Etapes de la province du Sud-Kivu de la campagne nationale de collecte de dons en faveur des compatriotes sinistrés de guerre à l’Est du pays que parraine Mme Jaynet Kabila sous l’égide de l’Initiative des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs.
La campagne de mobilisation pour la solidarité nationale envers les populations sinistrées de la guerre à l’Est du pays vient d’atteindre les étapes des provinces concernées, en commençant par le Sud-Kivu où Mme Jaynet Kabila, présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, a organisé le week-end pascal le lancement de la collecte des dons en faveur des victimes de cette guerre sous l’égide de la structure qu’elle dirige de l’Initiative des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs. La cérémonie de lancement de la dite collecte était présidée comme dans les autres et précédentes opérations du genre par le gouverneur de province, M. Louis Léonce Chirimwami Muderwa.
Pour le Sud-Kivu, l’opération de lancement de la collecte s’est déroulée le samedi saint dans la salle des fêtes de l’Hôtel Résidence de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province. Les organisateurs ont réussi une mobilisation de près d’un demi-millier d’invités parmi lesquels étaient remarquées les personnalités en vue dans la province. Outre l’autorité provinciale précitée et son adjoint, ainsi que les membres de l’Assemblée provinciale et du gouvernement provincial, il y avait l’ancien gouverneur Buhamba-Buhamba et beaucoup d’opérateurs économiques locaux tant du secteur public que du privé.
Collecte en pleine effervescence des festivités de Pâques
Le rendez-vous de l’Hôtel Résidence a presque ravi la vedette de la ferveur chrétienne des citadins de Bukavu en pleine préparation de la fête de Pâques. Ce fut même la raison de l’avancée de la tenue de la manifestation la matinée du samedi saint pour permettre aux Chrétiens de la ville chef-lieu du Sud-Kivu d’aller assister au culte de la veillée pascale.
Le grand monde accouru à la cérémonie était en même temps emballé pour la collecte des dons qui s’est effectuée autour d’un agréable dîner et empressé de ne pas manquer le culte du soir. Cet aspect a été scrupuleusement pris en compte par les organisateurs, aussi bien le comité provincial de l’Initiative dirigée d’une main adroite par la très dynamique épouse du gouverneur de province que par les responsables au niveau national dont la délégation conduite par Mme Jaynet Kabila elle-même avait été précédée par une équipe d’avance à la tête de laquelle il y avait Mme Pétronille Vaweka.
Les temps forts de la cérémonie étaient, comme de coutume, outre le dîner, la projection du documentaire « RDC : souffrances et espoir » réalisé par la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, le moment des discours de circonstance par le n° 1 de la campagne, Mme Jaynet Kabila, précédée par le mot introductif de la présidente du comité provincial de l’Initiative, et suivie du lancement officiel de la collecte par le gouverneur de province qui procède alors à la conduite des opérations de collecte.
La coordinatrice provinciale pour le Sud-Kivu de l’Initiative des femmes pour la paix dans les grands Lacs est intervenue à la manifestation avec une adresse claire expliquant les tenants et les aboutissants de l’action que sa structure provinciale s’est engagée de mener en appui à l’Initiative dans le cadre de la mobilisation pour la solidarité nationale envers les compatriotes de l’Est. L’épouse du gouverneur du Sud-Kivu s’est exprimée dans les termes ci-après.
Action avant-gardiste, selon Mme Muderwa
« Au nom de la Coordination provinciale de la Campagne de collecte des dons en faveur de nos frères et sœurs meurtris par la guerre, je vous souhaite la bienvenue dans ce cadre et vous remercie d’avoir répondu à notre invitation pour cette cérémonie de lancement au Sud-Kivu. Elle-même parmi les provinces sinistrées par près de quinze ans de guerre et de violences en tous genres faites à leurs habitants, notre province aujourd’hui à son tour cette campagne de solidarité nationale qui revêt pour nous une symbolique d’importance capitale.
Cette Initiative des femmes se veut une action avant-gardiste afin de sortir du fatalisme qui caractérise nos comportements altérés par tant de peines et de désespoirs. Avec le retour de la paix chèrement arrachée, nous avons le devoir de nous associer à cet élan national et d’apporter notre pierre à la recherche de la paix durable, seule gage de développement pour tout le Congo.
La Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, l’Union des femmes du Congo, et l’Initiative des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs entreprennent ensemble de rechercher cette paix durable à travers plusieurs actions et activités de nature à faire entendre et comprendre les idées novatrices et vraies des Congolais aux Congolais d’abord, à l’Afrique et au monde ensuite.
