Plusieurs pays africains ont joint leurs voix à celle de la Rdc le vendredi 27 mars au Conseil des droits de l’homme pour s’opposer à ce qui s’apparente à un diktat.
La situation socio-politique actuelle de la RD Congo, à peine sortie des années de balbutiements et d’incertitudes à la faveur de la démocratie naissante, augure des perspectives alléchantes au regard de la stabilité qui se dégage.
En effet, depuis les élections de 2006 ayant conduit à l’installation de nouvelles institutions, le pays apprend à renaître, à panser ses plaies tout en faisant de l’idéal de la reconstruction, son cheval de bataille. Des efforts énormes ont été consentis pour donner un visage plus humain à la jeune démocratie. La pluralité d’opinions avec son corollaire qu’est la liberté d’expression, jadis des concepts toujours fuyants, ont fini par devenir des réalités vivantes dans un pays qui tenait à se dépouiller de son vieil homme.
Il se dégage, à la suite de la proposition de l’Union européenne de faire désigner par la commission des Droits de l’Homme des Nations Unies, un expert des Droits de l’homme pour la RD Congo, une mauvaise foi manifeste. Une telle proposition, si jamais elle venait d’être actée, est une façon de bloquer la machine de l’évolution en s’attardant sur des considérations visiblement surannées parce que ne cadrant plus avec la donne évolutive. C’est non sans raison que la réaction du gouvernement congolais fut très vive. Car, on y voit là une intention malveillante de saper les efforts consentis pour améliorer la situation des droits de l’homme même dans les zones concernées par les conflits du reste en cours de résolution.
Solidaires avec la RD Congo
Plusieurs pays africains ont joint leurs voix à celle de la RD Congo le vendredi 27 mars au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour s’opposer à ce qui s’apparente à un diktat. Tentant d’apaiser les esprits, les Nations Unies ont remis la pendule à l’heure en soutenant qu’il n’était pas question de nommer un autre expert des droits de l’homme en dehors de celui oeuvrant sur place dans le cadre de la Monuc. Ce dernier, faut-il le dire, fait correctement son travail et suit au quotidien la situation des droits de l’homme en soumettant ses rapports à qui de droit.
Le gouvernement congolais n’a jamais fait ombrage à son travail. Tout dédoublement qui résulterait de l’envoi d’un autre rapporteur des droits de l’homme pour la RD Congo dissimule des intentions malveillantes consistant à freiner l’élan progressiste déjà pris par le pays. Sa renaissance reste symbolisée par le retour de la paix à l’Est après la défénestration des éléments LRA et FDLR respectivement dans la province orientale et au nord-Kivu au terme des opérations militaires menées conjointement avec les armées rwandaise, ougandaise et sud soudanaise.
Nonobstant les quelques poches résiduelles qui continuent de faire de la résistance, la paix à l’Est est effective comme en témoigne le retour des déplacés et la relance des activités rompues. Au lieu de voir comment apporter son assistance aux populations sinistrées qui peinent à reprendre une vie qu’elles ont perdue, il est navrant que l’Union européenne puisse se préoccuper des droits de l’homme comme si elle épiait la moindre gaffe susceptible d’être capitalisée pour nuire à la République. « Les populations congolaises ont davantage besoin d’assistance humanitaire pour faire face à la malnutrition et aux maladies plutôt que d’experts ou autres rapporteurs des droits de l’homme dont les prestations se sont généralement limitées à alimenter des polémiques stériles et démotivantes sur le concept des droits humains », peut-on lire dans le communiqué du gouvernement.
Des experts folkloriques
En tout état de cause, la RD Congo a connu plusieurs rapporteurs spéciaux dépêchés par les Nations Unies pour enquêter sur la situation des Droits de l’homme à l’image du fameux Garreton. Tout se passe comme si ces hommes sont jaugés en fonction de leur capacité à noircir les pages de leurs rapports avec du sensationnel et en défaveur de la RD Congo. Plusieurs autres initiatives similaires, ajoute le communiqué, n’ont servi dans un passé récent qu’à maintenir la RD Congo au sommet du tableau de l’infamie malgré des efforts sérieux d’amélioration méconnus par des rapporteurs et experts soucieux primordialement de faire proroger leurs mandats.
Qu’à cela ne tienne. Une chose est vraie, c’est que l’Union européenne, en tant que bailleur de fonds, croit avoir un droit de regard sur la RD Congo. Son enveloppe d’aide au développement en faveur de la RD Congo justifie tout l’intérêt que cette institution porte sur le pays de Joseph kabila, épiant le moindre prétexte pour lui retirer le beefsteak de la bouche. Quand bien même on peut lui concéder ce droit, une telle proposition ne peut être prise qu’après consultation des responsables du pays visé afin de requérir leurs avis. Ce qui malheureusement n’a pas été fait. Nous y reviendrons.
Pas d’enquêteur spécial dans l’Est du Congo-Kinshasa
Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a rejeté vendredi dernier une proposition européenne d’envoyer un enquêteur spécial sur la situation des droits de l’Homme dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).
Il a, en revanche, adopté une résolution présentée par les pays africains saluant la coopération du gouvernement congolais avec l’ONU et exhortant la communauté internationale à apporter une aide financière et technique au pays.
La proposition de l’Union européenne, présentée par le représentant allemand Konrad Max Scharinger, accusait les forces de sécurité congolaises d’être impliqées dans des abus tels que des violences sexuelles et le recrutement d’enfants soldats commis sur les populations civiles dans l’Est du Congo, en proie à des conflits récurrents entre les Etats de la région des Grands Lacs.
Le rejet de la proposition européenne est le deuxième revers en deux jours pour les pays occidentaux au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, basé à Genève.
Jeudi, le Conseil, qui compte 47 membres, a approuvé une résolution présentée par les pays musulmans invitant à l’adoption dans le monde entier de lois protégeant la religion de toute critique.
Selon Reporters sans Frontières (RSF), ce texte est “un grave coup porté à la liberté d’expression qu’il est supposé défendre”.
(BT/Milor/GW/Yes)
AP/Uhuru
Last edited: 31/03/2009 18:19:46