Pour la deuxième fois un émissaire de la CPI en la personne de la greffière de cette cour onusienne de justice, la CPI, effectue actuellement une mission en RDC pour des échanges prévues avec les autorités congolaises, notamment autour du cas du chef de guerre Bosco Ntanganda recherché par la CPI
Madame « Silvana Arbia, greffière à la Cour Pénale internationale, est en visite à kinshasa. Elle compte rencontrer les autorités congolaises avant d’effectuer une tournée en Ituri. C’est donc dans le cadre de la Coopération entre la Rdc et la CPI que s’inscrit cette visite.
Partenaire fidèle et très coopératif de la Cour pénale internationale, Kinshasa a su donner ses preuves à plusieurs reprises. Il s’agit notamment de l’arrestation suivi du transfert de Thomas Lubanga et de Germain Katanga à La Haye. Action qui a poussé la greffière de la CPI à exprimer toute sa gratitude pour la coopération dont la Rdc a jusque-là fait Preuve.
C’était lors de sa première visite au mois de juin dernier. Saisissant la même occasion, elle avait émis le vœu de voir toutes les requêtes de coopération émanant de la Cour être traitée avec la même diligence que dans les deux premiers cas.
Aujourd’hui sa visite intervient dans un contexte quelque peu controversé. La Cour recherche activement Jean Bosco Ntanganda pour plusieurs crimes dont le recrutement forcé des mineurs en Ituri en complicité avec Lubanga. Mais pour des raisons stratégiques, liées à la consolidation de la paix à l’Est, le gouvernement de Kinshasa a décidé de remettre sa collaboration avec la Haye à plus tard.
Cette situation, on le sait, avait provoqué en son temps une levée de boucliers spectaculaires parmi les représentants de la Communauté internationale à Kinshasa. Ceux-ci refusaient d’assister à toute cérémonie officielle où l’ancien chef d’Etat-Major du CNDP était présent.
De son côté, la Monuc avait publiquement annoncé sa non-participation à toute opération militaire conjointe où Bosco serait impliqué. Mais, il est quand même utile de constater que depuis lors, beaucoup de choses ont évolué. La Mission onusienne a décidé de mettre beaucoup d’eau dans son vin. Elle est revenue aux bons sentiments et ne s’est plus opposée à participer à toutes les opérations Fardc-onuc même aux côtés de Ntanganda.
Ce retour à la raison, ou mieux, au réalisme, a constitué un signal fort venu de haut lieu au sein de la Communauté internationale. Il ne serait nullement hasardeux d’affirmer que même au niveau de la CPI on doit avoir entendu la cause de la Rdc. De toutes les façons, on ne traite pas un partenaire loyal avec rudesse pour un simple rendez-vous manqué.
Le Congo ne s’oppose pas au principe de poursuite engagé contre Bosco par la Justice internationale, comme on ne cessera jamais de le répéter, les crimes de l’ancien officier rebelle restent imprescriptibles. C’est-à-dire qu’il en sera poursuivi tout le temps de sa vie sur terre. Aussi, pour l’instant, le pays de Joseph Kabila privilégie la paix à la justice. Fut-elle internationale. Il ne renonce cependant guère à sa collaboration avec La Haye.
D’ailleurs, l’attitude de Mme Silvana Arbia semble traduire cette compréhension teintée d’indulgence. Elle n’a nullement fait allusion au dossier Bosco en public ni devant la presse. Ensuite, elle promet une visite en Ituri jadis fief de Ntanganda et de Lubanga pour une campagne de sensibilisation et d’explication. Elle tient à affranchir la population de ce territoire sur le rôle et le bien fondé de la CPI.
La démarche apparaît d’autant plus indiquée qu’en ce moment se déroule un procès contre un fils de ce coin de la République. Naturellement que certaines forces résiduelles de l’UPC peuvent tenter d’instiller la haine et la méfiance contre la justice internationale.
N’importe comment, il semble, eu égard aux signaux observés, que la CPI est loin de prononcer le divorce d’avec la Rdc.
(DN/Milor/GW/Yes)
Le Palmarès
Last edited: 17/03/2009 18:13:54