SarkozyLe sommet de la Francophonie devrait se tenir en Afrique et particulièrement à Madagascar. La désignation de Antananarivo pour accueillir ce sommet s’était obtenue sur un fil d’aiguille. Madagascar avait en face de lui le plus grand favori qu’était la Rdc. Le président Ravalomanana s’était coupé en morceaux pour obtenir la tenue de ce sommet. Le président malgache, rapportaient certaines sources, avait même usé de menaces. La Rdc avait donc été priée d’accepter le sommet qui devrait venir après. Pendant que le monde francophone se prépare pour se rendre à Madagascar, le cours des événements a changé dans ce pays. Ravalomanana a été emporté par un coup d’Etat mal dissimulé par une pression de la rue.


A ce jour, le monde libre dénonce le changement de régime à Madagascar par des moyens non démocratiques. Ainsi, beaucoup de pays et d’organisations régionales dont l’Ua, ont décidé de suspendre Madagascar. L’Oif, on le sait, fait de la démocratie son cheval de bataille dans la mesure où elle est un des socles de la bonne gouvernance et du développement des Etats membres.

A ce titre, on peut s’étonner que l’Oif n’ait pas porté la voix, mieux que toutes les autres organisations, pour dénoncer la prise de pouvoir par la force à Madagascar. Car, le fait que Madagascar ait obtenu mandat d’organiser le sommet de la Francophonie de 2010 devrait amener l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) à suivre de plus près la situation politique à Antananarivo.

On ne voit pas les dirigeants du monde francophone aller donner la caution au régime issu du coup d’Etat. L’attitude réservée de l’Oif s’inspire des attitudes de Paris qui, contrairement à ce qui est arrivé à Mauritanie, n’a pas soulevé une vive condamnation à la mesure de la gravité de la situation.

Cette attitude de la France est compréhensible lorsqu’on sait qu’il ne servirait à rien d’ajouter de l’huile au feu sachant qu’on ne ferait qu’aggraver la situation et davantage. Mais de là, voir le putschiste malgache accueillir le sommet de la Francophonie avant qu’il ait ramené le pays sur les voies démocratiques et constitutionnelles, serait contredire toutes les bonnes intentions et tous les discours de l’Oif sur la démocratie.

Il est bon que les dirigeants malgaches soient priés à retrouver rapidement les voies démocratiques. Mais jusque-là, rien n’indique qu’avant la tenue du sommet de la Francophonie en 2010, Madagascar sera sorti de l’ornière dictatoriale. Le nouvel homme fort de Antananarivo se donne deux ans pour organiser les élections. Comme on le voit, cet objectif va au-delà de la tenue du sommet de la Francophonie de 2010.

Disqualification d’office de Antananarivo


Il n’y a aucune excuse pour Antananarivo compte tenu de l’injure qui a été lancée à la démocratie dans ce pays. Le passé plus ou moins récent de la Francophonie est riche de cas de jurisprudence. L’opinion se souviendra qu’en 1994, le Congo, alors Zaïre avait été choisi pour organiser ce sommet de la Francophonie.

Sans qu’il y ait eu changement de régime, on a estimé que ce pays ne pouvait pas accueillir ce sommet à cause de la présence à la tête du pays du dictateur Mobutu. D’autres faits comme les massacres dits des étudiants sur le campus de Lubumbashi, massacres qui n’ont jamais été établis par une enquête sérieuse, ont milité pour le retrait du mandat à la Rdc. Ce qui est arrivé à Madagascar est plus grave pour tolérer que Antananarivo accueille le grand rendez-vous culturel du monde francophone.

Revenir à la Rdc

Revoir le mandat donné à Madagascar et le redonner à la Rdc, c’est rendre justice à ce pays francophone, le deuxième du monde. Alors que ce pays a payé cher son appartenance dans le monde francophone, car souvent victime des guerres fomentées et financées par le monde anglo-saxon, la Rdc est curieusement considérée comme paria dans l’espace francophone. Kinshasa attendait reprendre sa place privilégiée dans la Francophonie avec l’organisation du sommet de 2010.

Mais, hélas, l’histoire s’est répétée. On lui a préféré Madagascar pour des raisons inavouées. Et Madagascar qui n’est pas à son dernier coup de force après La Baule, a démontré que chassez le naturel, il revient au galop.

Par contre, la Rdc que d’aucuns considéraient comme le plus grand malade (incurable) s’est remise de son mal grâce au génie politique et diplomatique de son président, Joseph Kabila. Pacifié après avoir donné au monde sa capacité d’organiser les élections en dépit des difficultés dues à sa situation de pays post-conflit, un conflit qui est venu s’ajouter aux 32 ans de régime totalitaire au cours duquel toutes les infrastructures se sont détruites, ce pays peut aujourd’hui être cité en exemple de démocratie.

La Rdc reste cependant reconnaissante vis-à-vis de la France, pays qui a pesé de tout son poids comme membre du Conseil de sécurité de l’Onu, pour que l’agression de la Rdc soit reconnue comme telle et que des solutions appropriées y soient apportées. Toutes les résolutions qui ont permis de sortir la Rdc de la situation où l’avaient plongée diverses maffias anglo-saxonnes, étaient l’œuvre de la France. La Rdc compte encore sur la France notamment pour organiser ce sommet de la Francophonie qui lui revient de droit.

