Situation au Parlement : en cause l’indiscipline de V. Kamerhe, objet de l’actuelle tribune libre signée par M. Jean-Pierre Kasanda
Honorables membres du Bureau, Honorables députés et chers Collègues, je vous annonce ce jour ma démission en qualité de président de l’Assemblée nationale. Ma démission ne doit faire l’objet d’aucun débat ». Ainsi avait parlé Vital Kamerhe au cours de la seconde plénière de la session ordinaire du mois de mars ouverte lundi 16 mars dernier.
Les applaudissements nourris qui ont fusé de la quasi totalité des bancs de l’hémicycle de la chambre basse du Parlement, à l’exception de ceux des membres de l’Oppositions ont fait croire qu’enfin Vital Kamerhe était rentré dans les rangs, convaincu du bien-fondé de la volonté des dirigeants de l’Amp, la plate-forme politique qui l’a placé au perchoir de cette institution. Oui, tout le monde s’est laissé allé à croire que Kamerhe avait compris qu’il fallait jeter l’éponge et taire ses ambitions personnelles, de manière à éviter au pays une crise institutionnelle dont il n’a que faire. Que non, c’était oublier que le temps qu’il a mis à occuper ces fonctions, l’ancien Secrétaire général du Pprd s’était laissé pousser les oreilles au-delà de la tête, et que pour rien au monde il ne se laisserait évincer du perchoir.
Tant et si bien que, au cours de la troisième plénière, Vital Kamerhe est revenu sur sa décision de ne pas ouvrir les débats autour de sa démission. L’occasion lui en a été donnée par le mode d’organisation de l’élection des membres du nouveau Bureau de l’Assemblée nationale.
S’il est vrai que Vital Kamerhe n’est pas revenu sur sa décision de se démettre, il reste cependant vrai qu’en annonçant qu’il n’entendait pas quitter ses fonctions sans au préalable veillé au déroulement du scrutin en question, il a donné ainsi à l’Opposition l’occasion d’ouvrir les débats sur la constitutionnalité de la démission du Bureau de l’Assemblée. Et encouragés par Vital Kamerhe qui a tenu mordicus à ne pas se départir de sa décision, les ténors de l’Opposition se sont livrés à cœur joie dans des admonestations en règle contre le Pprd et la Majorité présidentielle. Les acclamations frénétiques qui ont fusé dans les bancs de l’Opposition donnent la mesure du mariage contre nature réalisé par le président démissionnaire et ses nouveaux souteneurs de circonstance.
Je trouve cela scandaleux de la part de ce Camarade que je croyais sincèrement intègre et irréprochablement dévoué à la cause du kabilisme. Je n’en reviens pas du tout que ce soit Vital Kamerhe qui s’illustre dans une telle turpitude. Surtout qu’il a mobilisé pendant des heures les antennes de la télévision de l’Etat, aux frais du contribuable, pour faire ce pied de nez au pouvoir qui a fait de lui ce qu’il est devenu aujourd’hui !
Je trouve donc scandaleux et malhonnête, de la part d’un Camarade qui a été avec nous dans tous les combats pour le triomphe de cette majorité qui l’a hissé au sommet du perchoir, que ce soit lui qui mette le feu aux poudres dans les canons de l’Opposition pour canarder sa propre majorité. Si cela ne s’appelle pas scier l’arbre sur lequel on est assis, cela ressemble étrangement à cela. Vital devra en tirer toutes les conséquences possibles le moment venu.
Que des gens de l’Opposition se soient élevés pour s’inquiéter de l’état d’avancement des 5 chantiers de la République, on aurait compris qu’ils exprimeraient par-là leur droit à la libre expression, quand bien même ils ont toujours la propension de nier les évidences. Mais que ce soit lui, Vital Kamerhe, membre influent du Pprd et de l’Amp qui s’est permis de mettre des oeillères pour ne pas voir les transformations qui s’opèrent un peu partout à travers le pays dans le cadre des 5 chantiers, c’est simplement renversant. Une telle mauvaise foi qui provienne de l’ancien secrétaire général du Pprd est inadmissible. Surtout qu’il a attendu seulement qu’on le contraigne à la démission pour exhaler sa mauvaise humeur en se répandant en critiques et en insinuations malveillantes contre ce gouvernement qu’il a pourtant protégé à sa manière quand il a dirigé les débats à l’Assemblée. O traîtrise quand tu nous tiens.
Ainsi, je trouve enfin malhonnête que, jetant aux oubliettes sa notoriété au sein de la nomenklatura de l’Amp, il en soit arrivé à réduire les reflets des 5 chantiers à travers la seule ville de Kinshasa, ce qui n’est du reste pas la République démocratique du Congo, loin s’en faut ! En agissant de la sorte, le Camarade Kamerhe a fait preuve de couardise sinon de lâcheté et d’absence d’honnêteté intellectuelle, ne serait-ce que parce qu’il volontairement omis de porter à la connaissance de l’opinion nationale que tout récemment, les autorités provinciales du Nord-Kivu ont procédé à l’inauguration du réseau de distribution électrique à Sake.
Sake, pour ceux qui ne le savent pas, est une petite vile située à une trentaine de kilomètres de Goma. Il y a peu, Sake a été un bastion aux mains des troupes du Cndp. C’est à partir de là que Laurent Nkunda comptait marcher sur le chef-lieu du Nord-Kivu. Et si aujourd’hui Sake bénéficie de l’installation du courant électrique, ce ne peut être que dans le cas des 5 chantiers de la République, Vital Kamerhe était encore le tout-puissant président de l’Assemblée quand cet évènement s’est déroulé. Dommage qu’il n’en a pas fart mention, aveuglé par son départ du perchoir. Mais l’excuse n’est pas valable !
