Par rapport au temps que j’ai mis pour concocter mon œuvre, le seul album en gestation qui me fait peur est celui de Salvartore de la Patria JB Mpiana. Pensez combien d’années Mukulu a mis pour préparer « Chemin de fer ».
L’orchestre Viva la Musica de Papa Wemba est présentement au mieux de sa forme. Cela est le résultat du travail de sape des musiciens talentueux qui évoluent au sein de cette formation musicale dont le n° 10 Toube Apocadero, autrement appelé « Ya Jean Bampema » à cause de sa voix pleine de saveur.
C’est bien ce chanteur qui actuellement est en train de mettre la dernière main sur un tonitruant album intitulé « Tribune d’honneur » qui a bien voulu nous accorder l’intéressante interview que nous publions ci-dessous.
Avenir Détente : L’orchestre Viva la Musica vient de totaliser 32 ans d’âge, cela, eu égard au premier concert, mieux à la sortie officielle de cette formation musicale qui a eu lieu le samedi 26 février 1977 au dancing « Type Ka » dans la commune de Kinshasa, dites-nous un peu, d’après vous, sans complaisance, comment se dresse aujourd’hui le bilan de ce groupe musical ?
Toube Apocadero : Sans complaisance comme vous l’avez dit, je vous dis que le bilan de Viva la Musica pour ses 32 ans de vie est de plus positif. Retenez qu’en 1977, Papa Wemba n’était pas le même que nous le connaissons aujourd’hui. Beaucoup de choses ont changé.
A cette époque, il n’avait même pas un album sur le marché, il n’était pas encore plébiscité comme présentement. Aujourd’hui, Papa Wemba a cumulé des titres, obtenu autant des disques d’or pour ses albums et, il occupe une place de choix dans le giron de la chanson congolaise moderne.
Il est l’un des patrons de l’Union des Musiciens Congolais et aussi tête d’affiche du consortium Viva la Musica. Papa Wemba, de par ses actions, continue toujours à défendre tant au pays qu’à l’étranger par rapport au nombre d’années que vient de passer Viva la Musica. Tout cela pour vous dire que le bilan de notre orchestre est de plus positif. Voilà.
A.D. : On reconnaît Papa Wemba comme le patron de l’orchestre Viva la Musica mais, qu’est-ce qui fait qu’en dehors de ce groupe, il en a créés d’autres tant à Kinshasa qu’en Europe. Comment arrive-t-il à gérer toutes ses structures ?
T.A. : C’est parce que le groupe a grandi. Prenez mon exemple, lorsque j’avais 20 ans, j’étais seul et sans enfant. Mais, à 35 ans j’étais déjà parent avec des enfants comme Aristote, Rubens, Séphora, Jaelle, etc. Donc à 32 ans, ce n’est que normal que Viva la Musica puisse aussi avoir des enfants.
Après 10 ou 15 ans l’orchestre TT Wenge Musica Bcbg 4x4 a eu plusieurs enfants tels que « Wenge Bcbg », « Wenge Musica Maison Mère », « Wenge El Paris » de Marie Paul, « Wenge Référence » de Manda Chante, « Wenge Tonya Tonya » d’Adolphe Dominguez, à fortiori « Viva la Musica » qui est l’aîné doit en avoir plus n’est-ce pas ? C’est ainsi qu’il y a « Molokaï Stars », « Viva la Musica », « Cour des Grands », « Bana Malongi », « Les Bagarreurs » qui font partie du consortium de Papa Wemba le vieux Fula Ngenge.
A.D. : Vous êtes l’une des voix autorisées de Viva la Musica. Pouvez-vous, par rapport à cela, nous dévoiler le secret de la réussite de Papa Wemba ?
T.A. : Deux choses sont à la base de la réussite de Papa Wemba : l’amour qu’il a de son travail ainsi que l’espérance. Il savait qu’il vente ou qu’il pleuve, Dieu guidera ses pas et il réussira et parviendra à donner de la valeur à son travail ainsi qu’à son œuvre. C’est cela le secret de la réussite de Papa Wemba.
A.D. : Il y a une décennie depuis que vous avez fait votre entrée au sein de l’orchestre Viva la Musica, nous aimerions savoir combien d’albums avez-vous produits jusque-là ?
T.A. : J’ai composé beaucoup de chansons et la première que j’ai sortie dans Viva la Musica s’intitule « Eyano » dans l’album « A la Une » que j’avais dédié à Landy Futila qui sera suivi de ma deuxième chanson « Ewawa » contenue dans l’opus « Somo trop ». Et comme je viens de totaliser 10 ans de prestation au sein de Viva la Musica, Papa Wemba, mon patron, vient de m’autoriser à faire mon premier album. C’est ainsi que je suis en train de finaliser « Tribune d’honneur » qui renferme une dizaine des titres.
A.D. : Et pourtant il y a plus de 4 années aujourd’hui depuis que nous avons entendu parler de cet album qui s’intitule « Tribune d’honneur » avec toujours l’accord de Papa Wemba et que c’est la « Fondation Bon Samaritain » qui devrait produire ce long play et depuis lors, rien n’a été fait. Croyez-vous cette fois-ci que se sera la meilleure ? Qui est alors le producteur de votre œuvre ?
T.A. : Je suis sûr maintenant et même fier de vous dire que l’album « Tribune d’honneur » sort bientôt dans les bacs. Avant la fin du mois de juin 2009, cet opus sera déjà lancé. Si rien n’avait marché avec la « Fondation Bon Samaritain », les conditions sous lesquelles je devrais travailler étaient loin d’être respectées.
