Assemblée nationaleLe nouveau bureau de l’Assemblée nationale sera installé le 20 avril prochain, selon le calendrier électoral adopté mardi tard dans la nuit par la plénière de cette institution. Le dépôt des candidatures aura lieu du 11 au 13 avril et l’affichage des listes le 14. Les journées du 15 et 16 sont réservées à la campagne électorale tandis que le scrutin est fixé au 17 avril 2009.

Les députés s’étaient auparavant mis d’accord sur la formule de l’organisation de l’élection des membres du nouveau bureau après deux séances de débats houleux, au terme desquels ils ont convenu, dans une résolution adoptée le même mardi soir, que le scrutin soit organisé par le bureau démissionnaire et que le groupe technique de travail, créé pour le besoin de la cause, se charge des opérations électorales incluant la réception des candidatures, l’affichage des listes, la préparation des isoloirs et des urnes, ainsi que la rédaction des procès verbaux de l’élection.

Le groupe technique de travail est composé de 13 membres désignés par les groupes parlementaires, la raison d’un membre par groupe.

Aux termes de la résolution adoptée mardi soir, le vote se déroulera conformément à l’article 23 du  règlement intérieur  de l’Assemblée nationale selon lequel « Le président  de l’Assemblée nationale et les autres membres du bureau sont élus par ordre de préséance en séance publique, au scrutin uninominal et secret, à la majorité absolue des suffrages exprimés.

A défaut de la majorité absolue au premier tour, il est procédé à un second tour pour lequel la majorité relative suffit. En cas d’égalité des suffrages, la voix du président du bureau provisoire est prépondérante. En cas de candidature unique, la procédure prévue ci-haut est d’application ».

La résolution précise que pour le cas spécial de l’élection du bureau actuel, « l’Assemblée nationale ne siège valablement qu’à la majorité absolue des membres. Séance tenante, des scrutateurs tirent au sort parmi les membres de l’Assemblée nationale dépouillent le scrutin devant l’assemblée et le président du bureau provisoire proclamé les résultats ». Pour le cas présent, le bureau sortant fait office de bureau provisoire.

Renouvellement du bureau de l'Assemblée nationale : les éventuels candidats en ordre de bataille

Mercredi, nous avions annoncé l'accord à l'arrachée obtenu entre l'AMP et l'opposition quant au renouvellement du bureau de l'Assemblée nationale. La grande question qui se posait était celle de connaître le portrait robot du prochain bureau proposé par la majorité présidentielle (AMP).

Nous basant sur des sources dignes de foi, nous publions le portrait robot du prochain bureau. D'après celles-ci, le prochain président serait issu du PPRD et du grand Kasaï. La première vice-présidence reviendrait à la province Orientale, la deuxième vice-présidence à l'opposition à savoir la province de l'Equateur. Le poste de rapporteur reviendrait à l'AMP, mais au Bandundu, le rapporteur adjoint au Grand Kivu tandis que le poste de questeur reviendrait au Katanga/AMP tandis que celui de questeur adjoint à un candidat de l'opposition issue de la province du Bas-Congo.

Mais à voir les nombreux candidats qui se bousculent au portillon membres de l'AMP ou de l'opposition, il y a lieu d'être inquiet quant au bureau qui sortira des urnes et qui pourrait ne rien avoir avec ce que les stratèges de l'AMP espéraient. Pour la seule présidence du bureau, le PPRD mieux l'AMP aligne Evariste Boshab. Mais il semble que beaucoup d'autres outsiders pensent jouer le trouble-fête et passer outre la discipline du parti.

Parmi ceux-ci on parle de Kikaya Bin Karubi de Nyabirungu et de Tshiongo Tshibinkubula wa Ntumba qui referait son coup de la fois passée, lors de l'élection de Vital Kamerhe. Pour se désister en dernière minute au profit d'un quelconque candidat, Gilbert Tshiongo espère obtenir le poste de ministre de l'Energie dans le prochain gouvernement, son violon d'Ingrès

Mais à part les candidats de la majorité, on parle de plus en plus d'une éventuelle candidature de Gilbert Kiakwama kia Kiziki, de Lisanga Bonganga, malgré le fait qu'il traîne un gros boulet depuis qu'il avait été cité dans l'affaire DGI. Beaucoup d'autres candidats pourraient se manifester d'ici le 11 date prévue pour le dépôt des candidatures. Comme on le voit, même pour la présidence de l'Assemblée, les choses ne sont pas claires.
 
