Monsieur André Issia Matandisi Monga Matandisi, journaliste à la Radio Télé­vision Nationale Congolaise (RTNC) station de Kisangani vient de purger un mois de suspension avec privation de « salaire ». Cette sanction lui avait été notifiée par le directeur provincial de cette chaîne officielle, M. Etienne Bwande Bwanapua.

Cette mesure avait été motivée par le fait que l’infortuné André Issia aurait pris la décision d’interrompre, de son propre chef, la retransmission en di­rect de la plénière de l’Assemblée pro­vinciale du 03 mars 2009 pour faire passer le journal de l’édition de 12 heures30. C’était tout juste au moment où un député interpellateur commençait de citer nommément les noms de certains ministres provin­ciaux accusés de mauvaise gestion et de détournement de deniers pu­blics.

La réaction des journalistes et ani­mateurs producteurs oeuvrant à la RTNC/station de Kisangani ne s’était pas faite attendre. Quatorze (14) d’en­tre eux ont signé une pétition adres­sée à leur directeur provincial. Selon eux, ce dernier a pris cette décision inhumaine sous pression des élus provinciaux de la Province Orientale. Ils en veulent pour preuve la menace de suspension que les députés provinciaux avaient fait peser sur Etienne Bwane pour une” affaire qu’ils n’ont pas eu le temps de vérifier ».

Nos confrères du media d’Etat voient aux élus du peuple les instiga­teurs de cette suspension étant donné que la lecture de la notification à la plénière suivante (le 04 mars) par le Président de l’Assemblée provincial était suivie par leurs acclamations.

Selon les recoupements de faits, aussitôt après l’interruption de la re­transmission radiodiffusée de la plénière du 03 mars 2009, le Directeur provincial de la RTNC a reçu deux visites successives dépêchées par l’organe délibérant provincial, toutes pour lui demander les raisons de cette in­terruption qui tombait à un moment crucial. De cause à effet, il se dégage que toutes ces descentes en catas­trophe au bureau de Bwande Bwanapua avaient pour but d’exiger la suspension du journaliste André Issia. Ce qui fut fait le 04 mars 2009.

Par ailleurs, d’après plusieurs sources, le ministre provincial en charge de la Communication et des Médias, M. Willy Mugisa s’était étonné que le directeur de la RTNC soit allé vite en besogne en suspendant Issia Matandisi.
   
Pour les 14 pétitionnaires, les jour­nalistes de la RTNC n’ont jamais cen­suré les informations de l’Assemblée provinciale tel que soutenu par la plé­nière du 03 mars 2009. Comme par le passé, disent-ils, l’équipe du journal de 12h30 de ce jour-là avait demandé et obtenu l’autorisation de son perma­nent à l’organe délibérant provincial pour présenter un journal de 15 minu­tes au lieu de 30 minutes comme d’ha­bitude. La présentation de cette édi­tion décidée par la conférence de rédaction était impérieuse dans la mesure où deux nouvelles du Président de la République devaient être diffu­sées en rapport avec ses visites dans les communes de la ville de Kisangani et au siège de l’Assemblée provin­ciale. « Nous ne vous apprenons pas la préséance qu’il y a entre la Prési­dence de la République », peut-on lire dans cette pétition.

Cette suspension frise le muselle­ment pur et simple de la presse offi­cielle qui doit rester au milieu du vil­lage en cette période d’exercice dé­mocratique ou plusieurs institutions sont en jeu, dénoncent les journalis­tes et animateurs producteurs péti­tionnaires. Ils ont évoqué les prescrits des articles 24, 27, 28 et 39 de la Constitution de la RD Congo du 18 février 2006 et l’article 14 du Code de déontologie des journalistes en RD Congo du 14 mars 2004.

Malgré la demande des signatai­res de cette pétition pour la levée de cette suspension illégale et les démar­ches de l’U.N.P.C, le confrère André Issia Matandisi a épuisé sa peine avec privation d’un salaire qui n’en est pas un.

Somme toute, ce dossier vient de­terrer la hache de guerre entre l’organe délibérante provinciale et la RTNC/sta­tion de Kisangani. De notre mémoire, nous nous souvenons encore de la marche de protestation que le media officiel avait envisagé au mois de sep­tembre 2008 contre les élus provinciaux. Et pour cause: le refus de ces derniers de voter une dotation pour le bon fonctionnement de la RTNC.

C’est l’intervention in extremis du gouverneur de province Médard Autsai qui avait fait avorter cette marche.

(TN/Ern./GW/Yes)

Gilbert Risasi Sindano/La Référence Plus