C’est ainsi que les femmes du Sud-Kivu voulant faire de leur douleur leur force se sont jointes à celles de toutes les autres provinces de la RDC pour commencer avec courage cette campagne de collecte des dons en faveur de nos populations, afin qu’enfin chaque Congolais agisse pour lui-même et pour son pays.
Débutée le 17 mars et devant être close le 30 avril 2009, la collecte des dons dans notre ville mobilise déjà plus de 78 personnes bénévoles en provenance de plusieurs associations religieuses et autres réparties à travers nos commissions de coordination, de sensibilisation, de suivi, de logistique, et dont je salue ici le dévouement et l’honnêteté. Fortes de notre détermination et de la transparence de notre action qui, déjà, ont porté des fruites, nous pouvons vous assurer que les différents dons en nature ou en espèces collectés ici et à travers toute la République démocratique du Congo, parviendront de manière certaine aux destinataires. Ceci pour vous dire de ne pas hésiter un seul instant à vous joindre à ces hommes et ces femmes qui croient et agissent pour que jamais l’espoir ne meure et que l’espoir suscite l’action concertée et audacieuse de nos populations pour que la paix durable et le développement viennent.
Je ne saurai clore ce propos sans remercier vivement l’autorité provinciale au nom de toute l’équipe de notre action au Sud-Kivu pour son implication dans ce programme. Vous tous ici présents et chacun en particulier pour avoir pris tout votre temps en cette semaine pascale pour répondre à notre invitation, et déjà pour votre générosité à travers les dons en espèces ou en nature pour nos frères, nos sœurs et nos enfants. Ces dons pourront être des vivres non périssables, du matériel aratoire, des médicaments, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des fournitures scolaires, des matelas, des jouets, etc. dans la mesure de vos moyens. Un grand merci également à l’Hôtel Résidence qui nous accueille, à Vodacom-Congo, à la Bralima qui ont rendu possible cette cérémonie. Que vive la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, l’Union des femmes du Congo, ; l’Initiative des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs. Que vive notre belle province meurtrie mais jamais abattue, et que Dieu bénisse la République démocratique du Congo. Encore une fois merci ! ».
La projection du documentaire intervenue après le dîner a catalysé l’attention de l’assistance dont plusieurs invités étaient littéralement crispés à la vue des images présentées sur les cruautés de la guerre. Chacun a mesuré l’ampleur de la gravité de la tragédie dont sont victimes les populations de l’Est, notamment les femmes et les enfants. Le discours très attendu de Mme Jaynet Kabila a apporté un plus à la prise de conscience sur ce drame national. Encore une fois les propos de cette communication de la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila sont suffisamment éloquents sur le grand message que tient à transmettre l’Initiative des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs. Voici le texte de ce discours.
Les provinces sinistrées appelées aussi à l’élan de solidarité
« L’Est de notre pays où nous sommes aujourd’hui a connu des atrocités et des souffrances loin de notre imagination. Dans beaucoup de provinces où nous avons été auparavant pour d’autres lancements, notre population n’arrive pas à croire que des actes aussi ignobles puissent être commis contre la population dans cette partie comme cela est illustré dans le documentaire que vous venez de visionner. Plusieurs personnes ont seulement entendu parler des effets de la guerre, mais quelques éléments du documentaire que nous venons de suivre ont permis à notre population dans les autres provinces de voir un échantillon des images des vraies violences faites aux populations pendant la guerre.
Notre profonde sympathie va à tous ceux qui ont subi directement ou indirectement des violences de tous genres. Je sais que les mots sont des moyens inappropriés de l’expression de notre consolation, mais trouvez dans ce modeste mot notre sentiment de regret. Il n’y a personne, Mesdames et Messieurs, qui connaît la douleurs de la guerre plus que ceux qui ont vécu directement les attaques des rebelles, les massacres de civils innocents, les multiples viols des femmes et même de tous petits enfants. La liste et longue.
Pouvons-nous oublier les massacres de Makobola et autres où des femmes ont été violées, des hommes ont été enterrés vivants, et des nombres d’enfants sont devenus des orphelins sans guide parental. Ces tristes événements doivent rester gravés dans nos mémoires pour non seulement ne pas oublier ceux qui sont tombés sous des balles de la haine, mais aussi pour nous protéger dans l’avenir.
Aujourd’hui nous sommes ici à Bukavu pour le lancement de la collecte provinciale des dons pour nos frères et sœurs victimes de la guerre. Le Sud-Kivu est retenu parmi les provinces bénéficiaires des fruits de la solidarité nationale de cette collecte. A part le Sud-Kivu, les autres provinces bénéficiaires sont la Province Orientale et le Nord-Kivu.
