo. Dans son allocution circonstancielle, le coordonnateur du Réseau Ressources naturelles (RRN), a donné les résultats attendus à l’issue de ces assises. A en croire Joseph Bobia, puisque c’est de lui qu’il s’agit, d’arrêter des stratégies de communication et d’accompagnement des communautés locales et peuples autochtones, sur les implications des décisions du processus de conversion.
Aussi, a-t-il poursuivi, de créer des actions de plaidoyer et un calendrier de mise en œuvre afin de bien suivre la mise en œuvre des décisions.
La première journée de l’atelier a été consacrée à l’analyse du processus de conversion des titres et les implications des résultats des décisions de la conversion des titres forestiers sur le processus REDD. La deuxième partie de la première journée est consacrée aux travaux en carrefour en fonction de deux agendas : l’un portant sur les stratégies de sensibilisation des communautés locales et l’autre sur les actions de plaidoyer à mener.
Il sied de préciser en passant que le réseau RRN organise la réunion de Theresianum en partenariat avec les organisations Dynamique Pygmée et le Cnongd.
Sans nul doute, les participants les participants venus de tous les coins du pays seront suffisamment informés non seulement sur le processus de conversion des titres forestiers mais également sur dispositions à prendre pour mieux protéger l’environnement.
L’on se rappellera que les résultats du processus de conversion des titres forestiers en contrat de concession forestière publiés en date du 19 janvier 2009 à Kinshasa ont consacré, selon le ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme, la fin du processus même qui, en principe, doit se poursuivre par d’autres étapes de confirmation de convertibilité effective de 65 titres et de résiliation effective de 91 titres.
Ainsi, bien d’acteurs n’ont pas été d’avis que les 65 titres soient déclarés convertibles mais ont été, malgré eux, contraints d’accepter avec beaucoup de surprise ces résultats de conversion. La contrainte amène donc les différentes parties prenantes au processus d’œuvrer pour parachever le processus en poursuivant les différentes étapes entre autres la sensibilisation des populations locales et autochtones vivant sur les différents sites, l’accompagnement des populations locales dans la renégociation des cahiers des charges, la signature des contrats de concession...
Pendant que les uns et les autres parties prenantes s’attendaient à l’application stricte des résultats de la Commission interministérielle, un état des lieux fut présenté par le ministre en charge des forêts au cours du Conseil des ministres du 13 février 2009, faisant état du souci du ministère préqualifié de sauver au moins 20.000 emplois à travers la récupération de certains exploitants régulièrement invalidés 16 titres ayant fait l’objet de quelques observations par la CIM et ce, en violation de l’esprit et de la lettre du décret présidentiel du 24 octobre 2005 qui a eu le mérite d’organiser le processus de conversion des titres forestiers en contrat de concession forestière en RDC.
Ceci expliquerait la tenue de l’atelier convoqué par le ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme du 4 au 6 mars 2009 à Kinshasa qui avait réuni de façon déséquilibrée une forte représentation des délégués du secteur privé et de l’administration au détriment de la Société Civile environnementale.
Cela a donné aussi l’impression d’entraîner toutes les parties prenantes dans un autre processus post-conversion pour non plus franchir d’autres étapes, c’est-à-dire procéder à la résiliation pure et simple des titres forestiers querellés. Bien au contraire, il était plus et surtout question pour le ministère de tutelle de manifester sa volonté du reste illégal à repêcher irrégulièrement des titres d’ores et déjà invalidés et d’obtenir le quitus des autres acteurs en faveur de la conversion de ces 16 titres.
De par la contrainte qui a abouti à proposer la convertibilité de 65 titres forestiers et de la préoccupation du gouvernement congolais de sauver les emplois en repêchant certains titres invalidés, les acteurs de la Société Civile congolaise se proposent d’évaluer le processus tel qu’il a été conduit pour tirer les conclusions sur les impacts négatifs ou positifs sur le processus de conversion, vis-à-vis des populations locales et autochtones, et vis-à-vis de l’environnement naturel,... en vue d’ orienter les actions des acteurs sociaux sur le terrain.
D’aucuns pensent que le processus a associé pleinement la Société civile nationale devenue plurielle sur les approches adoptées. Certaines ONG ont pris des positions qui valent la peine d’être conciliées en vue de mettre en cohérence dans l’accompagnement des communautés locales pendant les négociations de cahier des charges. Il y a là un contraste dans la compréhension sur le contenu et les implications des décisions de la CI.
(CL/Yes)
Célestin Lutete/MMC