Si les députés de l’Amp ne prennent pas la mesure de cette implosion qui se prépare, on peut parler de l’enivrement. Il est temps que les gens se ressaisissent, profitant du temps mort demandé par l’ho­norable Boris pour refaire les rangs de façon respon­sable. Le spectacle auquel s’adonnent cer­tains députés relève d’une certaine naïveté lorsqu’on constate que beaucoup de députés ont comme managers dans cette autoflagellation, des membres de l’opposition. Il est temps que les députés de la majorité comprennent que le moment venu, ils se sauveront ou coule­ront ensemble. Certains opposants qui semblent les accompagner dans ces divisions farfelues, seront là pour les aider à couler.


Quel est le vrai pro­blème? Pour un problème grave, la majorité a estimé que Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale n’était plus à sa place dans la mesure où son action et son discours n’allaient plus dans le sens des intérêts de la coalition au pouvoir. On constate malheureusement que pour certains dépu­tés de la majorité, le limogeage de Vital Kamerhe n’aurait été qu’un simple malentendu. Lors­qu’on met dans cette logi­que, on quitte l’univers politique pour celui du spectacle.

Puisqu’on ne croit pas qu’il y avait des raisons impé­rieuses de survie politique comme majorité pour pousser Kamerhe à la démission, on est prêt à s’inscrire dans le schéma selon lequel « après Kamerhe, c’est le déluge ». Et l’ancien président de l’Assemblée nationale amène intelli­gemment sa famille politique qui l’avait désavoué vers sa ré­habilitation, même s’il ne revient pas à la tête de l’Assemblée. Il veut convaincre qu’il n’a rien fait de condamnable. L’enfer, c’est toujours les autres. Quant à lui, il serait  saint comme j’ai eu à le dire à la plénière du 16 mars 2009, je ne pouvais pas laisser le pou­voir dans la rue comme ma famille politique me l’avait demandé J’ai tenu à la l’éga­lité et j’ai démissionné de­vant la plénière. Je reste en­core légaliste jusqu’à la re­mise et reprise avec la nou­veau bureau. Bref, le bureau démissionnaire va organiser le renouvellement du bureau conformément aux lois de la République. Il dit tout dans cette déclaration. Cela sent la résistance de Mobutu contre la Conférence nationale souveraine.

La trame du complot est ainsi mise en œuvre pour se donner l’image de martyr, sinon de héros. Quand il y a un martyr, c’est qu’il y a un bourreau. Qui est le bourreau de Kamerhe ? Tout est également mis en œuvre pour démontrer non sans mes­quinerie que tout ce qui a été fait au sujet de la démission de Vital Kamerhe était dans l’illé­galité. Lorsqu’il y a illégalité, c’est qu’il y a un violeur de la loi. C’est qui  violeur de la loi ?

C’est ce que l’ancien pré­sident de l’Assemblée natio­nale tient à obtenir en mettant en cause la démission des membres du bureau. En ses moments de grande lucidité, Vital Kamerhe a dit des cho­ses importantes. Nous avions également retenu que  la dé­mission est un acte indivi­duel.

Pourquoi veut-il remettre en cause aujourd’hui l’acte individuel de certains membres du bureau ? Il est vrai qu’ils ont été contraints à la démission par leur famille politique qui est leur mandant. Il ne revient pas

Vital Kamerhe de dire qu’ils ont été poussés à la démission pour rien. « Nous assistons une situation irrégulière qui ne c’est jamais produite dans aucun pays du monde. C’est le départ du président de l’Assemblée nationale qu’on voulait obtenir. L’on ne peut pas comprendre par quelle magie d’autres membres du bureau devaient subir le même sort », a-t-il accusé. Vi­tal Kamerhe se cabre dans son rôle de procureur contre sa fa­mille politique.

Et il continue à demander à qui veut l’entendre ce qu’il a fait pour mériter le désaveu des siens. Si les députés de la majorité ne comprennent pas où veut en venir l’ancien président du bureau de l’Assemblée na­tionale, c’est qu’ils ne font pas un petit effort pour comprendre les enjeux de l’après Kamerhe.

Les membres du bureau démissionnaire ont posé un acte irrévocable. Sil y en a qui ont encore la confiance de la coalition et de leurs formations politiques parce qu’ils n’avaient rien fait, ils seront reconduits en représentant leurs candidatures. Si justement certains députés de la majorité demandent que Vital Kamerhe ne puisse pas conduire la séance de mise en place du bureau, c’est pour éviter ces manipula­tions en vue de la remise en question des décisions prises par les mandants.

On ne peut pas d’une part dire que c’est une affaire du clan politique et d’autre part estimer que le pré­sident sortant aurait un mot à dire à ce sujet sans concerta­tion avec la hiérarchie de ce clan politique. Jusqu’à preuve du con­traire, l’Amp, le Palu, l’Udemo, fait preuve soient-ils, restent les mandants des membres du bu­reau de l’Assemblée nationale.

Des arguments infondés l’argument selon lequel la loi ne reconnaîtrait qu’au seul le bureau sortant le droit de diriger la mise en place du nouveau bu­reau ne résiste à aucune ana­lyse. Les sept membres du bureau seraient morts dans un accident, l’Assemblée natio­nale demeurerait-elle sans bu­reau jusqu’à la prochaine législa­ture?
La menace de l’opposi­tion du Mlc de ne pas partici­per au vote qui ne serait pas organisé par le bureau sortant relève de la couardise. Mais, que cache-t-elle ?...

(TN/Ern./GW/Yes)

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