Le tribunal de gran­de instance de Rubavu, siégeant a Gisenyi (ouest), s’est déclaré lundi incompé­tent pour juger une plainte pour détention arbitraire dé­posée par l’épouse du chef rebelle congolais Laurent Nkunda, a constaté un jour­naliste de l’AFP sur place.

Le tribunal s’es­time incompétent (...) car la défense n’a pas fourni des preuves suffisantes que le général Nkunda est détenu à Gisenyi », a déclaré le pré­sident du tribunal devant une salle d’audience bon­dée.

Laurent Nkunda est en résidence surveillée au Rwanda depuis son arres­tation le 22 janvier. « Tout ce que je sais, c’est qu’il est détenu ici à Gisenyi sous la garde de militaires rwandais et que le président du Congo (Joseph Kabila) réclame son extra­dition sans dire pourquoi et sur quelle base, a déclaré à la presse l’épouse du chef, rebelle Tutsi congolais, Ely­sée Maheshe Nkunda.

L’avocat du couple Nkunda, le canadien Sté­phane Bourgon, a indiqué à la presse qu’il allait faire appel de ce jugement et se rendre dès mardi à Kigali pour tenter de rencontrer des responsables de la pré­sidence rwandaise ainsi que des ministères de la Justice et des Affaires étrangères.

L’avocat a déploré le fait qu’il n’avait jamais eu accès à son client tandis que Mme Nkunda a précisé ne pas l’avoir revu depuis le lende­main de son arrestation.

Le général déchu Nkunda, chef des rebelles congolais du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), avait mis en déroute dans le Nord-Kivu (est de la République démocratique du Congo) l’armée congolaise en octobre 2008.

Mais à la suite d’un retournement d’alliance, les armées congolaise et rwan­daise ont lancé le 20 jan­vier une opération conjointe sans précédent contre le CNDP et les rebelles hutus rwandais dans l’est de la RDC, qui a abouti à l’arres­tation de Nkunda le 22 jan­vier au Rwanda.

Le président Kabila avait annoncé le 31 janvier à Kinshasa que le proces­sus d’extradition du chef de la rébellion du CNDP était en cours.

(Milor/GW/PKF)

Le Phare