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Le rapport annuel du Département d’Etat sur les droits de l’homme fait figurer la RDC sur la liste de onze pays indexés pour atteinte à ces droits, alors que de l’avis d’analystes et spécialistes en la matière il s’agit d’une indexation arbitraire pour n’avoir pas pris en compte les enseignements des précédents rapports.

Hilary ClintonLe Département d’Etat américain vient de rendre public son rapport annuel sur les droits de l’homme. Onze pays sont indexés, parmi lesquels la RDC. Mais au regard des critères de sélection des pays candidats à ce rapport, il apparaît sans aucun doute que le Congo figure de façon arbitraire sur la fameuse liste. Ce qui fait dire à plusieurs analystes que soit la nouvelle administration américaine n’a pas relu le rapport de ses prédécesseurs soit, elle l’a fait, mais a oublié de rendre justice au pays de Patrice Lumumba.

La première chose qui saute aux yeux quand on parcourt ce rapport, c’est l’incapacité d’appliquer le critère fondamental de l’indexation à la Rdc. Ce critère veut que toutes les violations imputées soient le fait d’un gouvernement souverain qui développe une politique officielle de répression Ainsi en va-t-il de la Chine dont le rapport établi clairement que « le bilan » du gouvernement chinois en matière des droits de l’homme est, resté mauvais et s’est aggravé dans certaines régions » Le rapport cite notamment la répression des minorités ethniques dans la région autonome Ouighoure du Xin Jiang et au Tibet.

Un peu plus loin, le document dénonce les éliminations, et tortures infligées aux opposants, le harcèlement subi par les dissidents, les défenseurs des droits de l’homme ainsi que leurs avocats, précisément durant la période des jeux olympiques. Presque le même constat accable dix gouvernements, sauf la Rdc. Concernant l’Egypte par exemple, l’on nous renseigne que le gouvernement de ce pays accuse un déclin du respect des libertés d’expression, de la presse, d’association, et religieuses ».

Dans la foulée, l’arrestation des blogueurs a été citée. Mais en ce qui concerne la Rdc, le département d’Etat ne cite aucun fait imputable au gouvernement en tant que structure étatique. Tous les cas de violation des droits humains couvrent l’Est du pays et restent imputables, c’est le rapport qui l’avoue, aux milices qui pullulent dans cette partie de la République. Signalons que ce rapport prend en compte la situation ayant prévalu en 2008.

Contrairement à tous ses pairs, l’Ouzbékistan, la Blélorussie, la Birmanie et tout le reste, le gouvernement congolais ne se trouve nulle part accusé comme cerveau moteur planifiant et organisant des pratiques à l’antipode du standard en droit humanitaire international. Il se pose de ce fait un sérieux problème de procédure et de fond dans la stigmatisation d’un pays dont le gouvernement ne souffre d’aucune charge.

C’est là la première erreur de la nouvelle administration américaine qui, tout bien considéré, est une monstruosité aux conséquences graves. Cela revient désormais à dire que puisque la criminalité bat son plein à Harlem, puisque on y tue ou on y viole une personne presque chaque seconde, il y a absence flagrante des droits de l’homme aux Etats-Unis.

Au nom de l’honnêteté

Tout le monde sait que l’instabilité à l’Est de la Rdc avec son cortège de violation des droits de l’homme, n’engage en rien la responsabilité du Congo officiel. On pourrait même être tenté de dire, le rapport de l’Onu sur la question nous l’autorisant, que c’est le Rwanda qui en est comptable. Alors pourquoi faire figurer le Congo dans un fourre-tout où sa présence ne tient à aucun fil ?

On sait que ce document est le fruit du travail abattu par Condoleeza Rice et son équipe. Même si cela ne dédouane guère l’administration Obama qui devait prendre la responsabilité de séparer le bon grain de l’ivraie. Ou de préciser que le cas du Congo    présentait l’exception de n’être pas un manquement du gouvernement.

La deuxième erreur, c’est de n’avoir nullement tenu compte de la nouvelle dynamique de paix et de stabilité qui prend la naissance à l’Est. Cette dynamique qui est l’oeuvre d’une courageuse décision des autorités congolaises méritait d’être salué à juste titre. L’opinion publique internationale n’est guère rompue aux méandres de la réflexion. Elle n’aura par conséquent pas le temps de comprendre que loin d’en être l’auteur attitré, le Congo reste la victime des violations des droits de l’homme stigmatisées sur son sol. Le simple fait de figurer sans autre forme de procès sur la liste des onze suffit à convaincre plusieurs sceptiques que le gouvernement congolais n’est en rien différent de celui de la Tunisie ou de la Corée du Nord. Pourtant, le fossé est vraiment abyssal.

Comment comparer un pays où le système déclaratif a permis l’existence d’autant de titres de presse écrite qu’il y a des journalistes à ces champions de la répression ? Ne comptons pas encore les chaînes de télé. Domaine dans lequel le Congo n’a pas d’égal en Afrique. Mais rappelons plutôt que depuis le 6 décembre 2006, certains chevaliers de la plume au Congo écrivent n’importe quoi au point d’inventer carrément des inepties contre le gouvernement sans jamais être le moins du monde inquiétés. De même nul ne saurait oublier que la liberté d’opinion a atteint en son temps les limites du pis-aller de sorte que le Chef de l’Etat était « assassiné » chaque jour par la rumeur. Aucune chasse à l’homme n’avait été entreprise.

La dernière erreur de l’administration Obama, c’est la contradiction. Encore Sénateur, l’actuel locataire de la Maison Blanche avait réussi à faire voter une loi au Congrès en faveur de la Rdc. Il avait personnellement été choqué par les exactions perpétrées par les groupes armés incontrôlés. Avant son entrée en fonction, Il est allé jusqu’à menacer les Etats qui déstabilisent la Rdc dans sa partie Est. Donc Barack Obama sait très bien que la violation des droits de l’homme dans cette partie du pays demeure, imputable à l’action déstabilisatrice de nos voisins ainsi que des milices qu’ils instrumentalisent.

Son administration est à ce point consciente de cette réalité qu’elle s’est empressée de soutenir sans réserve les opérations conjointes Rdc-Rwanda. En tout cas, au nom de l’honnêteté intellectuelle, Washington doit rayer la Rdc de sa liste. A moins que le pays de l’Oncle Sam ne poursuive un agenda caché.

(DN/Th/GW/Yes)

Le Palmarès



Last edited: 27/02/2009 16:35:21

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