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Par définition, le disque d'or est une récompense que l'on remet à un artiste pour reconnaître que son album musical s'est vendu à un nombre d'exemplaires préalablement fixé.

Une polémique est souvent entretenue dans les milieux de la musique congolaise autour des disques d'or qu'en RDC on considère comme une base d'évaluation de la célébrité et de la valeur d'un artiste musicien. Cette polémique est, en fait, le prolongement des antagonismes entre artistes qui, depuis bientôt deux décennies, ont relégué l'art au profit des anti-valeurs et autres références sans aucun rapport avec la profession que tous partagent.

Il y a une dizaine d'années, cet antagonisme avait ciblé l'obtention de disques d'or pour démontrer la supériorité d'un artiste par rapport à un autre.

En sorte que la cascade de ces disques d'or avait suscité des interrogations quant à leur authenticité avant que la pratique ne cesse subitement, comme si, depuis lors, la musique congolaise, que l'on dit fort répandue à travers le monde, ne se vend plus. Mais, en fait, c'est quoi donc le disque d'or ? Que représente-t-il et que récompense-t-il ?

Selon un document qui peut être consulté sur le site Internet de Wikipédia, " le terme disque d'or s'appliquait initialement aux disques microsillons, alors qu'aujourd'hui il s'applique aux CD, aux singles, aux vidéos et aux DVD musicaux.

Depuis quelques années, les téléchargements légaux (donc payants) sont également pris en compte dans les estimations ". Par définition, le disque d'or est une récompense que l'on remet à un artiste pour reconnaître que son album musical s'est vendu à un nombre d'exemplaires préalablement fixé. Ce seuil est établi de façon arbitraire. La pratique des disques d'or est plus connue en raison de sa médiatisation, mais l'industrie du disque remet d'autres récompenses : disque d'argent, disque de platine, etc.

Calcul d'un record de vente

Wikipédia renseigne également que, comme plusieurs autres records dans l'industrie du disque, le calcul se base sur les expéditions et non sur les ventes réellement effectuées. Concrètement, un album peut se trouve encore dans les bacs, mais décrocher déjà un disque d’or.

En pratique, pour un enregistrement récent, cela signifie que le nombre de copies est une prédiction des ventes, et non les ventes réellement effectuées.

Pour le calcul, certains considèrent aussi un facteur de popularité car, habituellement, ces récompenses sont remises pour les albums vendus au pays et le seuil de vente estimé s'évalue suivant la démographie de chaque pays. Mais plus couramment, l'habitude est d'évaluer ce seuil suivant les pratiques du pays de diffusion de l'album et où est installé l'ensemble du circuit de distribution pouvant être contrôlé.

En France, par exemple, pays où se reconnaissent la plupart des artistes congolais, déjà à partir de leur affiliation à la Sacem et du fait que nombre d'albums y paraissent, les récompenses sont certifiées par le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) créé en 1922 et qui est une association interprofessionnelle qui défend les intérêts de l'industrie française du disque. Il est affilié au Medef (association des entrepreneurs français) et est également membre de la Fédération internationale de l'industrie du disque (IFPI). En 2004, il regroupe 48 membres dont les quatre majors Sony BMG, Universal, Warner et EMI.

Ses membres représentent environ 80% du chiffre d'affaire de l'industrie du disque en France.

C'est donc le SNEP qui assure la certification argent, or, platine ou diamant des simples, albums et clips musicaux en France. Il est aussi responsable de l'élaboration des classements des meilleures ventes de disques en France :
- classement des 100 meilleures ventes de singles
- classement des 150 meilleures ventes d'albums nouveautés vendus à plein tarif
- classement des 40 meilleures ventes de compilations nouveautés vendues à plein tarif
- classement des 40 meilleures ventes de formats longs (albums et compilations) vendus à prix réduit

Selon le niveau où il se trouve, un album peut ainsi rapporter à son auteur :
- un disque d'argent
- un disque d'or
- un double disque d'or
- disque de platine
- double disque de platine
- triple disque de platine, etc., jusqu'à
- disque de diamant

Classification des récompenses

En France, les disques d'or ont été créés qu'en 1973. Le premier 45 tours à franchir la barre du million de disques en France est L'homme à L'harmonica d'Ennio Morricone en 1969 (musique du film " Il était une fois dans l'Ouest "), même si certains prétendent avoir vendu des millions avant.

A ce jour, le seuil d'obtention d'une récompense pour un album se classifie comme suit (en nombre d'exemplaires) :

A. Avant juillet 2006

- argent : 50.000
- or : 100.000
- double disque d'or : 200.000
- platine : 300.000
- double disque de platine : 600.000
- triple disque de platine : 900.000
- diamant : 1.000.000

B. Depuis Juillet 2006

- argent : 35.000
- or : 100.000
- platine : 200.000
- double disque de platine : 400.000
- triple disque de platine : 600.000
- diamant : 750.000

En clair donc, ce n'est pas en s'affiliant à la Sacem que tout artiste peut être éligible à un disque d'or. La Sacem permet à ses sociétaires de pouvoir toucher leurs droits d'auteurs sur des œuvres déclarées en cas de reproduction, de diffusion (Radios, télés, soirées, fêtes…) ou d'interprétation dans des concerts.

Pour être éligible à un disque d'or son éditeur, et non le producteur, doit être reconnu et répertorié à la Snep. Très souvent, les artistes congolais ignorent cette démarche et ne peuvent donc pas savoir à combien ses albums sont vendus pour pouvoir rentrer équitablement dans ses droits. Ils se contentent du cachet que leur octroie le producteur, généralement avant la sortie ou même avant le début de l'enregistrement de l'album.

Obligation de s'organiser

Il revient donc aux artistes congolais de s'organiser individuellement pour mieux encadrer leurs carrières et leurs intérêts. La succession de l'artiste Madilu, par exemple, ne saura pas engranger les dividendes de l'ensemble de ses œuvres, puisque de son vivant, il n'avait pas su les protéger comme il se doit. Seules certaines chansons avaient été déclarées à la Sacem par ses derniers producteurs, alors qu'il lui aurait suffi simplement d'adhérer moyennant 115 euro et la Sacem lui aurait versé des droits. A sa mort, la Sacem comptait seulement une trentaine de chansons signées Madilu.

Concrètement, pour espérer être rétribués, les artistes congolais ou leurs producteurs et les organisateurs de concerts, de soirées africaines… prennent le soin de déclarer leurs manifestations à la Sacem et versent les redevances. La quasi-totalité de soirées et de concerts congolais ne sont, en effet, pas déclarés à la Sacem, moins encore ces nombreux DVD qu'on trouve dans les échoppes congolaises.

(TH/BT/PKF)


Jonas Eugène Kota/Forum des As



Last edited: 27/03/2009 08:44:01

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