Le choix de ces trois provinces a été conditionné par deux critères que nous avons jugés utiles pour atteindre l’objectif principal de notre collecte, qui est d’aider nos frères et sœurs pour leur réinsertion en leur donnant le minimum des moyens de travailler pour recommencer une nouvelle vie dans leurs villages d’origine.
Le premier critère est le choix des provinces. Nous avons sélectionné les provinces qui ont été le champ des batailles pendant la période des troubles. Le deuxième critère concerne les lieux spécifiques où il y a eu beaucoup d’atrocités commises à la population, c’est-à-dire : les lieux où la population a été déplacée et directement a souffert à cause de la guerre.
Nous savons bien qu’à l’heure actuelle le plus grand nombre de victimes de la guerre sont dans la province du Nord-Kivu, ensuite viennent la province du Sud-Kivu et la Province Orientale. Notre tournée pour l ;a mobilisation nationale en faveur des victimes de la guerre nous a amenés, tour à tour, dans les provinces du Katanga, du Bas-Congo, de Bandundu et de l’Equateur où nous avons été encouragés par l’insouciance avec laquelle la population a adhéré à notre démarche. Des personnes qui n’ont pas connu des guerres et des atrocités et la mesure de celles-ci à l’Est se sont appropriées du projet de l’Initiative des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs en participant à la collecte.
Les résultats témoignent que même les provinces qui ont des grands problèmes économiques et sociaux comme le Bandundu et l’Equateur ont contribué massivement. Ceci est un exemple vivant de l’unité et de la solidarité nationale de notre pays malgré la crise économique et financière mondiale à laquelle notre pays n’a pas échappé. L’essentiel est que l’amour, la fraternité et la volonté d’aider les victimes prime. Notre action est placée au-dessus de toute classe ou tout regroupement créés sur des bases tribales, politiques ou même religieuses qui freinent et tuent nos chances de développement socioéconomique.
Aujourd’hui nous venons au Sud-Kivu, précisément dans le chef-lieu de la province, vous solliciter de participer à l’action de solidarité en faveur de nos frères et sœurs victimes de la guerre. Nous venons faire le plaidoyer au nom des personnes qui ne peuvent pas et qui n’ont pas les moyens de le faire elles-mêmes. Nous venons de prêcher par l’exemple, vous qui avez été témoins des problèmes liés à la guerre. Les sages nous enseignent que la charité bien ordonnée commence par soi-même. Le soi-même signifie, Mesdames et Messieurs, nous ici au Sud- Kivu et tous les Congolais.
Mzee Laurent-Désiré Kabila, notre très regretté président et Héros national nous a beaucoup parlé de l’importance de notre prise en charge. C’est de cette manière que nous vous demandons de commencer à chercher et de trouver la solution à nos problèmes par nous-mêmes. Ici à l’Est la guerre était dévastatrice. Grâce à Son Excellence Monsieur le président Joseph Kabila Kabange, notre président de la République, qui a pris conscience que le peuple congolais devait se prendre en charge pour trouver des solutions à l’instabilité dans cette partie de notre pays qui a duré plus de quinze ans. Cela nous a permis d’aspirer à la paix durable aujourd’hui.
Rappelez-vous que de nombreux efforts ont été fournis pendant des années, mais qui n’ont réussi à résoudre les problèmes une fois pour toutes. C’était parce que les racines de l’instabilité ont été profonds surtout dans le Nord-Kivu. Mais les opérations du mois de février dernier nous donnent à nouveau l’espoir de recommencer à travailler pour la paix, car la souffrance de notre peuple a été immense. La paix n’était pas suffisante si elle n’était pas consolidée. Chacun de nous a la responsabilité de la consolider.
Chaque Congolais appelé à consolider la paix !
Nous connaissons certains de ceux qui utilisent les armes pour faire la guerre. Nous devons être réalistes avec eux. La guerre au sein de la même famille finit toujours mal et le plus grand perdant, c’est nous-mêmes. Les récents événements d’Uvira qui tentent de troubler cette paix doivent nous interpeller tous et susciter notre sens de responsabilité et notre volonté de travailler la main dans la main au renforcement des efforts du Chef de l’Etat à ramener la paix et la stabilité durables dans cette partie de l’Est de notre pays.
C’est ainsi que nous les femmes, où que nous soyons, sommes prêtes et décider d’aller partout aux négociations de paix. La solution d’une paix durable ne peut pas venir de l’extérieur, mais de nous-mêmes les Congolais. Les dons et les fonds collectés serviront à la réinsertion des populations déplacées à cause des atrocités qui ont sévi dans leurs milieux d’origine. Nous allons, grâce à votre apport, dans cet élan de solidarité, remettre aux populations concernés au travail en leur fournissant des semences et des matériels aratoires.