Dans le même ordre d’idées, on peut s’étonner de ce que l’ancien président de la chambre basse devrait pendre le courage de se déporter aujourd’hui à Mbuji-Mayi accompagné d’une équipe de la Rtnc. Objectif: immortaliser sur la pellicule les grands travaux quasi herculéens qui s’y mènent dans le cadre de la lutte anti-érosive. Pour la petite histoire, il est bon de savoir que pendant les 32 ans qu’a duré la Deuxième République, Mbuji-Mayi a été jetée aux oubliettes, vouée à une lente disparition. Mbuji-Mayi renaît progressivement de ses cendres, les têtes d’érosion s’évanouissent les unes après les autres, et la ville expose orgueilleusement à ses visiteurs le bitume frais de ses artères principales. Il est donc faux de penser, comme Kamerhe, que ce n’est qu’à Kinshasa que se réalisent les 5 chantiers, c’est malhonnête !
Sans aller loin dans une énumération qui pourrait se révéler fastidieuse des réalisations de grande envergure qui métamorphosent le pays profond sur les plans des infrastructures routières, sanitaires et scolaires, je ne m’arrête donc qu’à ce qui se voit aujourd’hui dans la capitale diamantifère qu’est Mbuji-Mayi. Sauf mauvaise foi manifeste, l’ex-président Kamerhe ne peut pas nier cette évidence, sauf mauvaise foi.
Sur ce, je m’arrête donc ici, mon but n’étant nullement de revenir sur l’histoire, mais de dénoncer la distraction qui nous est offerte dans le cadre de la démission de Vital Kamerhe par une cohue de députés soi-disant défenseurs de la démocratie, alors qu’un grand nombre d’entre eux étaient, il y a douze années seulement à peine, les bénéficiaires des prébendes qui leur ont été octroyées par la dictature mobutienne. Ils étaient au lait et au miel alors que le peuple croupissait dans la misère.
L’opinion n’en revient pas de constater qu’il y a quelques semaines, alors que les vacances parlementaires touchaient à la fin, une poignée de députés ont exigé à cor et à cri la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale. A quoi assiste-t-on aujourd’hui, alors que l’on est pleine session ordinaire? On assiste curieusement à une gabegie de temps. 3 semaines de dérision viennent de se consommer, laissant les Honorables députés tourner autour du pot, laissant de côté les grandes urgences dont le peuple a grandement besoin, et dont il attend impatiemment les solutions.
J’en viens dès lors à me poser la question de savoir jusqu’à quand les élus de notre peuple vont cesser d’abuser de son caractère pacifiste. En ce, dans la foulée, j’en viens à dénoncer les forfanteries de l’Honorable Roger Lumbala qui s’est érigé en donneur de leçons du haut de la tribune de l’Assemblée nationale. A mon humble avis, Roger Lumbala ferait œuvre utile de se taire le plus souvent possible s’il tient à préserver la crédibilité de sa personne. Ne serait-ce que pour s’effacer dans la mémoire des populations des territoires où il a mené la rébellion avec son Rcd/RL.
En effet, alors qu’il plastronne sous l’hémicycle et qu’il hante sans se fatiguer les chaînes de TV pour débiter des invraisemblances sur ses convictions politiques, je ne cesse de me demander s’il peut avoir le courage aujourd’hui de se rendre en vacance parlementaire à Bafwasende et à Watsa, où il avait érigé son QG, et revenir sain et sauf à Kinshasa. Nous sommes curieux de savoir qu’il aura le courage de relever ce défi, même sans son uniforme de général d’armée
Honoré Ngbanda : toujours maître dans la désinformation!
Terminons ce chapitre consacré au « démocrate » Roger Lumbala pour dire qu’en fait de cadres compétents, son parti le Rcd/RL n’en compte deux: lui et sa femme. Avis à ceux qui aiment épiloguer sur la démocratie!
Enfin, mon propos de la fin, je le consacre à la dénonciation des rumeurs farfelues et insidieuses que le toujours sinistre Honoré Ngbanda laisse distiller sur son site Web au sujet de l’origine de la maladie qui assaille actuellement le Général Budja Mabe, l’un des valeureux et combattants émérites que nous comptons au sein de nos Forces armées.
Qui ne sait pas que le Général Budja Mabe à plus d’un haut fait d’armes à faire valoir à la reconnaissance de ses compatriotes? Sans démentir la gravité de l’état de santé de notre vaillant officier, nous nous mettons toutefois en porte-à-faux contre les malveillances et les insinuations de Honoré Ngbanda qui prétend que l’infortuné Général Felix Budja Mabe a été abandonné à son triste sort. Un doigt accusateur est méchamment pointe en direction des plus hautes autorités du pays. Le cynique « Terminator » les accuse d’être à l’origine de cette maladie.
Le Général Budja Mabe a d’abord été interné pendant quelques semaines au Centre médical de Kinshasa (CMK), une formation médicale belgo-congolaise de grande notoriété où il a été pris en charge par la Présidence de la République qui, estimant que l’état de santé nécessitait des soins plus appropriés, l’a évacué sur l’Afrique du Sud le week-end dernier.
C’est ici l’occasion de crier haro sur le baudet, et de dire que ni Ngbanda, ni aucun autre ex-baron de la Deuxième République, qui ont cherché à fouiller dans la vie privée du général Budja Mabe et racontent des invraisemblances sur cette affaire n’ont daigné se porter à son secours. Seul le Président de la République l’a fait. La Nation ne peut que lui être reconnaissante pour ce geste de haute portée humanitaire.
Correspondance particulière de M. Jean-Pierre Mbala Kasanda
Last edited: 10/04/2009 18:54:22