Palais du PeupleC’est parti pour la course au bureau de l’Assemblée nationale. Après plusieurs conciliabules qui n’ont pas mis la coalition d’accord, l’AMP a décidé d’aligner sept candidats issus de sept provinces triés au regard du poids de leurs regroupements politiques respectifs, dans une liste qui sera conduite par le PPRD Evariste Boshab, présenté dimanche 12 avril à la base du parti. Kamitatu et Mbusa, les alliés des Forces du Renouveau n’ont pas non plus accordé leurs violons. Les RCD/KML Célestin Bondomiso – Province orientale – et Jérôme Kamatebe vont se mesurer à l’ARC Boris Mbuku, ressortissant de Bandundu au poste de 1er vice-président.


La coalition AMP–PALU mise sur un seul candidat, une candidate pour la 2ème vice-présidence, Georgine Madiko du parti d’Antoine Gizenga.

La questure, le deuxième poste le plus important, revient au MSR de Pierre Lumbi et la questure adjointe au PDC de José Endundo. Ils y présentent respectivement Bolenge Tenge de la Province Orientale et Robert Bopolo de l’Equateur. Le poste de rapporteur a été laissé pour le compte de l’alliance CODECO-Muyambo/ UNAFEC-Kyungu. Alors que le poste de rapporteur adjoint au départ réservé au GPI a été finalement réattribué au PPRD qui y range Jean-Marie Bulambo Kilosho et Makonero du Sud-­Kivu ainsi que Giemsi de Bandundu. Il faut noter que 1’UDEMO a été exclue du partage. Le parti de Nzanga Mobutu va présenter sa propre liste avec Joseph N’Singa Udjuu comme candidat président, Jean- Marie Gape, Takis et Claudien Likulia respectivement comme vice-président, questeur et questeur adjoint alors que Francine Kimasi de son père, François Kimasi, président de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo, prend la course au poste de rapporteur.

Bordel chez les opposants

Un duel s’annonce entre la majorité et l’opposition avec L’UDEMO et les pro-Karnerhe -Idambituo et Vunabandi -comme de sérieux outsiders. Cependant, l’opposition y va aussi en ordre dispersé. Le bordel est total. Jusque Dimanche soir, Clément Kanku, candidat de l’union pour la Nation -UN-, n’avait pas désisté face à François Muamba Tshishimbi du MLC et Gilbert Kiakwama kia Kiziki du CDC. Clément Kanku dépose officiellement sa candidature ce lundi 13 avril à 9 heures précises, a-t-on appris.

Selon la liste dont AfricaNews est entré en possession -voir encadré-,les MLC Fidèle Babala Wandu et Thomas Luhaka Losendjola concourent à la 1ère vice-présidence quand le RCD-N/ODR Roger Lumbala lorgne la 2è vice-­présidence. Le grand problème, c’est l’AMP. Envers et contre tout. Modeste Bahati Lukuebo, l’ex-questeur de l’Assemblée nationale tient à se succéder à lui-même. Cache-t-il quelque chose ? Ses placards seraient-ils empuantis au point de le pousser à s’accrocher au poste pour ne pas être découvert ? Des réunions se sont succédées à alliance de la majorité présidentielle au cours desquelles les critères pour être éligible au bureau de la chambre basse du Parlement ont été fixés et rappelés. Le premier : aucun ancien membre du bureau sortant ne pouvait se représenter. Le deuxième : aucune province ne peut se retrouver à deux postes. Le bureau sortant était représenté par quatre provinces : Vital Kamerhe et Bahati pour le Sud-­Kivu, Christophe Lutundula et Katende wa Ndaya pour le Kasaï oriental. Marc Mvwama et Egide Ngokoso pour le Bandundu et Brigitte Kalaba pour le Katanga.

Alors qu’il a été décidé que cette fois-ci les candidats doivent venir de sept provinces, que la questure a été attribuée au MSR de Pierre Lumbi, Bahati a créé un incident en se présentant lui-même le 11 et le 12 avril sur la liste du GPL, en y mettant deux candidats. Gary Mabongo de Bandundu et Kalonji Tshitenge du Kasaï oriental, qui sont défavorisés par la présence de Boshab, Madiko, Mbuku... Bahati lui-­même a fait un rapport pro­domo lu par lui-même.

Il a mis un grand froid à la réunion de l’AMP dimanche 12 avril. La rencontre suspendue pendant plus d’une heure a presque tourné court. Il y a eu des volées de noms d’oiseaux. Bahati s’est finalement fait mettre hors course. Clairement, l’ex­-questeur a tenté de monter son coup depuis longtemps après avoir mis le GPI dans sa botte, promettant la descente de ses 37 députés dans la rue pour protester contre sa mise à l’écart. En bon stratège. Bahati ne viserait pas la questure. Ses manœuvres auraient pour but de s’aménager un poste au gouvernement », analyse un cadre de l’AMP. Le prétendu leader du Sud-Kivu n’a même pas des députés ressortissants du Sud-Kivu dans ses rangs. L’AMP a dû l’écarter. Ecarter de GPI du fait de sa gloutonnerie.

Il a dû fouiller d’autres grands gabarits du Sud-Kivu pour le remplacer sur la liste de la majorité : Jean-Marie Bulambo Kilosho, son frère Giemsi et Makonero. Reste que rien n’est encore joué dans la bataille pour le perchoir. Tout peut arriver. Tout est possible avec l’entrée en scène des opposants et les fissures dans la majorité.

(TN/Milor/GW/Yes)

Achille Kadima Mulamba/Africa News