Depuis des décennies, dans le monde musical moderne congolais, les femmes n’occupent plus les premières places dans les hits tropicaux.
Rose Isheka dit « la mama Rosa » a une longue carrière prometteuse devant elle puisqu’elle a de quoi tenir. Elle chante exactement comme la cantatrice Mbilia Bel. Mais, elle n’est pas encore Mbilia Bel.
Petit poisson deviendra grand, dit-on la condition que le bon Dieu lui prête longue vie. La précision est de taille. En effet, notre pays regorge beaucoup de talents dans le monde musical.
Mais, sans producteur, nos talents ne restent que l’ombre d’eux-mêmes. Or, encadrés et lances sur le marché du spectacle et du disque, ces artistes peuvent rivaliser avec les plus grands noms du continent et même des environs.
Les abandonner è leur triste sort, cela ressemble à un assassinat culturel qui ne dit pas son nom, c’est Mbilia Bel, Mpongo Love; Tshala Muana, ou autres Mukangi Déesse qu’on assassine.
Vie et oeuvre musicale
Rose Isheka est née dans une famille nombreuse où la particularité est de chanter la merveille. Mais contrairement à ses frères et soeurs, « La mama Rosa » n’a jamais presté dans une chorale ou même dans un groupe musical quelconque. Après avoir réussi avec brio ses scolarités primaires et secondaires chez les frères maristes de l’école Bobokoli à Binza-Delvaux dans la commune de Ngaliema, pour des raisons personnelles, « La mama Rosa » a préféré se lancer dans l’art d’Orphée.
Pourtant en décrochant son diplôme d’Etat avec 65 %, elle se classait dans le tiercé de tête des lauréats des sections scientifiques dans la ville - province de Kinshasa. Aussitôt, avec quelques amis musiciens, elle traverse le fleuve pour se retrouver à Brazzaville (République du Congo) et se lancer professionnellement dans la musique. « La mama Rosa » enregistre un album de 10 titres intitulé « Afrikier » à travers lequel on retrouve de la salsa, du zouk, du rock et de la rumba.
De l’espoir au désespoir
Premier constat, « La mama Rosa » constate que, des deux côtés de la rive du grand et majestueux fleuve Congo, les producteurs sont rares et très sollicités aussi bien par les grands noms que par les inconnus. Ce qui devrait devenir pour elle un rêve se transforme de plus en plus en un cauchemar pour ne pas dire en une utopie. Après avoir enregistré la maquette de l’album, le plus dur reste à commencer : la duplication de l’album. Et c’est ci que les Romains s’empoignèrent. Les grands noms de la production ne sont attires que par leurs semblables de la musique.
Les producteurs inconnus avec leurs faibles moyens financiers n’intéressent pas les grandes maisons de distribution. L’album « Afrikier » n’intéresse pas beaucoup les grands noms de la production qui n’ont pas envie d’investir en pure perte étant donné que la piraterie est toujours d’actualité dans le monde musical et « La mama Rosa » n’a pas encore démontré ses preuves de grand-artiste musicien. « La mama Rosa » et ses amis ont commencé à tirer le diable par la queue pour survivre et ne pas tomber dans la mendicité ou dans le vol. Vs ont commencé à exercer beaucoup de petits métiers dans l’espoir et l’attente de trouver un jour un producteur pour distiller leurs oeuvres musicales à travers les ondes de la république et pourquoi pas du continent.
Repli stratégique et salutaire
Mais ce n’est que partie remise, elle décide de rentrer à Kinshasa. « La mama Rosa » ne capitule pas encore. Un jour, chemin faisant dans la rue, elle est informée que dans le souci de promouvoir la femme congolaise artiste, le MCK (Music Club de Kinshasa) et Style Moda APJF (Association pour la Promotion de la Jeune Fille) de Patience Barandenge organisent un concours de chant intitulé « Art au féminin » et Les gagnantes du concours bénéficieront de l’enregistrement de quelques uns de leurs titres en studio. « La mama Rosa » saute sur l’occasion et s’inscrit au concours (l’inscription est gratuite ».
Pour être retenue, il fallait déposer un support audio auprès des organisateurs dans le but de tester es prouesses artistiques des concurrentes. après La première confrontation face à un jury (une audition en solo sous fond de guitare rythmique), elle est retenue parmi les 12 nues sur les 20 participantes.
Rose avait interprété un tube de Mbilia Bel comme la plupart de ses rivales. Cela s’explique aussi par le fait que le succès de cette grande dame de la musique congolaise moderne a marqué leur génération. Aidée par le sort étant donné qu’elle pratique a merveille les concerts acoustiques, la prochaine sélection ne sera plus une simple formalité parce qu’il sera question de groupe musical d’accompagnement ou même d’un orchestre philharmonique dit-on. Mais « La mama Rosa » » garde espoir parce queue à l’habitude de répéter avec son groupe musical contrairement à celles qui ne se produisent qu’en solo.
Depuis des décennies, dans le monde musical moderne congolais, les femmes n’occupent plus les premières places dans les hits tropicaux. C’est aussi pour ses raisons que ce concours suscite auprès de « la mama Rosa » et des autres une véritable passion. Pour elles, c’est le moyen de sortir de l’oeuf pour connaître la consécration.
« Art au féminin »
Le concours débutera officiellement pendant le mois de la femme de cette année. Sa qualité dépendra du choix des rivales de « la mama Rosa ». C’est la raison pour laquelle la première confrontation face à un jury dans la salle paroissiale de l’église Sainte-Anne au collège saint Joseph dans la commune de la Gombe 7 février dernier a été plus objective- que subjective parce que l’objectivité repose sur des arguments théoriques.
(BT/Milor/Yes)
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