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Mobilisation au top des Congolaises dans les préparatifs ce week-end de la célébration de la journée du 8 mars dédiée à la Femme avec focalisation en RDC sur le thème de la lutte contre les violences sexuelles et le leadership du Genre, fer de lance de l’action du ministère de tutelle dirigé par Mme Lukiana

Le 8 mars, c’est la journée décrétée par la communauté internationale pour porter un regard particulier sur la condition de la femme et attirer l’attention des gouvernements sur la nécessité de lui garantir sécurité et dignité.
 
En son édition 2009, l’attention est focalisée sur la lutte contre les violences faites aux femmes, en insistant sur l’implication de l’homme pour combattre ce fléau qui diminue l’être féminin. Et ce, à travers le thème : « Homme et femme unis dans la lutte contre les violences faites aux femmes ». La RDC aborde ce thème en mettant l’accent sur « le leadership agissant de la femme dans la lutte contre le VIH/Sida ».
 
Les violences faites à la femme, particulièrement le viol et le Vih/Sida sont, dans ce contexte, considérées comme armes de guerre. Ce thème, très profond dans un pays post-conflit mérite compréhension et sensibilité d’abord de la part des femmes dont le leadership est sollicité dans la lutte. Ensuite, les hommes qui sont pour la majorité des auteurs de ces crimes que dénoncent aujourd’hui les femmes en RDC. Enfin, les autorités qui sont appelées à mettre en place et faire appliquer des lois pour réprimer toute forme de violences faites à la femme.

A propos, le leadership agissant qu’on recommande à la femme dans la lutte contre les violences qui lui sont faites ne se résume pas seulement dans les manifestations populaires. Cela doit faire partie de son mental. Et pour y parvenir, elle doit, elle-même, monter au créneau pour faire prévaloir ses droits et se faire respecter dans ce monde compétitif où rien n’est donné gratuitement. A ce stade, revient la question de son implication dans les instances de décisions, les seuls lieux où elle peut faire prévaloir ses idées et autres stratégies et convaincre afin d’obtenir la libre voie pour atteindre ses objectifs. Or, en RDC, la représentativité des femmes n’est pas d’actualité.
 
Les femmes connaissent, elles-mêmes, les vraies causes de leur sous-représentativité. Toutefois, au-delà des pagnes imprimés pour la circonstance, des cérémonials et toutes autres activités sans doute très médiatisées, que ce 8 mars serve de cadre d’interpellation de chaque Congolaise sur la manière dont elle procédera pour s’assurer le vrai leadership permanent et agissant non seulement dans la lutte contre les VIH/Sida et les violences sexuelles, mais aussi dans l’amélioration de son statut social.
 
Quant à l’implication des hommes dans cette lutte, il faut reconnaître qu’une situation de violence suppose deux personnes. C’est soit d’un homme à une femme ; soit d’homme à homme. Dans la situation de conflit qui a prévalu en RDC, les hommes sont pointés du doigt comme auteurs de viols qui ont aussi contribué à la propagation du VIH/Sida. Mais cela va de même dans la situation de paix où l’on dénonce la traite des êtres humains, la violence familiale ou domestique, des crimes commis au nom de l’honneur ou de la passion, des mariages précoces, la mutilation génitale féminine, etc.

C’est seulement avec l’implication de l’homme dans la lutte que l’on peut mettre fin aux violences faites à la femme.
 
Outre le leadership de la femme et l’implication de l’homme dans la lutte contre les violences sexuelles, il y a la loi qui doit agir contre l’impunité des violences faites à la femme. La loi sur la répression des violences sexuelles existe en RDC depuis juillet 2006, mais son application balbutie encore malgré la campagne « tolérance zéro » lancée à travers le pays. D’où l’impérieuse nécessité de revigorer cette loi pour que les auteurs de violences soient punis. Ce qui contribuera aussi à l’éradication de ce fléau.

Soutien des Nations Unies au gouvernement en faveur de la dignité de la femme

Les activités marquant la célébration de la journée internationale de la femme ont été lancées le jeudi 5 mars 2009 au cours d’un point de presse tenu en la salle des réunions du PNUD. Toutes les agences des Nations Unies ont réitéré leur engagement à soutenir le gouvernement congolais à construire la dignité de la femme.

