Le goût de faire la musique m’était venue quand j’ai rencontré mon mari (Ndlr : Christian Lemba). Il faisait déjà la musique et était encadreur des jeunes talents et d’autres musiciens sans oublier qu’il est aussi un grand compositeur.
L’Or Mbongo, chanteuse congolaise, femme déterminée et pleine d’ambition, est devenue, depuis le 4 avril dernier, ambassadrice de la lutte contre les mines anti-personnelles. Dans une interview exclusive accordée à Afriqu’Echos Magazine, elle évoque son parcours professionnel et explique ses motivations notamment de lutter contre les mines anti-personnelles.
Afrique’Echos Magazine (AEM) : Pourriez-vous nous les grandes étapes de votre parcours ?
L’Or Mbongo Lemba (LML) : Je ne suis pas sortie du néant, même Jésus n’était sorti du néant. J’ai commencé à chanter depuis l’âge de 11 ans et ma carrière proprement dite, je l’ai débutée en 2001 quand nous préparions notre premier album « TINA TE EZA NA TINA », lequel est sorti en 2002. Mais auparavant, j’accompagnais d’autres artistes musiciens chrétiens dans leurs albums.
AEM : À quel moment avez-vous décidé d’entamer une carrière musicale ?
LML : Le goût de faire la musique m’était venue quand j’ai rencontré mon mari (Ndlr : Christian Lemba). Il faisait déjà la musique et était encadreur des jeunes talents et d’autres musiciens sans oublier qu’il est aussi un grand compositeur : la plupart de mes chansons sont ses oeuvres. Je rappelle que notre rencontre a eu lieu au moment où je ne pouvais plus poursuivre mes études universitaires faute de moyens financiers. Quelque temps après notre rencontre, nous avons officialisé nos fiançailles. Nous avons ensuite eu la vision nous recommandant de mettre sur pied l’orchestre « La mano di Dio ». J’ai passé mon test et il m’a trouvé compétente et Dieu l’a convaincu que je devrais être la « Lead vocal » du groupe. Je ne me voyais pourtant pas un jour chanter et les gens être édifiés à travers ma voix. Au début, j’avais peur, mais mon mari m’a encouragé et convaincu à travers ses conseils. Aujourd’hui j’en suis fière.
AEM : la plupart de chansons que vous interprétez sont composées par votre mari, quelles sont vos propres compositions ?
LML : Je peux citer Mibangé et Diamond dans le premier album et Anna… dans le tout dernier opus.
AEM : Artiste et mère de famille, comment arriviez-vous à concilier les deux responsabilités ?
LML : Chaque chose a son temps ! Ce n’est pas tous les jours que j’ai des séances de répétition et des concerts. La preuve ; vous êtes venu me trouver à la maison. Donc j’ai un emploi du temps bien défini. Par ailleurs, j’ai toujours demandé à mon Dieu que je sois une femme complète : celle qui sait à la fois gérer le travail et son foyer afin que cette dualité ne me pose préjudice. Mon mari planifie tout le programme pour que je ne subisse pas un déséquilibre.
AEM : si vous devriez dresser un bilan de votre carrière ?
LML : Je dirais que nous sommes encore au début de notre carrière. Il y a encore de bonnes choses qui nous attendent.
AEM : Le style que vous avez choisi pour débuter vous a manifestement réussi…
LML : C’est vrai ! Dieu utilise toujours des hommes ainsi que leurs sagesses. La grâce peut être là mais il faut avoir aussi des stratégies pour pouvoir aller loin. Dieu dit : « A la foi, ajouter la science ». Bref, Dieu nous donne du talent et c’est à nous de savoir l’exploiter.
AEM : Pourquoi vos chansons et votre manière de chanter s’apparentent-elles à la mélancolie ?
LML : C’est juste ! Je chante avec du cœur, j’essaye de renter dans les souffrances des autres. Leur dire, à travers mes cantiques, que seul Dieu donne l’espoir. Une façon pour moi de dire au peuple de Dieu, qu’il est le seul qui ramasse et élève. Celui qui prend l’homme dans la poussière et l’élève parmi les grands de ce monde. Cette mélancolie se justifie également par mon passé. Je viens de loin et ce que je vis présentement me donne l’espoir d’un avenir radieux.
AEM : Vous êtes élevée au rang d’ambassadrice de lutte contre les mines anti-personnelles, depuis le 04 avril dernier. Parlez-nous-en ?
LML : J’ai été choisie ambassadrice depuis l’année passée et, l’investiture a eu lieu le 4 avril. Je me suis engagée et me suis présentée bénévolement pour sensibiliser la population de la RDC, de l’Afrique ainsi que du monde du danger que représente ces mines anti-personnelles. Lorsque nous chantons, nous sauvons des âmes et cela ne doit pas s’arrêter qu’aux âmes, nous devons aussi sauver le corps. C’est le mobile de mon engagement. Donc mon combat : « Sauver les personnes aussi sur le plan spirituel que physique ». Je m’engage à sensibiliser et à travailler sur les cinq piliers de la lutte anti-mines notamment en interpellant les autorités sur le danger qui nous guette peut être au même titre que le VIH/Sida. Le mois de mars dédié à la femme avait pour thème national : « Le leadership de la femme, agissons contre le VIH/Sida », en tant que femme et ambassadrice de lutte anti-mines personnelles, je dois sensibiliser les populations à travers aussi bien mes chansons que le sur terrain de l’ampleur dudit fléau qu’elles ignorent.
AEM : L’image que vous donnez en privé quand on vous côtoie est différente de ce que vous projetez ?
LML : (Rires) ! J’apprends sans relâche ! Parce que devant moi, je vois venir une grandeur que Dieu me donne, donc je suis obligé d’apprendre et de me forger au jour le jour afin d’être en mesure de me protéger. Car avec un monde en perpétuel devenir, il ne faut pas être en marge de la réalité. Quoi que n’ayant pas fait des études universitaires, je ne m’arrête pas de me documenter afin de me perfectionner.
(BT/PKF)
C. Wilfrid Diankabakana/AEM/MMC
Last edited: 20/04/2009 18:07:29