Aucune règle n'est observée

Cela peut aussi être le cas pour la 1ère vice-président qu'on se propose de confier à la province Orientale. Selon certains observateurs, Yaghi Sitolo serait le candidat de la majorité AMP. Or un autre candidat, bien connu dans la province à savoir Idambito Baakato serait aussi candidat pour ce poste de 1er vice-président. Les députés de la majorité vont-ils respecter le mot d'ordre ? Difficile de répondre pour l'instant.

Toujours selon le portait robot du bureau entrant proposé par l'AMP, le poste de 2ème vice-président irait à la province de l'Equateur donc à l'opposition. Dans celle-ci, aucune règle n'est observée, aucune concertation. Partant de cette réalité, on parle d'un affrontement au sommet entre un député du MLC du nom de Bongo qui ferait face à Bofassa Djema Charles.

Quant à la province du Kivu, l'AMP lui aurait proposé le poste de rapporteur adjoint. Ce qui n'est pas du goût de beaucoup de députés quand on sait que cette province, à elle seule, a presque le 1/5 de l'Assemblée nationale. Elle qui avait détenu le perchoir et la questure va-t-elle accepter de s'effacer ?
Les deux derniers postes à pourvoir reviennent, selon le portrait robot de l'AMP, au Katanga pour la questure et à l'opposition pour le Bas-Congo. Mais quels sont les éventuels opposants qui pourraient occuper ce poste.

De l'avis de nombreux observateurs, Kiakwama étant candidat président, le nom de Jean Claude Vuemba serait cité. Mais la question qui vient à l'esprit est celle de savoir si J.C Vuemba, très ambitieux, pourrait accepter ce poste.

Tenant compte du poids démographique du Bas-Congo J. C Vuemba opposant radical, républicain, défenseur des intérêts des députés pourrait faire l'affaire pour redorer le blason terni de la questure après les dernières affaires qui ont éclaboussé ce bureau.
A l'actif de J.C. Vuemba, sa dernière sortie à l'Assemblée nationale, dernière sortie au cours de laquelle il a rendu un hommage appuyé au 2ème vice-président Marc M'vuama du Palu.

Que dire après ce tour d'horizon ? Beaucoup de choses. La première c'est qu’il y a peu de chance de voir les membres du bureau sortant revenir aux affaires. Secundo, le portait robot du bureau entrant qui réduit le rôle du Palu en lui accordant le poste de rapporteur ne va pas arranger les choses. Surtout que deux tendances se dessinent (aile Muzito et Mayobo) le second voulant proposer un autre candidat tandis que le premier s'en tiendrait au poste de 2ème vice -président comme dans le bureau sortant.
 
UDEMO oubliée

Quant à l'Udemo, tout simplement oubliée, elle risque de prendre ombrage de l'évolution que l'on observe dans ses relations au sein de l'AMP avec ses autres partenaires et son rôle qui irait en s'amenuisant. Tertio, le partage qui s'était fait par province, le Grand Kivu a vu son rôle s'amenuiser. Malgré sa centaine de députés, elle n'a obtenu que le poste de rapporteur. Cette rétrogradation sera-t-elle sans conséquence au niveau du vote ?

Certainement pas, puisque le vote est secret, il n'est pas exclu que l'on assiste à des schémas inattendus à la sortie des urnes. Ceci est d'autant plus vrai que le groupe ODR, plate-forme composée essentiellement de chefs des partis compte présenter des candidats à tous les postes. Comme on le voit, rien ne semble gagner d'avance.

Ce qui fait croire à certains observateurs, vu les nuages qui s'amoncellent à l'horizon, la nécessité de laver les linges sales en famille.
Puisque Kamerhe n'est pas candidat, pour éviter un naufrage annoncé, l'AMP ne ferait-t-elle pas mieux de se réconcilier avec elle-même. Mieux le PPRD.

Une réconciliation rapide avec Kamerhe et ses proches pourrait peut-être atténuer les dégâts. Parce que, qu'on soit de la majorité et qu'on se doit de motiver ses députés pour un vote si crucial doit pousser certains stratèges de l'AMP à se demander si elle dispose d'une réelle majorité ?

(CL/Milor/GW/Yes)

Acp/L’Observateur