« La bibliothèque scolaire n’est pas une réalité courante dans le système éducatif con­golais. Beaucoup d’écoles manquent dune manière criante de bibliothèque. Celles qui sem­blent en posséder n’ont pas soit d’ouvrages, soit elles ont de vieux documents qui ne sont pas à la portée d’apprenants ».


 C’est en ces termes que s’est exprimé, lors d’un entretien à la presse à l’approche des vacan­ces de Pâques, le doctorant Sylvain Nkate Tshiesese. A cette occa­sion, le conseiller pédagogique du collège Cartésien de Limete a livré son point de vue relatif à « la situation de la bibliothèque scolaire en RD Congo, à mi-che­min de l’échéance 2015 fixée par les Nations Unies, sur l’Edu­cation Pour Tous ».

Père dune famille nom­breuse, l’orateur est licencié en pédagogue et deux fois doctorant en droits de homme et environnement et en droits de l’homme et santé publique, de l’université de Kinshasa/chaire Unesco.

« Les écoles qui ont des bibliothèques fréquentées par les élèves ou d’autres visi­teurs relèvent des cas ex­ceptionnels. Les rares do­cuments intéressants et les autres sont difficile­ment ils ou consultés par les élèves. Ils n’en ont pas la culture. C’est le désin­téressement total », a-t-il déploré.

Et de renchérir en ces termes : « Générale­ment, les rares bibliothèques sont les résultats d’efforts conjugués des confessions religieuses, du partenariat (écoles, ong, extérieurs). Les sub­sides de l’Etat ne peuvent être cités dans ce cas. Les fonds alloués d’ailleurs à l’éducation représentent rien par rap­port aux besoins fonda­mentaux ou prioritaires à l’heure actuelle, a-t-il dit.

L’orateur s’inscrit dans l’ordre de ceux qui créditent affirmation, fort répandue, selon laquelle l’habitude de lecture n’est guère familière aux Congolais. « Avec plus de 25 ans dans l’enseignement, nous disons à haute voix que les élèves congolais ne lisent pins l’at­tention est orientée ailleurs les jeux vidéos le net les bars de plein air, la musique la télévision, etc.

Ce qui est pire est qu’ils ont du mal à lire même les notes de cours. De plus en plus, c’est un fléau que l’Etat congolais et les éducateurs en général, les institutions chan­gées de l’éducation doivent combattre à toutes les échelles (maternelles, primaires, universitaires). Le rôle de l’environne­ment social doit être l­evé », a-t-il relevé.

Jadis modèle social, enseignants mines par la quête du mini­mum vital

De nos jours, mains d’efforts sont dé­ployés par les ensei­gnants d’une manière gé­nérale, afin de lire. Touts les problèmes de la vie sociale se mélangent pour justifier diverses raisons avancées notam­ment par des élèves. Les habitudes ont constitué des na­tures difficiles à abandonner. Il y a beaucoup  faire l’Etat con­golais doit promouvoir et organiser es bibliothèques. Un cours y afférent peut être inséré dans toutes les options, pour forcer les élèves à lire », a-t-il poursuivi.

S’appuyant sur cette conviction, l’orateur préconise que l’Etat congolais définisse sans attendre, des objectifs à atteindre en rapport avec les besoins actuels en matière de formation de la population et de développement.

Ceci exige, par exemple, le réaménagement des pro­grammes qui pourra inclure les moyens, les outils, les techni­ques pour atteindre les objec­tifs. Pour l’heure, déduit-il, le bien-fondé de la lecture n’est pas incarné dans le subcons­cient de la plupart des enfants. D’ou, la négligence totale.

« Nous avons fréquente de 2005 à 2009, toutes les bibliothèques de la ville de Kinshasa, pour des recherches dans le cadre de nos études post-universitaires. Nous avons découvert que la lecture est très rare et très ponctuelle. Elle n’est pas régulière pour beaucoup de personnes. Les jeunes sont absents des bibliothèques », a-t-il souli­gne.

(BT/Milor/Yes)

L’Avenir