Kabila & SarkozyLe président de la République française, Nicolas Sarkozy, a foulé le sol congolais jeudi 26 mars avant de s’envoler pour Brazzaville à l’autre rive du fleuve Congo. Cette visite a été qualifiée d’importante par des analystes politiques  qui font remarquer qu’elle est la première qu’effectue un chef d’Etat français depuis 1984.

Le passage du locataire de l’Elysée au Congo laisse des traces indélébiles. Plusieurs accords ont été signés entre la France et la République démocratique du Congo, notamment dans les mines, les transports et la francophonie.

Dans le secteur minier, précisément, un communiqué de l’Ambassade de France en Rdc fait état de la signature par Mme Lauvergeon, présidente d’Areva et le ministre des Mines, Martin Kabwelu Labilo d’un "accord de coopération entre le ministère congolais des Mines et le groupe nucléaire français Areva". Cet accord prévoit un partenariat entre la Gécamines (Générale des carrières et des mines) et Areva pour "l'exploration uranifère sur l'ensemble du territoire congolais".

S’agissant d’entreprises françaises où plusieurs autres projets ont été présentés, le gouvernement congolais s'est engagé à créer les conditions favorables, par exemple, pour l'implantation de France Telecom.

Dans le même registre, la ministre du Portefeuille, Jeanine Mabunda Lioko, a annoncé que Vinci avait gagné l'appel d'offre pour la réhabilitation de la piste de l'aéroport international de Ndjili à Kinshasa (dont le coût se chiffre à 37 millions d'euros).

Par ailleurs, l'ouverture à plusieurs autres opérateurs français a été mise en avant : C’est le cas de Lafarge (ciment), Alstom pour la réhabilitation des turbines de la centrale hydro-électrique d'Inga II, Suez et Veolia pour l'eau et l'électricité.

Concernant la Francophonie et le secteur éducatif, une convention de financement de 5 millions d'euros a été signée par le ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda, et le secrétaire d'Etat à la Coopération et la Francophonie, Alain Joyandet, pour développer le réseau des alliances françaises.

Il a aussi été annoncé le lancement prochain de projets de l'Agence française de Développement (AFD) en RDC dans l'enseignement primaire et la formation professionnelle.

Les relations économiques Rdc–France en chiffre

Selon des statistiques recueillies auprès de l’Ambassade de France en Rdc,  la République française est le 3ème fournisseur de la République démocratique du Congo en 2006 avec une part de marché de 11% derrière la Belgique (14%) et l’Afrique du Sud (24 %). Les exportations françaises vers la RDC sont stables à 138 M€ en 2007.

Les ventes françaises sont composées à hauteur de 33% de biens de consommation, de 27% de biens d’équipements, pour l’industrie agroalimentaire notamment, de 19% de biens intermédiaires (chimie, plastiques, métaux) et de 9% de produits agroalimentaires. Les importations françaises en provenance de RDC ont de nouveau remonté en 2007 (103 M€ contre 28 M€ en 2006 et 100 M€ en 2005) suite à la reprise des achats de pétrole (66 M€, soit 64% des importations françaises). Les produits de l’agriculture représentent 32% des importations.

Le stock d’investissements français en RDC reste modeste : il s’élève à 19 M€, ce qui représente 3% des stocks d’investissements accueillis par le pays. Le secteur des services (immobilier, services financiers et commerce distribution) représente les deux tiers de ces investissements.

Les entreprises françaises sont toutefois présentes dans des secteurs variés : télécommunications (Alcatel), énergie (Alstom, Schneider Electric et Nexans, Suez), infrastructures routières (Vinci) et aéroportuaires (ADP et Sofreavia), hydrocarbures (Total), distribution (CFAO et OPTORG), pharmacie (Sanofi Aventis), brasserie (Castel), transports (Bolloré, GTM et Air France) et sécurisation des données (Oberthur, Hologram ou Sagem).

Deux missions du MEDEF, en 2004 et 2006, ont tracé la voie d’un renforcement des relations et des échanges bilatéraux.

(TN/Yes)

Théodore Ngangu/MMC