Partout il y a inquié­tude et peur. Pour la popula­tion, tout peut arriver. L’ac­tion de la coalition Ougando­- Fardc n’a pas réussi à anéan­tir la LRA, mais bien au con­traire à la rendre plus furieuse et cruelle contre la population civile. La LRA ressemble aujourd’hui à un guêpier sur lequel l’on a lancé des cailloux. La population ayant appris par la voie des ondes le départ de l’armée ougandaise, demande au Gouvernement l’accroisse­ment des effectifs militaires des Fardc avec la logistique nécessaire pour faire face à la LRA. Car, comme la délé­gation des évêques l’a constaté, la LRA continue à massacrer, à violer, à enlever, à enrôler et à semer la terreur par des incendies des mai­sons et des plantations.

C’est la conclusion que nous pouvons tirer de la confé­rence de presse organisée hier mercredi par Mgr Joseph Banga, évêque de Buta et vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Et ce, à l’issue d’une visite de solidarité et de réconfort d’une délégation de six évêques provenant de six provinces ecclé­siastiques de la R-d Congo. Durant huit jours, la délégation a eu le temps de s’enquérir sur les souffrances de la population de ce coin de la République, ainsi que les plaidoyers à faire auprès des autorités du pays.

A l’issue de la célébration eucharistique à Dungu, dans laquelle les fidèles ont été ex­hortés à ne pas se laisser vain­cre par le désespoir, la déléga­tion s’est mise à l’écoute des déplacés. Elle leur a promis de relayer auprès de qui de droit leurs requêtes d’une paix dura­ble, d’une effective sécurisation de leur milieu de vie et de tra­vail.

Par ailleurs, l’assistance humanitaire s’y avère urgente et nécessaire. Car cette popula­tion, démunie de tout, passe la nuit dans des tantes de fortune et elle est, en outre, menacée par l’imminente saison de pluie.

Déclarer Dungu, Faradje, Aba, Niangara et Ango, territoires sinistrés

Partout où la délégation des évêques est passée, il se lisait une inquiétude et la peur, car la population pense que tout peut arriver. Entre-temps, beau­coup de sinistrés sont dans des lieux enclavés où, à cause de l’insécurité, l’assistance hu­manitaire ne leur arrive pas. D’où la faim, le manque de mé­dicaments, la crainte des épi­démies, la fermeture des éco­les, etc. Les évêques ont aussi constaté que l’action de la coa­lition Ougando-Fardc n’a pas réussi à anéantir la LRA, mais bien au contraire, à la rendre plus furieuse et cruelle contre la population civile. La popula­tion ayant appris par voie des ondes le départ de l’armée ougandaise demande au Gouvernement l’accroissement de l’effectif des militaires des Fardc avec la logistique néces­saire pour faire face à la LRA.

Au sujet de la crise humanitaire, la population à travers un mémorandum demande entre autres que les territoires de Dungu, Faradje, Aba, Niangara et Ango soient déclarés « territoires sinistrés », et qu’une commission de crise soit constituée au sein du gou­vernement pour gérer ce dossier jusqu’à son aboutissement; qu’une assistance humanitaire conséquente en vivres, médica­ments ; abris et autres non vi­vres soient urgemment mise à la disposition des sinistrés.

La paix déclarée à Goma reste encore fragile

Le problème FDLR n’est pas totalement résolu, l’intégra­tion harmonieuse des différents groupes armés dans le FARDC doit être encore bien pensée et finalisée », a indiqué M. Joseph Banga, avant de souligner que dans une messe concélébrée par une cinquantaine des prêtres, il a réitéré le même me­ssage de consolation et de ré­confort, encourageant les habitants de Goma à devenir des ar­tisans de paix, de fraternité et de justice.

Après tous ces cons­tats, la CENCO dit non à la violence d’où qu’elle vienne et dé­nonce vigoureusement la banalisation de la destruction de la vie. Elle reconnaît et encourage les efforts du Gouvernement pour le rétablissement de la paix, mais elle attend un enga­gement plus efficace avec des moyens à la hauteur des besoins. Elle rappelle en même temps avec insistance la responsabilité du pouvoir public dans la mission de protéger les populations civiles, car il est inacceptable que les populations  soient sans cesse à la merci des criminels étrangers installés sur notre territoire na­tional.

(TH/CL/GW/PKF)

Jean-Marie Nkambua/L’Avenir