Ces biens se trouvent parmi les choses qui ont été proposées par la Coordination nationale pour la constitution des kits humanitaires et pourquoi pas, Mesdames et Messieurs, avec les moyens collectés, ne pas penser aussi à ériger des écoles pour les enfants victimes de la guerre, car le Congo de demain a besoin d’eux. La vérité est que l’éducation d’un peuple est parmi les points clés d’un développement de son pays.
S’attaquer aux causes des viols et violences
Pour mieux servir les populations cibles, l’Initiative travaille avec différentes organisations qui ont de longues années d’expériences dans l’assistance aux personnes déplacées, sinistrées ou affectées par la guerre. La Monuc a accepté de prendre en charge le transport des biens collectés vers les personnes bénéficiaires.
Les cas des viols et violences ne peuvent être réduits si nous ne résolvons le problème à la base. Il faut s’attaquer à leurs causes. Parmi les solutions pour vaincre les viols et les violences, c’est de mettre fin à la guerre. La stigmatisation des personnes violées est un autre fléau qui mine notre société. Cette situation doit également attirer notre attention. Nombre de familles rejettent leurs membres parce qu’ils ont été violés. Nous lançons un appel de plutôt leur venir au secours.
Parfois nous oublions les autres catégories des victimes de la guerre : les familles de nos vaillants soldats et combattants tombés sur les champs des batailles pour protéger notre population et notre intégrité territoriale dont je salue ici leur courage et sacrifice suprême. Je me réfère surtout ici aux enfants de ces soldats. Nombreux d’eux sont des mineurs et leur avenir n’est plus rassuré. Qui va prendre soin d’eux ? Nous devons réfléchir comment nous pouvons contribuer à un avenir meilleur pour que les enfants orphelins des militaires qui font partie de l’avenir de notre Nation.
Pendant cette période entre la mort et la résurrection du Christ Notre Seigneur, que nous puissions changer notre attitude vis-à-vis des faibles. Le meilleur traitement vis-à-vis des autres, c’est l’amour. L’amour console, la consolation suscite de la sympathie entre les gens. Notre sentiment de sympathie devait être traduit en action concrète envers les victimes des viols, du VIH/Sida et de leurs conséquences.
En conclusion je saisis cette opportunité pour vous remercier très sincèrement Excellence Monsieur le Gouverneur, pour votre implication personnelle dans la mobilisation et l’organisation de ce lancement provincial de la collecte des dons. Et à travers vous, je remercie tous les membres du gouvernement provincial qui ont participé d’une manière ou d’une autre à la réussite de cet événement. Je remercie Madame la Coordinatrice provinciale pour avoir conduit l’équipe provinciale à la sensibilisation et à la mobilisation en faveur des actions des initiatives des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs.
Mes sincères remerciements également aux hommes et femmes membres de la coordination provinciale. Grâce à votre implication, nous allons réussir. Mes gratitudes vont aussi à Leurs Eminences et Chefs des confessions religieuses pour leur engagement à sensibiliser notre population sur l’importance d’aider les plus démunis. Mes remerciements aussi à tous les hommes et les femmes des médias pour leur appui dans la sensibilisation et la mobilisation de notre population autour de la collecte.
Je remercie aussi tous ceux qui ont entendu notre message et qui vont répondre positivement à notre appel. Je serai contente de vous compter parmi les donateurs qui auront contribué à aider nos frères et sœurs victimes de la guerre. Je vous souhaite une bonne fête de Pâques que nous célébrons dimanche. Que le Bon Dieu vous bénisse et qu’Il bénisse notre pays. Mesdames et Messieurs, je vous remercie ».
Muderwa fait collecter 120.000 USD au lancement de l’opération !
Après l’intervention de Mme Jaynet Kabila, la parole a été accordée au Gouverneur de province Louis Léonce Chirimwami Muderwa appelé à procéder au lancement officiel de l’opération e collecte des dons dans sa province du Sud-Kivu. Le Chef de l’administration provinciale a commencé par exprimer l’impression qu’il se faisait de la judicieuse action de l’Initiative des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs pour ensuite se lancer dans une nette mobilisation de ses administrés de la haute classe sociale pour appuyer l’œuvre sociale et humanitaire. Voici les propos de son intervention.
