Le Secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon qui venait de rencontrer le président Joseph Kabila à Kisangani a visité le camp des déplacés de guerre de Kibati près de Goma où il s’est déclaré tellement ému par le désastre humanitaire constaté et causé par les crimes divers commis au Nord-Kivu qu’il en a exigé des sanctions sévères
Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, a achevé par Goma, dimanche 1er mars, une visite de 48 heures en R-dC. Avant de se rendre à Kigali, au Rwanda, il a visité un camp des déplacés de guerre à Kibati, non loin de Goma.
Ban a défendu samedi La mission de maintien de La paix dans ce pays, la MONUC, en proie aux critiques pour ne pas avoir su protéger les quelque 1.500 civils tués par les rebelles ougandais depuis six mois.
Il a rappelé que le mandat de la MONUC était de soutenir l’action des autorités congolaises, pas de s’y substituer, et a souhaité une meilleure collaboration entre la force de l’ONU et le gouvernement de Kinshasa.
A l’issue d’une rencontre à Kisangani avec le président Joseph Kabila Kabange, le patron de l’ONU a réfuté les accusations formulées récemment par des organisations humanitaires et d’autres acteurs et pris la défense des casques bleus, affirmant que la MONUC avait « sauvé des dizaines de milliers de vies. « Le mandat de la MONUC est de soutenir l’action des autorités et institutions congolaises, pas de s’y substituer », a déclaré M. Ban. « La MONUC travaille à étendre l’autorité de l’Etat et à établir l’état de droit, qui sont les seules garanties de la paix et de la stabilité dans la région ». Selon ses détracteurs, la mission de la MONUC et de ses 17.000 casques bleus est un échec. Cette force est la plus importante et la plus coûteuse de celles engagées par l’ONU à travers le monde et dispose du mandat le plus fort jamais accordé à des troupes de l’ONU pour faire usage de la force en vue de protéger les civils. Malgré ces dispositions, la MONUC n’a pas été en mesure d’empêcher le massacre de plus de 1.500 civils depuis septembre par les rebelles ougandais présents en RDC.
Lors de son séjour, Ban a rendu visite à Goma aux femmes victimes des violences sexuelles prises en charge dans un centre hospitalier.
Selon des fonctionnaires de la MONUC, Ban serait venu en Rd.Congo pour apporter une sorte de « caution morale » de la communauté internationale aux opérations militaires conjointes entre la RDC et ses voisins rwandais et ougandais en vue du retour rapide de la paix et de la stabilité dans la région des Grands lacs. D’autant plus que « la situation en RDC continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans cette région », soulignent-ils.
Les mêmes sources indiquent par ailleurs que si Ban se félicite du « succès relatif » de ces opérations militaires, il a fait part au président Kabila des « préoccupations humanitaires » de la communauté internationale, notamment la « protection des populations civiles contre les éventuelles représailles des rebelles FDLR et LRA ».
Ces préoccupations, précisent-ils, sont contenues dans la résolution 1856 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies en date du 22 décembre 2008. Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de proroger le déploiement de la MONUC jusqu’au 31 décembre 2009 et autorisé le maintien jusqu’à cette date d’effectifs militaires pouvant atteindre 19.815 personnes.
Dans cette même résolution, le Conseil de sécurité demande à la MONUC d’attacher la plus haute priorité à la réponse à apporter à la crise des Kivus, en particulier en ce qui concerne la protection des civils, et de concentrer progressivement son action en 2009 dans l’Est de la Rd.Congo ». Pour cela, la MONUC se doit de « collaborer étroitement avec le gouvernement de la Rd.Congo ».
Dans ce mandat, la priorité est donc accordée à la protection des civils, du personnel humanitaire, ainsi que du personnel et des installations des Nations Unies ». Et dans le cadre de cette collaboration, font remarquer ces fonctionnaires de la MONUC, Ban Ki-Moon aurait donc sollicité du président Kabila le « renforcement vigoureux » de la présence des troupes de la Mission dans l’Est pour protéger les populations civiles se trouvant sous la menace imminente des violences.
De cette façon, la MONUC va contribuer à l’amélioration des conditions de sécurité dans lesquelles est apportée l’aide humanitaire, et aider au « retour volontaire des réfugiés et des personnes déplacées ». C’est dans cette perspective, rappellent ces sources, que le secrétaire général de l’ONU est allé « à l’écoute » des femmes victimes des violences sexuelles à Goma et des personnes déplacées à Kibati. Emu par les récits et les témoignages des uns et des autres, Ban exige de La part du gouvernement des « sanctions » contre les auteurs des violences à l’Est du pays.
(DN/Ern./GW/Yes)
Tonyngangar/Le Soft International