Lancé en avril 2007, le programme « Promotion de la liberté associative dans la 3ème  République en République démo­cratique du Congo » arrive à terme au mois d’avril en cours.

Les acti­vités développées durant ces deux années, ont conduit à la produc­tion de quelques ouvrages, fruits des modules dispenses lors des séminaires et formations. Trois de ces publications ont été présen­tées au cours d’une conférence qu’ont animée hier au centre ca­tholique Béthanie, MM. Jean-Louis Esambo, Charles Maphasi et Joseph Ngwabika.

Des obstacles

Chef de travaux à l’Unikin (bien­tôt docteur) et Substitut du Procu­reur, le magistrat Jean-Louis Esambo a présenté l’ouvrage inti­tulé « Les partis politiques et la promotion de la liberté associative ».

Cet ouvrage est la réponse à une pressante demande des auditeurs de séminaires organisés par le pro­gramme « PLA » en faveur des ac­teurs politiques, demande consis­tant à disposer des modules pré­sentés lors des formations leur dis­pensées.

Jean-Louis Esambo a rappelé que la constitution consacré la dé­mocratie représentative en RDC, exercée par le peuple a travers ses représentants dans les organes délibérants. II a également note en guise d’introduction que (a liberté associative est une réalité, même si elle connaît des difficultés dans la pratique.

Quant à l’ouvrage, il retrace quelques obstacles au plein exer­cice de la liberté associative. Il s’agit de la connaissance limitée du cadre juridique dans lequel doit s’exercer cette liberté, le cadre ju­ridique englobant tout aussi bien les dispositions constitutionnelles, légales que réglementaires.

Il y a ensuite une mauvaise application des fonctions dévolues par la constitution aux partis politiques, ce qui confine certains partis poli­tiques a jouer le rôle de marche­pieds à d’autres partis politiques dans la prise et l’exercice du pou­voir.

 Il y a enfin des lacunes dans l’organisation interne des partis politiques. Très peu de partis poli­tiques disposent de règlement d’ordre intérieur ou les mettent à la disposition de leurs membres, tandis que les statuts déposés auprès des services compétents ne sont toujours pas ceux aux­quels ils se réfèrent pour fonction­ner effectivement.

Autre constat relevé par l’ouvrage, les partis politiques sont constitués de manière fragmen­taire, d’où le manque de leadership éclairé et l’absence de décentrali­sation véritable des responsabili­tés.

L’ouvrage, a fait savoir Jean­ Louis Esambo, propose un certain nombre de conseils pour amener les partis politiques a être de vraies machines politiques, notamment en recrutant plus d’adhérents et à assurer leur survie par une meilleure mobilisation des res­sources.

Le livre répond enfin à quelques préoccupations, notamment quelle stratégie leur proposer de façon a les distinguer des groupes d’inté­rêt, queues stratégies déployées afin d’avoir plus d’adhérents et de ressources.

Le livre, a conclu Jean-Louis Esambo, est un outil indispensable pour tout acteur politique soucieux de jouer un rôle majeur sur la scène politique.

Mieux former la police

Le chef de travaux et substitut du procureur Joseph Ngwabila a, lui, présenté l’ouvrage intitulé « La police nationale congolaise et la promotion de la liberté associative ».

Cet ouvrage est le fruit du travail réalisé durant deux ans tant par des experts nationaux qu’étrangers, notamment ceux de la Monuc et de l’Union euro­péenne. L’ouvrage est compose de deux parties dont la première porte sur l’organisation, la mission, les attributions et la réforme de la police nationale congolaise. La deuxième partie traite du cadre-ju­ridique du droit a la liberté d’association.

On y retrouve notamment des informations utiles sur l’exer­cice des libertés liées à la tenue des réunions et manifestatIons publiques ainsi que le rôle que la police est appelés à jouer.

Il cir­conscrit également le cadre de l’emploi de la force par la police lors de manifestations publiques et des rapports entré la police et les autres autorités du pays.

En somme, l’ouvrage se pré­sente comme un véritable module de formation des policiers congolais.

Comment faire un plaidoyer

Pour clôturer cette revue, M. Charles Maphasi a présenté l’ouvrage intitulé « Techniques de plaidoyer et de lobbying », qui est le fruit de réflexions ainsi que de précieuses expériences accumu­lées lors de séminaires organisés dans les 11 provinces du pays. Le livre parle des fondamentaux du plaidoyer en définissant les con­cepts, en présentant une classifi­cation sommaire des actions de plaidoyer, en esquissant les quali­tés d’un meneur de plaidoyer et en indiquant les principes de base d’une initiative de plaidoyer.

L’ouvrage présente de nombreux modules sur les buts, les objectifs et les résultats d’une action de plaidoyer et de lobbying ; l’identi­fication et la typologie de groupes cibles pour un plaidoyer sur la li­berté associative ; la nécessité d’impliquer Ies autres a une initiative de plaidoyer ou de lobbying et même les techniques de construc­tion de messages en plaidoyer.

Auparavant, Mme Andréa Ostheimer, représentante rési­dente de (a Fondation Konrad Ade­nauer a circonscrit le travail de cette fondation allemande en RDC, notamment a travers le programme « Promotion de là liberté associative dans la 3ème République en Ré­publique démocratique du Congo ». Ce programme, a-t-elle rappelé, a été développé grâce à l’appui fi­nancier de l’Union européenne et mené sur terrain avec l’appui du CNONGD et ses structures provinciales.

(BT/Ern./Yes)

Franck Mona/La Référence Plus