L’occasion de la Journée mondiale de la tuberculose sert d’évaluation de la situation de cette maladie dans le pays compris parmi 22 autres Etats du monde dans lesquels sévit cette pandémie et pour la lutte contre laquelle est lancée une mobilisation générale.
L’humanité commémore mardi, sous l’égide du partenariat « Halte à la tuberculose » (Réseau d’organisations et de pays qui luttent contre cette maladie), la Journée mondiale de la tuberculose sous le thème « S’engager pour la lutte contre la tuberculose ».
La journée a pour but de faire mieux connaître l’épidémie mondiale de la tuberculose et les efforts entrepris pour éliminer cette maladie.
La date du 24 mars de chaque année rappelle celle du 24 mars 1882 : un médecin allemand, le Dr. Robert Koch, avait présenté à un groupe de médecins réunis à Berlin, sa découverte du bacille de la tuberculose marquant par la même occasion, le début des efforts entrepris pour diagnostiquer et traiter la maladie. La tuberculose tue près de deux millions de personnes dans le monde chaque année.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 22 pays supportent 80% du poids de la tuberculose dans le monde. La République Démocratique du Congo est classée 11ème parmi ces 22 pays les plus touchés par la tuberculose dans le monde et vient en 5ème position en Afrique.
Les 22 pays les plus endémiques sont classés de la manière suivante : Inde, Chine, Indonésie, Nigeria, Bangladesh, Pakistan, Ethiopie, Afrique du Sud, Philippines, Kenya, RDC, Russie, Vietnam, Tanzanie, Brésil, Ouganda, Thaïlande, Mozambique, Zimbabwe, Myanmar, Afghanistan et Cambodge. En 2008, la RDC a détecté et soigné gratuitement environ 102.000 (cent et deux mille) cas de tuberculose.
Le pays connaît actuellement un taux de détection de 67% alors que le seuil recommandé par l’OMS est de 70%. Le taux de guérison de toutes les formes de tuberculose en RDC est de 81% alors que le taux recommandé par l’OMS est de 85%. Selon le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNT), la co-infection tuberculose – VIH/SIDA en RDC est difficile à évaluer parce que 10% seulement des malades tuberculeux ont accès au test au VIH. Les tuberculeux ont la volonté de se faire tester au VIH, mais ce test n’existe pas dans plusieurs structures sanitaires de la RDC.
Tuberculose, VIH et pauvreté
Selon l’OMS, un tiers de la population mondiale est actuellement infecté par le bacille de la tuberculose. Mais seulement 5 à 10% de sujets infectés présentent une tuberculose maladie au cours de leur existence. Deux principaux facteurs favorisent le passage de la tuberculose – infection à la tuberculose – maladie. Il s’agit de la sous-alimentation due généralement à la pauvreté et du VIH (Virus de l’immuno – déficience humaine) qui affaiblissent sérieusement le système immunitaire du corps, permettant ainsi au bacille tuberculeux de se réveiller et d’agir.
Le virus du SIDA et la tuberculose, qui accélérèrent mutuellement leur progression, forment une association meurtrière. Le VIH affaiblit le système immunitaire. Une personne séro-positive qui est aussi porteuse saine du bacille tuberculeux a beaucoup plus de risques de développer la tuberculose – maladie qu’une personne porteuse du bacille, mais qui est négative pour le VIH. La tuberculose est une cause majeure de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH. Elle est responsable de 13% environ des décès par SIDA dans le monde.
Le montant alloué à la lutte contre la tuberculose en RDC jugé modique
Le Programme National de lutte contre la tuberculose (PNT) en République Démocratique du Congo ne fonctionne qu'avec 50% de ses prévisions budgétaires, a dit le week-end le directeur a.i du programme, le Dr Jean-Pierre Kabuayi Nyengele, lors d'une interview exclusive à l'ACP à l'occasion de la Journée mondiale de la tuberculose qui sera commémorée le mardi 24 mars 2009.
Cette situation, a-t-il indiqué, ne facilite pas la lutte contre cette maladie meurtrière dont la RDC occupe le 5ème rang des pays africains les plus touchés, après le Nigeria, l'Ethiopie, l'Afrique du Sud et le Kenya.
Le plus grand bailleur de la lutte contre la tuberculose en RDC, a précisé le Dr Kabuayi, est le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme qui fournit la moitié du budget effectif du Programme National de lutte contre cette maladie. Les autres partenaires, notamment la Fondation Damien, la Coopération technique belge et l'USAID apportent l'autre moitié du financement de la lutte. Le gouvernement de la RDC contribue à la lutte contre la tuberculose en prenant en charge la rémunération du personnel et en assurant sa sécurité.
