Une enveloppe de 5 millions d’euros va être dégagée maintenant pour développer le réseau de 16 alliances françaises sur l’ensemble du territoire congolais ».
Il y a quelques semaines, le Président Kabila a tendu la main au Rwanda pour coopérer. Je sais bien les difficultés, mais je veux dire que ce fut une décision courageuse. A l’est, il me paraît plus que jamais nécessaire de susciter des projets qui fédèrent. Pourquoi ne pas donner un nouvel élan à ce qui existe déjà ? La Communauté Economique des Pays des Grands Lacs offre des perspectives prometteuses entre le Congo, le Burundi, le Rwanda.
Et pourquoi ne pas aller plus loin ? Rien n’interdit à ces trois pays, mais aussi à d’autres – l’Ouganda, la Tanzanie, le Kenya– de travailler ensemble pour structurer des filières agricoles, commerciales, industrielles ; introduire davantage de transparence et de règles ; développer des ressources énergétiques; protéger le patrimoine naturel, nous sommes ici sur la deuxième forêt du monde, le monde a besoin de la forêt du bassin du Congo ; organiser la circulation des personnes.
Pourquoi ne pas discuter du développement des infrastructures pour désenclaver des régions, ouvrir de nouveaux débouchés ? Je lance une idée : pourquoi ne pas créer une Agence régionale de développement et d’aménagement, comme cela a pu se faire ailleurs ?
La paix, la prospérité de l’Europe se sont construites sur ces bases. Nous nous sommes réconciliés en Europe en mettant en commun le charbon et l’acier, car nous avions besoin du charbon et l’acier pour redresser nos pays sortis exsangues de la guerre. C’est la même raison qui permettra la reconstruction et la stabilité de cette région. Cette refondation passe également par un dialogue politique approfondi. Des enceintes existent la Conférence Internationale des Grands Lacs. Est-ce l’avenir ou faut-il redéfinir les choses ? A vous d’en discuter.
Mais l’essentiel pour la France, c’est que vous puissiez nourrir un dialogue transparent, efficace concret pour garantir la paix et la sécurité dans la région. Beaucoup de gens vous pousseront à vous tourner vers le passé et à entretenir vos oppositions ; eh bien la France sera toujours à vos côtés pour envisager l’avenir et pour favoriser la paix parce que cette paix, vous en avez besoin car vous avez trop souffert de la guerre.
Le Congo, bien sûr, et j’en terminerai par là, doit marcher sur ses deux jambes : il y a celle qui vous porte vers l’est et donc vers l’Océan indien, et puis celle qui vous amène vers l’ouest et donc vers l’Océan Atlantique. Votre famille naturelle va de l’Angola au Tchad, du Cameroun au Gabon. Mais elle s’organise encore en de nombreuses communautés : la zone franc, la CEMAC, la CEEAC. Chacune à sa logique.
Mais pourquoi ne pas travailler au rapprochement de toutes ces communautés qui donnent un peu le tournis pour que la famille, votre famille, puisse gagner en cohésion et en force? Là aussi, je souhaite que nous puissions en débattre. On a l’impression qu’on multiplie les structures, nous les premiers, pour être sûrs qu’aucune ne remplisse la mission qui est la sienne et de ce point de vue, on y réussit raisonnablement.
Voilà, Mesdames, Messieurs, les quelques suggestions que je tenais à partager avec vous. Ce n’est pas à la France, bien sûr, de décider à la place des pays de la région. Mais la France a une responsabilité aider les pays de la région!
Mes chers amis, si je vous ai parlé avec le coeur, c’est que quelque chose de très fort m’y a poussé. Quelque chose de particulier qui crée entre nous des liens uniques. Vous êtes le premier pays francophone du monde ! C’est vrai, Joseph, certains diront que les chiffres laissent encore planer un doute : d’après eux, voici que la France et le Congo, nous serions aujourd’hui ex aequo. Ah ! Mais demain, c’est sûr, vous serez les premiers ! Et de loin ! Cette langue française, notre langue commune, est le socle inaltérable de notre amitié et de nos relations singulières.
Lorsque je porte la voix de la France aux quatre coins du monde, les peuples m’entendent par le biais d’oreillettes et de traducteurs. Ici, nous n’avons besoin de personne pour nous comprendre !
Je souhaite que vous preniez toute votre place dans la grande famille de la francophonie. Je le dis : vivement 2012, lorsque que la grande famille de la francophonie tiendra enfin son Sommet ici, à Kinshasa ! Quelle victoire cela représentera pour votre pays !
Sachez que je suis déterminé à soutenir l’usage du français au Congo. Une enveloppe de 5 millions d’euros va être dégagée dès maintenant pour développer le réseau des 16 alliances françaises présentes sur l’ensemble du territoire congolais.
Comment imaginer conclure mon propos sans évoquer, en amateur averti que je suis, la belle victoire de votre équipe nationale de football. C’était la première édition du championnat d’Afrique des Nations, et les Léopards de la République démocratique du Congo ont gagné !
J’y vois la preuve éclatante que lorsqu’ils jouent en équipe, lorsqu’ils se fixent des objectifs, lorsqu’ils se décident à les atteindre ensemble, les Congolais ont vocation à vaincre et à triompher. « la parole est l’ombre de l’action » disait un grand philosophe. Eh bien, j’ai assez parlé.
Vous avez eu la gentillesse de m’écouter. A vous maintenant de reprendre le flambeau de la parole et de passer aux actes. Vous l’avez compris, la France est votre amie, la France est à vos côtés. Vive la République démocratique du Congo, Et vive la France.
(BT/YES/PKF)
Le Potentiel