Joseph Kasa-Vubu est mort pauvre le 24 mars 1969, en résidence surveillée à Boma, dans la province du Bas-Congo. Le régime militaire lui ayant refusé, selon des sources concordantes, l’autorisation de se rendre à l’étranger pour des soins appropriés.
24 mars 1969-24 mars 2009, 40 ans jour pour jour, depuis que le tout premier Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kasa-Vubu, quittait la terre des ancêtres. Comme à l’accoutumée, pour commémorer cette journée devenue désormais sacrée, une messe de suffrage en mémoire de cette illustre disparu a été dite en l’église Christ Roi de la commune de Kasa-Vubu, en présence de nombreuses personnalités tant politiques, militaires que religieuses du pays.
Dans son homélie, l’officiant principal de la messe, Mon Seigneur Edouard Kisonga, a exhorté les fidèles d’avoir l’amour de la patrie à l’instar du premier chef de l’Etat congolais. « Aimer sa patrie c’est aimer son prochain. Et celui qui aime son prochain, ne peut pas reprendre le sang. Aussi les justes ne meurent pas pour toujours », a-t-il dit en substance.
Toutefois, l’homme de Dieu a invité l’assistance d’avoir une pensée pieuse pour feu le président de l’Abako dont toute sa vie a été un témoignage de bonne conduite et de perfectionnement. Il en a appelé à la chrétienté de tous afin que la paix règne à jamais au Congo
Donnant la biographie de son père, Mme Marie-Rose Kasa-Vubu, la fille aînée de feu le président de la République, a laissé entendre que son père était né en 1917 et décédé le 24 mars 1969. Il a été le 1er président de la République démocratique du Congo du 30 juin 1960 au 24 novembre 1965, date du coup d’Etat militaire qui l’avait renversé au profit du général Joseph Désiré Mobutu, commandant de l’Armée nationale congolaise.
A l’en croire, Joseph Kasa-Vubu est mort, pauvre, le 24 mars 1969, en résidence surveillée à Boma, dans la province du Bas-Congo. Le régime militaire lui ayant refusé, selon des sources concordantes, l’autorisation de se rendre à l’étranger pour des soins appropriés.
Enseignant, Joseph Kasa-Vubu fut élu, en 1954, président de l’Alliance des Bakongos (Abako), premier mouvement politique indépendantiste constitué par l’une des ethnies peuplant le Congo, alors colonie belge. Mais les élections de mai 1960, précédant d’un mois l’accession à l’indépendance du pays, furent remportées par le Mouvement national congolais (MNC) fondé par Patrice Lumumba, partisan d’un État unitaire.
L’indépendance ayant favorisé l’émergence de multiples revendications autonomistes, Lumumba se résigna à un compromis. Kasa-Vubu accéda à la présidence de la nouvelle République, tandis que son rival prenait la direction du gouvernement.
Abordé par la presse, l’un des compagnons de l’indépendance ayant requis l’anonymat, a indiqué que la possibilité d’exprimer les idées qui tenaillent Joseph Kasa Vubu lui sera offerte par Jean Bolikango, celui qui devient son adversaire plus tard lors de l’élection présidentielle du 24 juin 1960, au parlement.
Selon lui, Bolikango était président d’une multitude d’associations d’anciens élèves : Adapes, Assanef, Unelma…. En 1945, il crée l’Union des intérêts sociaux congolais (Unisco) pour combattre les discriminations raciales et l’amélioration des conditions des Congolais. Le président de l’Unisco, Eugène Kabamba qui travaillait aux finances et appréciait Kasa-Vubu l’intéresse au projet.
Kasa-Vubu accepte et est vite adopté par Bolikango. Malheureusement, Kasa-Vubu n’occupe aucune fonction dans une des associations d’anciens élèves, ce qui était la condition. Alors Bolikango usa de son influence pour faire de Kasa-Vubu le secrétaire général de l’Adapes en 1946.
Sa première allocution ici, intitulée « Le droit du premier occupant », revendiquait pour les Congolais la reconnaissance de leur droit sur le sol. Joseph Kasa-Vubu y développait l’idée que « le sol du Congo appartenait aux premiers occupants, c’est à dire aux Congolais, et qu’il devait par conséquent leur être rendu ». Un discours politique jugé « prématurément révolutionnaire », et qui était précurseur de la lutte pour l’indépendance.
Ce discours, pour le moins, très osé fut très mal vu par l’administration. C’était une bombe, à l’époque. Les autres membres de l’Unisco s’en désolidarisèrent. Les mentalités n’étaient pas encore prêtes pour l’action de libération.
Kasa-Vubu écrit dans plusieurs périodiques de l’époque. Cela fait déjà sa « renommée ». Mais, il attend, il épie le moment où il pourra entreprendre une action publique, décisive et radicale.
Le premier signe sera son élection à la présidence de l’Abako le 21 mars 1954. l’Abako fut créée en 1949 par Edmond Nzeza Nlandu pour unifier, conserver et perfectionner la langue kikongo ». Il tenait énormément à la survie du journal Kongo dia Ngunga dont les cotisations des membres servaient à la réalisation. Nzeza Nlandu était associé aux pères jésuites dans l’œuvre de l’Abako, surtout du journal en la personne du Rp Van Wing. Cette présence ecclésiastique répugnait Kasa-Vubu au plus haut point.
Ainsi, il n’en fut jamais membre sous la présidence de Nzeza Nlandu. Au lieu d’être unificateur, ce dernier eût des élans divisionnistes, en plus il n’organisa jamais l’Abako, se préoccupant beaucoup de renouveler le bureau. La réunion extraordinaire se tient le 21 mars 1954 au stade Reine Astrid (stade du 24 novembre). Kasa-Vubu y vient pour la première fois, il était assis au fond de la salle, mêlé à la foule. Nzeza Nlandu dépose sa démission pour se consacrer au journal. Kasa-Vubu est proposé à la présidence sous un tonnerre d’applaudissements. Lui-même ne s’y attendait pas.
Ce choix avait deux explications : d’abord il existait à l’Abako une divergence entre les Bantandu, groupe de Nzeza Nlandu et les Bandibu groupe auquel appartenaient des membres influents du comité Abako, tels Pierre Canon et Simon Tezzo. Alors l’on fit appel à un Muyombe qui avait une forte personnalité et un grand caractère. Kasa-Vubu commença à donner à l’Abako des bases solides, d’en assurer une expansion numérique, d’en faire un puissant instrument politique.
La parution à Léopoldville, le 1er juillet 1956 du Manifeste de Conscience africaine allait lui donner enfin la possibilité dont il rêvait depuis tant d’années, de réagir, et d’exprimer publiquement ses opinions.
Notons qu’un mausolée digne de ce nom et du rang de l’illustre disparu, est érigé à Singini, village natal du premier président congolais, nous sommes là dans la province du Bas-Congo, sur fond propre du gouvernement.
(CL/GW/Yes)
Célestin Lutete/MMC
Last edited: 25/03/2009 18:38:45