102.000 malades tuberculeux détectés et soignés en RDC en 2008
Le traitement de la tuberculose est gratuit dans les hôpitaux et centres de santé publics de la RDC. Selon le Directeur a.i. du PNT, 101.000 (cent et un mille) malades ont été détectés et soignés en RDC en 2007, alors qu'en 2008, le nombre de tuberculeux pour les mêmes opérations (détectés et soignés) est d'environ 102.000 (cent et deux mille). Il a rappelé que 96.000 (quatre-vingt- seize mille) tuberculeux ont été détectés et soignés en 2006 contre 97.000 (quatre-vingt-dix-sept mille) en 2007.
Le PNT et ses partenaires a encore dit le Dr Kabuayi, estiment à 67% le taux de détection de la tuberculose en RDC. Il y a donc au moins 33% de malades tuberculeux qui ne sont pas détectés et qui sont condamnés à mourir, faute de traitement. Pour l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le taux de détection de la tuberculose est performant dans un pays ou dans une communauté lorsqu'il est d'au moins 70%. Le Directeur a.i. du Programme de lutte contre la tuberculose en RDC a relevé le fait que quatre provinces sur onze ont un faible taux de détection de la tuberculose.
Il s'agit de la province Orientale et des celles du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema. Le climat d'insécurité qui empêche des gens de se rendre massivement dans les centres de santé et les hôpitaux a été évoqué comme étant la principale cause de ce faible taux de détection. Curieusement a fait remarquer le Dr. Kabuayi depuis la fin de la guerre dans la majeure partie de ces provinces, le taux de détection de la tuberculose n'y a pas augmenté.
La tuberculose est une maladie contagieuse provoquée par un microbe appelé "Bacille de Koch » et qui se propage par voie aérienne. Seules les personnes dont les poumons sont atteints (tuberculose pulmonaire), peuvent transmettre l’infection. Lorsqu’elles toussent, éternuent, parlent ou crachent, elles projettent dans l’air les germes de la maladie. Il suffit d’en inhaler quelques-uns pour être infecté.
Mais les sujets infectés ne développent pas nécessairement une tuberculose - maladie. Le système immunitaire du corps humain oppose un « rempart » antituberculeux qui peut rester quiescent pendant des années (tuberculose - infection). Lorsque le système immunitaire ne parvient pas à lutter contre l’infection, une tuberculose - maladie s’installe. Le thème de la journée mondiale de la tuberculose 2009 est « S’engager pour la lutte contre la tuberculose », rappelle-t-on.
Les communautés congolaises appelées à s’engager dans la lutte contre la tuberculose
Le Dr. Jean-Pierre Kabuayi, directeur intérimaire du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNT) a appelé lundi lors d’un point de presse animé au siège de cette structure du ministère de la Santé à Kinshasa – Lingwala, l’ensemble des communautés congolaises à s’engager dans la lutte contre la tuberculose célébrée le 24 mars de chaque année.
Il a présenté à la presse le plan stratégique 2006 – 2015 élaboré pour éradiquer cette pandémie. La lutte, a-t-il dit, est intégrée dans le système de santé dans la République Démocratique du Congo avec l’aide des organisations locales et internationales qui appuient le PNT pour sa concrétisation.
Le Dr. Kabuayi s’est dit satisfait des résultats réalisés dans cette sensibilisation qui a permis la prise en charge médicale des tuberculeux dont 81% arrivent à la guérison. Pour y parvenir, a-t-il signifié, le PNT fournit aux centres de santé publics et privés les moyens de diagnostiquer la maladie et les médicaments qui sont gratuits.
Parmi les défis à relever, le Dr. Kabuayi a souligné notamment l’alimentation équilibrée et régulière des patients, l’amélioration de la qualité des soins et la prise en charge médicale, le contrôle de l’infection dans des structures de santé et les ressources financières pour réaliser le programme 2006-2015 dont le coût global est estimé à plus de 500.000.000 USD (cinq cent millions de dollars américains. Le thème international choisi a fait savoir le Dr. Kabuayi est « Je stoppe la tuberculose, je m’engage, chacun peut agir ».
(DN/Th/Yes)
Acp
Last edited: 24/03/2009 16:40:43