Le soutien attendu de Paris

La désignation de Madagascar pour organiser le sommet de 2010 a fait que la Rdc s’était désengagée. Les travaux de construction de la salle des conférences internationales (face au ministère des Affaires étrangères) et l’Hôtel Rakeen (à la gare centrale) pressentis pour accueillir cette grande rencontre culturelle du monde francophone, ont pris un autre rythme que celui qui leur était imprimé en prévision de ce sommet de la Francophonie.

Demander à la Rdc de reprendre la main, c’est lui demander d’accélérer ces travaux. Le gouvernement est-il prêt ? Il nous revient que pour occuper sa place de choix dans le monde francophone, le gouvernement congolais est capable d’efforts supplémentaires.

Mais, c’est ici que l’aide de la France et d’autres puissances francophones est très déterminante pour déterminer la position de la Rdc. Car en effet, il faut bien un autre pays pour accueillir ce sommet de 2010, compte tenu de la situation politique créée à Madagascar par le coup d’Etat de Tgv.

Ce dossier, estime-t-on dans l’opinion, doit figurer à l’ordre du jour des entretiens que Joseph Kabila aura ce matin avec son homologue français.

Nicolas SARKOZY à Kinshasa ce jeudi

Le président de la République française arrive ce jeudi à Kinshasa. Il effectue ainsi une visite d’Etat et de travail de quelques heures sur invitation de son homologue congolais, le président Joseph Kabila Kabange.

Une visite qui suscite beaucoup d’intérêts quand on sait que la France figure parmi les « amis traditionnels » de la République démocratique du Congo. Aussi, le voeu émis par les congolais est de voir le président Sarkozy et son homologue congolais, Joseph Kabila, pérenniser cette tradition.

Mais en ces moments cruciaux caractérisés par des mutations à travers le monde, tant sur le plan politique, économie que social, la visite du président français devrait marquer un tournant déterminant dans les relations entre la France et la RDC.

Certes, il serait naïf d’ignorer les faits saillants qui ont suscité autant d’animation entre Paris et Kinshasa. Il serait aussi irresponsable de voir les deux camps ramener cet incident sur le «  partage » des ressources naturelles congolaises avec ses voisins dans le cadre des «  faits divers ».

Non. L’heure est à la vérité, à l’appréciation raisonnable des préoccupations des peuples africains, particulièrement des Congolais déterminés à relever les défis des guerres injustes qui lui ont été imposées par des forces centrifuges.

L’heure a sonné pour un partenariat adulte, hautement responsable qui ne relève nullement des agendas caches, fussent-ils, des commanditaires sans état d’âme. Visite éclair soit-elle, Sarkozy a l’obligation morale et politique de s’inscrire dans la logique du changement pour la mise en place d’un nouvel ordre mondial.

Sinon, à quoi servirait cette visite si elle consisterait à désorienter les peuples africains, à déstabiliser la RDC, à perturber la région des Grands Lacs pour satisfaire la boulimie du pouvoir politique et économique des «  groupes identitaires »( ?) …

Biographie du président de la République de françaises

  • Né le 28 janvier 1955 à Paris XVIIème
  • Marié
  • Trois enfants
  • Ancien avocat au barreau de Paris  
  • Études :
  • Maîtrise de droit privé (1978)
  • Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (1981)
  • DEA de Sciences Politiques avec mention (mémoire sur le Référendum du 27 avril 1969)
  • Institut d’Études Politiques de Paris (1979-1981)


Fonctions politiques

  • Conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine en 1977
  • Maire de Neuilly-sur-Seine de 1983 à 2002
  • Vice-Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, chargé de l’enseignement de la culture (1986-1988)
  • Député des Hauts-de-Seine (6ème circonscription) de 1988 à 2002 Élu Président du Comité départemental du RPR des Hauts-de-Seine le 3 mai 2000.
  • Elu Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine le 1er avril 2004.
  • Ministre du Budget (1993-1995) et de la Communication (1994-1995) Porte-Parole du Gouvernement (1993-1995) Secrétaire national du RPR, chargé de la Jeunesse et de la Formation (1988)
  • Secrétaire national du RPR, chargé de l’Animation, de la Jeunesse et de la Formation (1989)
  • Co-directeur de la liste d’union pour les Élections européennes (1989) - Secrétaire Général Adjoint du RPR, chargé des Fédérations (1992-1993)
  • Membre du Bureau Politique du RPR (depuis 1993) Coordonnateur et porte-parole de l’équipe de transition (10 juillet 1997) Secrétaire général du RPR (6 février 1998)
  • Président par intérim du RPR (avril 1999-octobre 1999)
  • Tête de la liste RPR-DL pour les Élections européennes de juin 1999.
  • Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés Locales (2002/2004)
  • Ministre d’Etat, ministre l’Economie, des Finances et de l’Industrie (2004 - 2005)
  • Président du Conseil général des Hauts-de-Seine
  • Elu président de l’UMP le 28 novembre 2004
  • Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire (mai 2005 - mars 2007)
  • Candidat à l’élection présidentielle (14/01/07)
  • Démissionne du gouvernement en mars 2007
  • Obtient 31,18% des voix au premier tour de l’élection présidentielle le 22 avril 2007
  • Élu président de la République française avec 53,06% des voix le 06 mai 2007
  • Démissionne de la présidence de l’UMP le 14 mai 2007

Oeuvres

Georges Mandel, Le Moine de la Politique - Editions Grasset – 1994
Au bout de la passion, l’équilibre – Entretien avec Michel Denisot –
Editions Albin Michel – 1995
Libre – Editions XO / Robert Laffont – Janvier 2001
La République, les Religions, l’Espérance- Cerf - 2004


(PKF)

L’Avenir/Le Potentiel