Les officiels congolais se disent largement satisfaits du bilan, jugé "positif", de la brève visite du Président français Nicolas Sarkozy à Kinshasa, qui s'est soldée par la signature d'une série d'accords entre les gouvernements des deux  pays, notamment dans les domaines des mines, de l'industrie, de la culture et des infrastructures de communications.

La France, l'un des grands partenaires occidentaux de la RdCongo, participe au processus de développement de ce dernier pays par le financement de plusieurs actions de coopération, dont le montant était évalué à 90 millions de dollars américains en 2008.  En mars 2007, les deux pays ont signé un accord cadre de partenariat de 200 millions d'euros, qui constitue un avenant à la convention de financement du projet relatif au renforcement des capacités nationales en RDC dans les secteurs du budget, du plan, des finances et des statistiques. Il porte aussi sur la coopération culturelle, le développement des médias, la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, ainsi que sur la formation et le renforcement des capacités de la police  congolaise.

En ce qui concerne particulièrement la police, la France a consenti une enveloppe de 380 millions de dollars US, notamment pour la formation de 4.500 policiers dont 2.000 au Centre de Kasapa, au Katanga.

Les autorités congolaises ont également bien apprécié, à l'occasion de la visite du Président Sarkozy à Kinshasa, la réaffirmation de la volonté de la France d'être toujours "aux côtés de la RdCongo", pays post conflit, dans ses efforts de pacification et de reconstruction, et notamment le soutien de l'Hexagone pour l'effacement du fardeau de la dette congolaise, évaluée à plus de 14 milliards de dollars US.

Le Président Nicolas Sarkozy a, par ailleurs, eu les mots justes pour dissiper devant les parlementaires congolais l'imbroglio né de ses propos, fin 2008, sur la coopération économique qu'il a estimé "indispensable" entre le Congo et ses voisins, dont le Rwanda, pour l'instauration d'une paix durable dans la région.

"L'Europe s'est construite autour du charbon et de l'acier après la seconde guerre mondiale pour bâtir une économie forte au service du développement", a rappelé le Président français, qui a suggéré  aux pays de la région des Grands Lacs cette expérience pour  réaliser de grands projets d'infrastructures et  promouvoir les échanges commerciaux, la libre circulation des personnes et des biens et l'exploitation commune des ressources énergétiques dans le cadre de l'intégration sous régionale.

Cette clarification de Nicolas Sarkozy était d'autant plus suivie et appréciée par la classe politique congolaise que ses propos antérieurs sur cette collaboration régionale avaient suscité l'irritation de l'opinion congolaise, qui n'avait pas hésité à suspecter le dirigeant français d'incitation du Rwanda à l'hégémonie. Ainsi, sénateurs et députés n'ont pas tari d'éloges pour saluer le bilan, selon eux, "largement positif" de la visite de Sarkozy à Kinshasa, la toute première d'un Chef de l'Etat français en République démocratique du Congo depuis 25 ans.

(CL/PKF)

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