« On m’a dit qu’aujourd’hui je vais déclarer officiellement ouvert le début de la campagne. Oui, c’est une formule sacramentelle ! Mais je vais juste dire deux petits mots, le premier c’est celui de vouloir peut-être blâmer le protocole de nous avoir montré ces images après le repas. Je crois qu’il serait peut-être mieux plus tard de les montrer avant de manger pour éviter que l’estomac ne bouge comme le mien en tous cas a bougé au regard des atrocités que nous avons vues. Ces atrocités sont des réalités. Ce n’est pas un montage. C’est une réalité. Ce sont des images rares qui ne circulent pas jusque-là. Vous êtes parmi les premiers citoyens Congolais à voir l’autre visage des guerres que nous avons connues.
Mais aussi ces images nous interpellent nous-mêmes, leaders, à tous les niveaux, dans les milieux politiques, dans la société civile, dans l’entreprenariat privé et public, qu’une mauvaise décision prise parce qu’on est investi d’un quelconque pouvoir peut avoir des conséquences incalculables dans la vie des citoyens que nous prétendons encadrer. C’est une interpellation pour qu’à notre tour nous puissions comprendre que la guerre n’est pas une fatalité. Ce sont les hommes qui amènent les guerres. Les hommes comme vous et nous. Donc les hommes peuvent aussi amener la paix.
Pour amener la paix il faut d’abord avoir la prédisposition d’esprit de vivre la paix, d’aimer la paix et de communiquer la paix. Elle commence d’abord par un exercice personnel, un effort que nous devons faire sur nous-mêmes pour que nous puissions exhaler plutôt la paix que de transmettre la haine, parce qu’on ne peut rien bâtir sur la haine. Et nous avons aujourd’hui l’occasion et l’opportunité de dire ensemble : « Non à la guerre, non à la haine ». Et la meilleure façon et c’est mon deuxième mot, c’est la vision géniale de la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, avec l’Union des femmes du Congo, à travers l’Initiative des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs, nous dise aujourd’hui que nous n’avons pas été indifférents durant ces années à tout ce qui nous est arrivé, et d’une manière ou d’une autre, nous avons été directement et ou indirectement victimes de cette guerre.
Nous ne pouvons être réellement conséquents à cet engagement que si nous répondons à ce projet, que nous nous engageons à accompagner ce projet de dons en faveur des populations victimes de la guerre. D’aucuns pourront dire : mais c’est nous qui sommes victimes, pourquoi voulons cotiser ? Non ! Il faut que nous-mêmes, nous puissions nous dire que nous sommes capables de nous prendre en charge. Que nous sommes capables de comprendre que nous voulons terminer définitivement avec le cycle de violences mentales, de violences morales, de violences physiques.
Je risque de glisser dans des discours politiques, je préfère dire tout simplement, Madame la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, Mesdames les responsables de la Coordination nationale de l’Initiative des femmes pour la paix, que je déclare officiellement ouverte la campagne nationale de collecte des dons en faveur de nos populations victimes de la guerre dans la province du Sud-Kivu et je vous remercie ».
Le chef de l’administration provinciale n’a pas quitté la scène pour autant ; il a engagé aussitôt après un dialogue avec l’assistance dans une vaste opération de charme en vue de la mobilisation de ses administrés dans l’action de collecte des dons. C’est ainsi qu’il annoncera d’emblée ce qui suit : « La partie solennelle est terminée, la partie sérieuse et beaucoup plus intéressante commence. Vous avez vu le panier. Ce n’est pas pour la décoration. Ce n’est pas pour embellir la salle. Mais c’est le panier dans lequel nous allons montrer notre engagement à accompagner l’Initiative des femmes au Congo. Le protocole est en train de distribuer des enveloppes, et des enveloppes de souscription. Nous savons qu’au Sud-Kivu on a une tradition de ne pas montrer son argent. Mais aujourd’hui ce ne sera pas ainsi ».
Le mot d’ordre du gouverneur Muderwa était ainsi donné. Il revenait à l’assistance de poser le geste de don attendu. Ce fut le défilé des donateurs dans un mouvement de nette concurrence à qui mieux mieux de l’élan de solidarité à l’ordre du jour. Beaucoup d’altruisme s’est manifesté avec des personnalités proclamant leur compassion pour les compatriotes sinistrés de l’Est pour le compte desquels étaient consentis des dons en nature et en espèces. Les Congolais du Sud-Kivu ont montré leur générosité en réussissant une collecte d’une hauteur de près de 120.000 dollars US et autres dons tels des vaches à la cérémonie de lancement de la collecte. On s’attend à ce que la suite de la campagne qui va courir jusqu’à la fin de ce mois d’avril fasse remonter ce pactole.
(DN/PKF)
Daniel Nzuzi/MMC
Last edited: 15/04/2009 13:57:10