Nous ne nous sommes pas mis d’accord avec cette fondation j’ai alors décidé de changer mon fusil d’épaule. Aujourd’hui je viens de trouver un bon producteur qui est d’accord à remplir toutes les conditions exigées et d’ici le mois de juin, comme je l’ai dit tout à l’heure, les mélomanes vont danser au rythme de l’album « Tribune d’honneur ».
Cependant, par rapport au temps que j’ai mis pour concocter mon œuvre, le seul album en gestation qui me fait peur est celui de Salvartore de la Patria JB Mpiana. Pensez combien d’années Mukulu a mis pour préparer « Chemin de fer », vous conviendrez avec moi que les bonnes choses se préparent lentement.
J’ai pris 4 ans pour préparer « Tribune d’honneur » alors que JB Mpiana en a eu plus. Sachez qu’à la sortie de son album, la donne va changer sur le marché du disque. Bref, il faut prendre du temps pour présenter un bon travail…
A.D. : Si ce n’est pas une indiscrétion, qui est le nouveau producteur qui a accepté de sortir « Tribune d’honneur » ?
T.A. : C’est la maison « Shungu Production Sprl ». Pour éclairer la lanterne de vos milliers de lecteurs en regardant la pochette de l’album « Bazonkion », ils remarqueront que cette structure là existe depuis des lustres. Jusque là elle a roulé sous l’identité de « PW Productions ». Pour des raisons évidentes de positionnement, elle vient d’opter pour l’appellation « Shungu Production Sprl ».
A.D. : L’album « Tribune d’honneur » comporte combien des titres ?
T.A. : Il comporte en tout dix titres dont le générique intitulé « Tribune d’honneur », il y a aussi « Nzete ya mbila », « Coquérico », « T’es où ? », « Sabalo », « Grand Mayas », « Liwa », « Ilobienne », « Socra Uomo »,…
A.D. : Qu’est-ce qui a poussé le chanteur Al Patino à quitter l’orchestre Viva la Musica ?
T.A. : C’est comme au sein de toute famille un enfant devenu majeur se sent capable d’aller fonder son foyer loin du toit paternel. C’est ce que Al Patino a fait. De même qu’avant lui d’autres enfants de la grande famille Viva la Musica l’avaient aussi fait. Je citerai Vieux King Kester Emeneya, Reddy Amisi, Stino Mubi, Lidjo Kwempa, … Il se pourrait qu’un jour moi aussi, ayant atteint un certain âge, je m’en irai fonder mon foyer loin de la maison parentale. Je ne serais pas dans Viva la Musica à l’âge de 70 ans.
Cela ne veut pas pour autant dire que l’identité de ma famille est changée. Non ! C’est de même comme je suis le fils Kakodi, toutes celles et tous ceux qui sont issus de cette famille les resteront à jamais, c’est-à-dire qu’Elise, Nico et les autres sont des Kakodi. Personne ne viendra changer cette identité qui est une marque déposée de ma famille biologique.
Ce principe, je le cadre aussi avec l’entreprise Viva la Musica au sein de laquelle j’évolue. Tous nous sommes les enfants de « Molokaï » avec le sang « Viva la Musica » qui circule dans nos veines. Au fur et à mesure qu’on grandi on s’en va fonder son foyer ailleurs comme « Victoria Eleison », « La Casa do Canto », « Chiffre 7 contre mur », etc.
A.D. : Vous êtes tous les enfants d’une même famille. Que dites-vous de la mort de votre « frère » Al Patino ?
T.A. : Que son âme repose en paix. C’est Dieu qui l’a voulu ainsi. Aujourd’hui c’est son tour. Demain, peut-être, ce sera mon tour où celui d’un autre, nous ne pouvons que nous incliner devant la volonté de l’Eternel. Mais, d’ici là, je demande que la terre de nos ancêtres soit douce et légère à Al Patino que je n’oublierai jamais.
A.D. : Quels sont les projets les plus imminents de l’orchestre Viva la Musica ?
T.A. : Tout de suite là, nous projetons la finalisation de mon album « Tribune d’honneur ». Et nous songeons aussi à la préparation du 60ème anniversaire de naissance de Papa Wemba ainsi que de 32 ans de vie de l’orchestre Viva la Musica. Ce double anniversaire va être sablé au même moment au mois de juillet prochain. Qu’on n’oublie surtout pas que nous sommes en pleine préparation de l’album « Kemafumbe » de Papa Wemba joué dans le style de la world music.
A.D. : Quels sont alors vos projets en tant qu’artiste ?
T.A. : Après le finissage de la première partie de mon album, je vais chercher à avoir des visas pour aller faire le mixage et le mastering dans des bonnes conditions sous des cieux plus performants. En plus, je vais m’atteler pour assurer une bonne promotion à mon œuvre.
A.D. : Avez-vous un dernier mot ?
T.A. : Je remercie le journal L’Avenir qui a toujours contribué à l’évolution de notre musique en publiant des informations de bonne facture. Je remercie aussi le Pdg Pius Mwabilu, l’homme du peuple, ainsi que tous ceux qui me soutiennent. A tous, je sollicite une attention toute particulière afin de réserver un accueil chaleureux à l’album « Tribune d’honneur ». Je vous aime tous.
(BT/Yes)
Propos recueillis par Kingunza Kikim Afri/L'Avenir
Last edited: 07/03/2009 09:32:07