Incroyable mais vrai. L’in­sécurité a du vent en poupe dans la ville province de Kinshasa, contrairement à ce que l’on ra­conte dans certains états-ma­jors politiques. Les enlèvements et autres matraquages des pai­sibles citoyens refont de plus en plus surface sur toute l’étendue de notre ville province.

Pour s’en convaincre, les habitants de Mokali, dans la commune urbano-rurale de Kimbanseke en sont un témoin gênant. Un commerçant de chez eux et une femme, religieuse de surcroît viennent d’en subir les consé­quences les pauvres !

L’affaire a eu lieu le week­-end dernier, à en croire notre source indignée. Un commerçant spécialisé dans la vente de décrochez-moi-ça, venait de s’approvisionner à Limete, 5ème ou 6ème rue. Ce coin est l’un de mieux réputés pour les ven­deurs de friperie. Les étoiles étaient apparemment du côté de ce commerçant, les transac­tions s’étaient très bien dérou­lées.

Mais l’homme se serait re­fusé, devant cette agréable sur­prise pourtant, de vider son car­quois plein de billets verts. Un volte-face est avéré néces­saire : retourner chez soi et dé­poser le butin de ces courses matinales en toute sécurité, avant de verser dans une autre activité aussi lucrative que la pre­mière.

Le malheur nous guette, dit-on. Un cambrioleur converti en taximan pour la circonstance lui a offert ses services « je peux t’emmener ou tu veux, on peut s’accorder là-dessus ». Al­léché devant une offre qui lui tombait comme une manne, dans une ville où s’attraper un moyen de transport décent exige un chapelet des prières, le commerçant a pris place dans la voiture, qui avait déjà deux personnes à bord, dont le chauffeur.

Arrivés devant l’hôpital Saint Joseph, au niveau de la 1 5ème rue, une religieuse, certes piquée par une mauvaise mou­che la veille de Pâques, a réussi à arrêter à son tour ce taxi de mésaventure. Le conducteur acquiescent apparemment cha­ritable la transportée. D’ores et déjà, la voiture a commencé à rouler de vive allure.

Les choses ont pris une autre tournure lorsque le commerçant a commandé l’arrêt Bitabe pour sa descente du véhicule. Deux premiers passa­gers de mèche avec le conduc­teur, s y sont opposés farou­chement. Ce dernier a du reste, donné un coup d’accélérateur supplémentaire, aucun stationnement n’est possible dans ces conditions sur notre grand boul­evard le guet-apens est donc confirmé la fouille, bien commencée par des hommes à main armée.

Notre source rapporte que la pauvre religieuse, toute émue de voir ce dont on lui avait souvent parlé, faisait fi de réciter son chapelet, le sort d’Anuarité n’est pas à souhaiter ; tandis que le commerçant ne cessait de vociférer en direction de sa femme, l’une des vendeuses du marché d’en face qu’il apercevait d’ailleurs, mais qui malheureusement n’avait rien entendu aucun secours n’est venu.

Le véhicule a fini sa course à Kimbanseke, quartier Mokali. Les victimes ont été li­bérées saines et sauves, tou­tes leurs marchandises, bagages, appareils de communica­tion et une importante somme l’argent extorqué. Dieu merci pour leur vie.

Mais jusqu’à quand continuera-t-on à enregistrer les cas d’enlèvements répétés dans cette ville ? L’affaire n’est pas seulement celle du profane, quand le sacré est aussi prof­ané, c’est plus inquiétant. A ce jour, le commerçant est tombé en faillite, indépendamment de la volonté et de toute mégestion. La religieuse quant à elle se serait confiée à ses supérieures pour une thérapeutique

(GM/Milor/Yes)

L’Avenir