Le 8 mars, la Journée internationale, constitue chaque année un moment d’évaluation de la situation de la femme à travers le monde et particulièrement dans chaque pays. C’est aussi un moment d’interpellation de la conscience de chaque homme et femme afin de canaliser les énergies pour améliorer le sort de la femme et sa dignité.
 
Partie prenante dans cet exercice, les agences des Nations unies ont livré leurs différents engagements dans la perspective de réhabiliter la femme congolaise dont le statut est meurtri par les violences, particulièrement les violences sexuelles et le VIH/Sida dans un contexte de conflit armé.
 
Dans son message, le coordonnateur résident du PNUD, Ross Mountain, a souligné la nécessité de parler d’une seule voix pour soutenir le gouvernement de la RDC à construire la dignité de la femme. Selon lui, les violences sexuelles faites à la femme nous rendent tous responsables et méritent d’être dénoncées. Concernant le VIH/Sida, il a souligné que ce fléau est une forme de violence et constitue une préoccupation qui est au cœur des stratégies d’intervention des agences du système des Nations unies.
 
Chacun à son tour, les représentants de l’UNFPA, UNIFEM, UNICEF, OMS, UNESCO, FAO, BIT ont présenté les différentes activités menées en partenariat avec le gouvernement congolais pour restaurer la femme dans sa dignité. Ils ont également livré leurs perspectives pour l’année 2009 dans le sens du renforcement des activités de la lutte contre les violences faites à la femme et contre le VIH/Sida.
 
De toutes leurs interventions, des axes majeurs peuvent être retenues par rapport au thème « Hommes et femmes unis dans la lutte contre les violences faites à la femme et aux jeunes filles ». Il s’agit de la lutte contre l’impunité, la promotion des droits de la femme, l’assistance à la représentation significative de la femme dans les postes de décision, la prise en charge holistique des victimes de violences, etc. Ajoutant à cela le thème national, « Le leadership agissant de la femme dans la lutte contre le VIH/Sida », les représentants des agences du SNU ont insisté sur la prise en charge des PVV, PVA et des orphelins, insistant sur la prévention au niveau de toutes les catégories de la population.
 
Question de dignité humaine

Chaque agence a, selon sa spécificité, fait l’essentiel de son intervention afin que le combat aboutisse à des résultats satisfaisants. Pour l’UNFPA, il est temps de punir sévèrement les auteurs de viols, à travers l’application de la loi nationale. Dans le même sens, le PNUD ajoute qu’une implication massive des femmes dans des postes de décisions permettra de relever le défi.
 
De son côté l’UNIFEM souligne que les violences faites aux femmes reconnues comme une question de développement et de sécurité humaine, constituent avant tout une question de dignité de la femme. Cela implique la responsabilité de tous, car elle exige beaucoup de moyens pour la réparation des dégâts tant physiques que psychologiques qu’elles causent chaque jour.
 
L’UNICEF, qui s’occupe de la promotion et de la protection des droits de l’enfant s’attelle, pour sa part, sur le sort des enfants nés des viols et qui sont souvent infectés au VIH. Son intervention se focalise sur la prévention, la protection des enfants affectés et infectés, la prévention de la transmission de la mère à l’enfant et les soins pédiatriques. A noter que l’UNICEF s’investit aussi aux soins des enfants qui sont exploités dans les carrières minières. Ces derniers sont exposés à toute formes de violence. Il encourage les victimes de viols qui acceptent de témoigner pour décourager leurs bourreaux. Car le silence qui entoure ce fléau est aussi à la base de l’impunité.

Représentée par son directeur de cabinet, la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Marie-Ange Lukiana, a encouragé les contributions de chaque agence dans la lutte contre les violences faites à la femme et à la jeune fille et contre le VIH/Sida. Elle a exhorté les unes et les autres à soutenir l’action du gouvernement relative à la promotion de la femme. Elle a fait savoir que le gouvernement a pris deux grandes décisions, à savoir la création des services de lutte contre les violences sexuelles et du Fonds pour la protection de la femme et de l’enfant tout en insistant sur la continuité de la campagne de lutte contre les violences faites à la femme, « Je dénonce », tout au long de l’année 2009.

(DN/Ern./Yes)

Raymonde Senga Konsi/Le Potentiel



Last edited: 07/03/2009 14:42:37

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