Par associations interposées, les Pygmées réclament 600.000 dollars d’indemnisation à l’Etat congolais et à l’ICCN qui les ont expulsés des forêts devenues Parc national de Kahuzi et Biega.
Par associations interposées, les Pygmées réclament 600 000 $ d’indemnisation à l’Etat congolais et à l’Institut congolais pour la conservation de la nature qui les ont expulsés des forêts du Sud-Kivu, devenues le parc national de Kahuzi et Biega. Des Pygmées sortent renfrognés du tribunal de grande instance de Kavumu, près de Bukavu, au Sud-Kivu, à l’est de la Rd Congo. « Après cette troisième audience, les juges ne rendent toujours pas le verdict. Ils complotent aussi centre nous », s’inquiète Jean-Pierre Kanejo, le chef de la communauté pygmée de Chatondo dans le territoire de Kabare, non loin de là. Maître Young Byamungu rassure son client, un quadragénaire : La procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique n’a pas été respectée.
Vous devez être indemnisés. Ils sont six familles de Pygmées à réclamer 600 000 $ à l’Etat congolais et à l’Institut congolais pour la conservation de la nature (Iccn) qui les ont progressivement délogés de leurs villages ancestraux dans les forêts de Kahuzi et Biega qui sont devenues un jardin zoologique en 1937 puis un parc national en 1965. Ce parc héberge les derniers gorilles de plaine et de nombreuses espèces d’arbres endémiques. Le procès est en cours depuis décembre 2008, mais le verdict n’a toujours pas été rendu.
C’est l’association. Environnement, ressources naturelles et développement (Enrd), soutenue par des ong occidentales, qui paie un collectif de 5 avocats et les frais judiciaires pour défendre ces Pygmées qu’elle a incités au procès. « Les peuples autochtones sont voués à la disparition et à l’extermination par l’extension du Parc national de Kahuzi Biega (Pnkb) dont la surface a été multipliée par 10 entre 1965 et 1975, explique sa secrétaire exécutive, Anny Mbombo. Ils n’ont pas été consultés selon l’esprit de plusieurs instruments juridiques internationaux et nationaux. Et maintenant, ils sont souvent arrêtés pour vols de haricot et de maïs dans les champs d’autrui. Selon elle, le procès évolue en faveur des Pygmées, mais les parties adverses tentent de le politiser au lieu de rester sur le plan de droit : « Le conseil d’administration de l’Iccn demande aux autorités provinciales de faire suspendre la procédure judiciaire ».
Manipulation ou encadrement
Du côté des associations de défense du parc, le son de cloche est bien différent. La chargée du monitoring à l’Iccn Bukavu, Chantal Shalukoma, cette chercheuse qui, dit-elle, côtoie depuis environ 20 ans des populations riveraines de ce site du patrimoine mondial, réplique : « Les Pygmées ne sent pas les souls à avoir été expulsés du Pnkb.
Il y a aussi des Bashi et des Ban yarwanda. Le gouvernement congolais avait enjoint au chef du groupement de Miti, d’octroyer des terres à tous ces expulsés ». Pour le chargé de la communication de World Wildlife Foundation for Nature (WWF/Fonds mondial pour la nature) à Bukavu, Isidore Kikukama, les Pygmées n’ont d’ailleurs pas à se plaindre.
« Le métissage et la socialisation font qu’il devient difficile de distinguer un autochtone d’un Bantou. Certains Pygmées se sont sédentarisés et font de l’agriculture, renchérit-il.
Ceux qui sont en procès actuellement représentent 6 familles de Pygmées qui s’estiment lésés, Pour A. Mbombo, ils ont été expulsés de leurs villages ancestraux dans la forêt et n’ont rien, ni terre, ni abri. « Le parc ne sera pas déclassé car les monts Kahuzi et Biega et la dense forêt les entourant continuent à amener des pluies abondantes dans la contrée en ces temps de changement climatique. Mais les peuples autochtones seront certainement indemnisés, espère-t-elle, à l’issue du procès.
C. Shalukoma réplique que la loi congolaise sur l’expropriation pour cause d’utilité publique prévoit des dommages et intérêts pour les immeubles et les cultures et non pour le sot. « Tel n’est pas le cas de ces autochtones nomades, cueilleurs et chasseurs, souligne-t-elle.
Cependant, pour les aider, son association Horizon nature a payé un champ communautaire de 3 ha où les Pygmées cultivent les ignames sauvages à Muyange dans le territoire de Kabare.
Ces Pygmées sont instrumentalisés à la fois par les associations de défense des droits des peuples autochtones et celles de la conservation de la nature estime la secrétaire générale de l’Association des femmes juristes du Congo (Afejuco), Julienne Mushagalusha.
« Tous les moyens sont bons pour recevoir des grosses sommes pour leur encadrement, conclut-elle. Cependant, A. Mbombo martèle, la main sur le cœur, qu’Ernd est actuellement sollicité par les Pygmées d’autres territoires proches du parc pour défendre leurs droits.
(Milor/PKF)
La Prospérité
Last edited: 17/03/2009 18:59:21