C’est devenu une coutume en RDC. Pour n’importe quelle position on va s’adresser à la MONUC. La conviction qui préside cette démarche cavalière, c’est que ses auteurs croient ou restent convaincus que la mission onusienne possède un mandat de souveraineté en RDC. A ce rythme, parions que demain pour une simple question civile ou même matrimoniale, Alain Doss se verra désormais saisi, s’il ne l’est déjà pas. Pourtant à ce que l’on sache, la MONUC ne possède aucun mandat politique en RDC. Son intervention dans ce pays se limite exclusivement à accompagner totalement le processus de paix au pays. Pour sa réalisation, la paix a besoin de la politique comme un des ingrédients fondamentaux. Mais elle ne peut se substituer à la politique. Le faire, trahirait un machiavélisme foncier qui se pose complètement en porte-à-faux face aux normes en la matière.

La politique, comme la défense font partie du domaine exclusif de la souveraineté nationale. Seulement, mieux que tout autre domaine, la politique constitue l’épicentre des afférentes expressions souveraines et même souverainistes d’un pays. C’est pour cette raison fondamentale que la MONUC, comme l’Eufor ont reçu un mandat de simple, accompagnateur au Congo. A la présidentielle, comme aux législatives de 2006, leur rôle n’allait pas au delà de l’incontournable nécessité d’encadrement d’un processus redouté par plusieurs. Partant, ce sont les Congolais et eux seuls qui avaient l’obligation d’élire et de se faire élire. A la communauté internationale revenait l’obligation d’accompagner le peuple congolais. Sans plus.

L’écharde

Mais au regard du comportement presque et souvent infantile d’une certaine frange de l’opinion publique nationale, le pays se trouve, malgré lui, entraîné bien au-delà du raisonnable. Ainsi trouve-t-­on des compatriotes, obstinés à confier à la MONUC un autre rôle que celui prédéfini transformer la mission onusienne en gendarme de l’Etat congolais. Ce qui, précisons-le, ne déplait nullement à Alan Doss qui, à l’instar de William Swing, adore jouer au super­ monarque en RDC et dans la région des Grands lacs.

Sinon, comment comprendre et expliquer que des syndicalistes d’une entreprise d’économie mixte (mais nationale en réalité), la MIBA en l’occurrence, aient désigné la MONUC comme l’ultime rempart à leurs revendications? Et chose pour le moins curieuse, Alan Doss et sa mission se sont complus à la forfaiture. Recourir à la MONUC face à une question nationale démontre que les auteurs de la démarche restent intimement convaincus que cette dernière détient le pouvoir régalien au Congo. Sinon, ils ne se seraient nullement engagés dans un tel processus. Suivant ce qui précède, en s’illustrant publiquement dans ce rôle d’institution « suprême », la MONUC conforte l’imposture dans l’imaginaire populaire.

Pourtant, cette représentation de la communauté internationale possède une mission claire, garantir l’intégrité territoriale de la RDC, accompagner celle-ci dans son douloureux processus de mise sur pied de la paix et de la stabilité dans les Grands Lacs. Ban Ki-Moon, encore moins Alan Doss n’ont reçu aucun mandat populaire en RDC. D’où vient qu’ils acceptent sans gène ni honte de recevoir les réclamations de la population congolaise sur des questions purement intérieures et souveraines? Même si nous acceptons par l’absurde que des Congolais souffrent d’impaiement, qu’une série d’entreprises publiques menace de fermeture, en quoi cela regarde-t-il la MONUC ou Alan Doss ?

Hypocrisie insupportable

Aller désormais s’adresser à la MONUC même pour un simple conflit parcellaire parait vraiment normal à certains compatriotes que de tenter d’évacuer le prétexte Fdlr avec le Rwanda. Au nom de cette hypocrisie, il devient suicidaire de régler directement cette dernière question dans le cadre restreint des Grands Lacs que de s’adresser à Alan Doss. Puisqu’il en est ainsi, que ce dernier attende 2011 pour se présenter aux urnes et apporter l’expertise dont il semble se prévaloir aujourd’hui devant la nation. Sans quoi, il serait autant ridicule d’attribuer à la MONUC un rôle qui ne lui est nulle part reconnu qu’a cette dernière d’accréditer la thèse d’une tutelle internationale. Autrement, demandons carrément à Alan Doss de se muer en citoyen congolais. Parce que s’il ne le fait, sa démarche actuelle frise ni plus ni moins un coup d’Etat...

(TH/DN/CL/PKF)


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