Les députés de la majorité doivent comprendre qu’à travers ce qui se passe à l’Assemblée nationale pour bloquer le processus du renouvellement du bureau, c’est Joseph Kabila qui est visé.
Si les députés de l’Amp ne prennent pas la mesure de cette implosion qui se prépare, on peut parler de l’enivrement. Il est temps que les gens se ressaisissent, profitant du temps mort demandé par l’honorable Boris pour refaire les rangs de façon responsable. Le spectacle auquel s’adonnent certains députés relève d’une certaine naïveté lorsqu’on constate que beaucoup de députés ont comme managers dans cette autoflagellation, des membres de l’opposition. Il est temps que les députés de la majorité comprennent que le moment venu, ils se sauveront ou couleront ensemble. Certains opposants qui semblent les accompagner dans ces divisions farfelues, seront là pour les aider à couler.
Quel est le vrai problème? Pour un problème grave, la majorité a estimé que Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale n’était plus à sa place dans la mesure où son action et son discours n’allaient plus dans le sens des intérêts de la coalition au pouvoir. On constate malheureusement que pour certains députés de la majorité, le limogeage de Vital Kamerhe n’aurait été qu’un simple malentendu. Lorsqu’on met dans cette logique, on quitte l’univers politique pour celui du spectacle.
Puisqu’on ne croit pas qu’il y avait des raisons impérieuses de survie politique comme majorité pour pousser Kamerhe à la démission, on est prêt à s’inscrire dans le schéma selon lequel « après Kamerhe, c’est le déluge ». Et l’ancien président de l’Assemblée nationale amène intelligemment sa famille politique qui l’avait désavoué vers sa réhabilitation, même s’il ne revient pas à la tête de l’Assemblée. Il veut convaincre qu’il n’a rien fait de condamnable. L’enfer, c’est toujours les autres. Quant à lui, il serait saint comme j’ai eu à le dire à la plénière du 16 mars 2009, je ne pouvais pas laisser le pouvoir dans la rue comme ma famille politique me l’avait demandé J’ai tenu à la l’égalité et j’ai démissionné devant la plénière. Je reste encore légaliste jusqu’à la remise et reprise avec la nouveau bureau. Bref, le bureau démissionnaire va organiser le renouvellement du bureau conformément aux lois de la République. Il dit tout dans cette déclaration. Cela sent la résistance de Mobutu contre la Conférence nationale souveraine.
La trame du complot est ainsi mise en œuvre pour se donner l’image de martyr, sinon de héros. Quand il y a un martyr, c’est qu’il y a un bourreau. Qui est le bourreau de Kamerhe ? Tout est également mis en œuvre pour démontrer non sans mesquinerie que tout ce qui a été fait au sujet de la démission de Vital Kamerhe était dans l’illégalité. Lorsqu’il y a illégalité, c’est qu’il y a un violeur de la loi. C’est qui violeur de la loi ?
C’est ce que l’ancien président de l’Assemblée nationale tient à obtenir en mettant en cause la démission des membres du bureau. En ses moments de grande lucidité, Vital Kamerhe a dit des choses importantes. Nous avions également retenu que la démission est un acte individuel.
Pourquoi veut-il remettre en cause aujourd’hui l’acte individuel de certains membres du bureau ? Il est vrai qu’ils ont été contraints à la démission par leur famille politique qui est leur mandant. Il ne revient pas
Vital Kamerhe de dire qu’ils ont été poussés à la démission pour rien. « Nous assistons une situation irrégulière qui ne c’est jamais produite dans aucun pays du monde. C’est le départ du président de l’Assemblée nationale qu’on voulait obtenir. L’on ne peut pas comprendre par quelle magie d’autres membres du bureau devaient subir le même sort », a-t-il accusé. Vital Kamerhe se cabre dans son rôle de procureur contre sa famille politique.
Et il continue à demander à qui veut l’entendre ce qu’il a fait pour mériter le désaveu des siens. Si les députés de la majorité ne comprennent pas où veut en venir l’ancien président du bureau de l’Assemblée nationale, c’est qu’ils ne font pas un petit effort pour comprendre les enjeux de l’après Kamerhe.
Les membres du bureau démissionnaire ont posé un acte irrévocable. Sil y en a qui ont encore la confiance de la coalition et de leurs formations politiques parce qu’ils n’avaient rien fait, ils seront reconduits en représentant leurs candidatures. Si justement certains députés de la majorité demandent que Vital Kamerhe ne puisse pas conduire la séance de mise en place du bureau, c’est pour éviter ces manipulations en vue de la remise en question des décisions prises par les mandants.
On ne peut pas d’une part dire que c’est une affaire du clan politique et d’autre part estimer que le président sortant aurait un mot à dire à ce sujet sans concertation avec la hiérarchie de ce clan politique. Jusqu’à preuve du contraire, l’Amp, le Palu, l’Udemo, fait preuve soient-ils, restent les mandants des membres du bureau de l’Assemblée nationale.
Des arguments infondés l’argument selon lequel la loi ne reconnaîtrait qu’au seul le bureau sortant le droit de diriger la mise en place du nouveau bureau ne résiste à aucune analyse. Les sept membres du bureau seraient morts dans un accident, l’Assemblée nationale demeurerait-elle sans bureau jusqu’à la prochaine législature?
La menace de l’opposition du Mlc de ne pas participer au vote qui ne serait pas organisé par le bureau sortant relève de la couardise. Mais, que cache-t-elle ?...
(TN/Ern./GW/Yes)
L'Avenir