Dans le territoire de Masisi, on a dénombré 13.200 déplacés principalement dans la zone de Minova où en compte 90.000.
Le retour volontaire et apaisé des déplacés et réfugiés dans leur terroir est le cheval de bataille des humanitaires, dont le HCR et OCHA après l’accord de Goma entre le gouvernement, le CNDP ainsi que la fin de l’offensive conjointe FARDC-RDF contre les FDLR.
Nous avons ciblé trois objectifs que nous avons visité lors d’un reportage au Nord-Kivu : le camp de Mugunga II, de Kibati I et le Centre de transit I pour les réfugiés rwandais à Goma. C’est dans une ambiance bon enfant que les déplacés de Mugunga II, situé à 12 Km de Goma, accueillaient un groupe d’artistes espagnols de «Clown Sans Frontière» de Catalogne en visite dans ce site. Ce groupe d’artistes vient apporter «le sourire et l’espoir auprès des déplacés». Ils vont sillonner les camps pour les sensibiliser à un retour apaisé.
Ils ont été dans l’ex-Yougoslavie, en Sierra Leone et au Mozambique. Holly Berman, administrateur chargé de la protection du HCR à Goma nous fait un briefing sur l’ensemble de sites dans le Nord-Kivu. Le nombre de déplacés a atteint le chiffre de 800.000 personnes dont 101.000 vivant dans les 7 sites.
Dans le territoire de Masisi, on a dénombré 13.200 déplacés dans le Sud-Kivu, principalement dans la zone de Minova, où on en compte 90.000.
Les déplacés de Mugunga I
Quel discours les leaders des déplacés tiennent pour les convaincre afin qu’ils regagnent leur terroir ? « Nous voulons la paix totale après la signature de cet accord entre le gouvernement et le CNDP qui nous a terrorisé en novembre 2008 » a déclaré un des leaders qui a souligné sur les grands enjeux qui guettent le gouvernement à qui les déplacés exigent la mise en place d’une administration locale en réhabilitant les chefs coutumiers dont certains sont morts.
Pour eux, l’Etat n’existe pas, il était balayé par la présence du CNDP et les groupes armés. Les derniers déplacés de Mugunga II viennent de Mweso, Ufamando et Kisthanga dans le Masisi. Tous attendent que « les autorités les rassurent » avant de rentrer. Mugunga II est un site «spontané» où les pensionnaires hésitent à le quitter.
Pour les déplacés, le HCR et les Ong humanitaires qui se sont engagées à leur venir en aide ne prennent plus de risque à cause de l’insécurité occasionnée par les groupes résiduels des FDLR qui ont fui vers le Sud-Kivu et en territoire de Walikale où ils sèment la terreur et la désolation.
Kibati I se dépeuple
Kibati I est un site des déplacés qui a eu l’honneur d’accueillir le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon lors de son dernier voyage en RDC. Il est situé à 17 Km de Goma et se dépeuple depuis la fin de l’offensive conjointe FARDC-RDF contre les FDLR.
Mme Joséphine Zawadi, vice-président du Comité des déplacés est plutôt optimiste sur le retour d’un grand nombre des sinistrés, mais à la seule condition que le gouvernement les rassure: mise en place d’une administration et d’une police locales, la chasse aux éléments résiduels des FDLR., principalement à Rugari, Kiwanja, Kibumba et Kasigari dans le territoire de Rusthuru et dans le Masisi. Les déplacés ont toutefois confiance au HCR, OCHA, PAM et les autres Ong dont Caritas Mercy, SLAO et IEDA Relief.
Etat des lieux humanitaire
Comme ceux de Mugunga II, les déplacés de Kibati I conditionnent leur retour à un minimum de sécurité du fait que les groupes résiduels des FDLR font des incursions dans les villages pour les terroriser. Par conséquent, les déplacés exigent un plan de sécurisation de leur retour. Ils souhaitent également que ce retour soit appuyé par des kits de vivres et non vivres. Ils constatent que le gouvernement, à travers le ministère des Affaires sociales et actions humanitaires n’a pas un programme approprié.
Le HCR et les Ong humanitaires dont la sécurité n’est toujours pas garantie par les services de l’ordre, n’ont pas assez de moyens pour poursuivre leurs assistances multisectorielles. Or, il faut une nouvelle bouffée d’aide humanitaire.
Le 2 avril 2009, le Centre de transit I pour les réfugiés rwandais à Goma a connu une forte agitation. Environ 70 réfugiés rwandais désireux de rentrer volontairement dans leur pays, s’étaient présentés auprès du HCR qui les a rapatriés à Gisenyi, la ville voisine de Goma. C’est un bon départ, selon des cadres du HCR et les humanitaires de Goma.
A rappeler que les bureaux locaux du HCR et de OCHA ont pris conscience de cette situation. Ils ont confiance d’agir ensemble avec les Ong humanitaires et le gouvernement, notamment avec la Commission nationale pour Réfugiés afin d’apporter des réponses appropriées à tous les problèmes des déplacés et des réfugiés.
D’une manière générale, le nombre de déplacées au Nord-Kivu a sensiblement augmenté depuis l’offensive conjointe FARDC-RDF contre les FDLR. On estime que plus de 200.000 personnes se sont déplacées du Nord-Kivu, principalement du Sud-Lubero (32.138), Walikale (11.902), Masisi (5.859), Sud-Kivu (2.600) et de Rusthuru (959).
Le retour des déplacés et réfugiés est une très heureuse nouvelle, mais il y a lieu d’aider les humanitaires et le gouvernement à trouver des solutions pour ceux qui rentrent, notamment dans les zones partiellement sous contrôle des FDLR dans le sud de Masisi, même si les FARDC y ont été déployés dernièrement.
Un rapport des humanitaire fait état de la situation volatile dans les localités de Nyabiondo, Kashebere et dans l’axe Muheto-Kilolirwe, zones jadis contrôlées par le PARECO et le CNDP. Les humanitaires ont interpellé le gouvernement et les forces de l’ordre sur la question sécuritaire dans le groupement d’Ufamando ainsi que dans l’axe Hombo-Itebero, Hombo-Bunyakiri et l’axe Muhanga-Kelembe-Pinga-Kishanga dans le territoire de Walikale.
(TN/Milor/GW/Yes)
Eyenga Sana/Le Potentiel
Last edited: 04/04/2009 15:56:43