Le salon Lubumbashi du Grand Hôtel Kinshasa a servi de cadre lundi dernier à l’Unesco et ses nombreux partenaires pour l’ouverture de l’atelier jumelé sur le double thème de  l’éducation bilingue et le lancement de l’ini­tiative Life pour l’alphabétisation en RD Congo. Pendant quatre jours l’agenda mis à la disposition des participants prévoit des débats sur deux questions importantes pour la qualité de l’éducation congo­laise. A en croire le représentant de l’Unesco Boubacar Diarra, il s’agit de l’utilisation des langues nationales comme medium d’en­seignement et d’apprentissage au degré élémentaire du primaire et de la promotion de l’alphabétisa­tion.


L’utilisation des langues lo­cales dans les systèmes éduca­tifs constitue un facteur essentiel d’amélioration de la pertinence et de l’efficacité de l’éducation en Afrique.

L’Afrique, poursuit-il, abrite Près d’un tiers des langues vivan­tes du monde avec 1.200 à 2.000 langues autochtones qui sont par­lées sur le continent.

 Ce dynamisme linguistique des pays afri­cains aurait donc pu constituer un puissant levain pour le développe­ment de l’enseignement.
 
« Mal­heureusement, les colonisateurs relayés ensuite par certaines éli­tes africains ont déformé cet atout pour le considérer comme une menace pour l’unité nationale des nouveaux Etats », a fait savoir Boubacar Diarra.

 La République Démocratique du Congo, pour sa part avec plus de 250 langues parlées et 4 langues nationales, a inscrit dans sa loi fondamentale l’utilisation des langues national­es à l’école.

Elle a aussi depuis son in­dépendance, pris des actions dans ce sens dont les résultats restent très peu probants aujourd’hui.

 Selon le ministre de la Culture et des Arts, Esdras Kambale, l’année 2008 a été dé­clarée année « internationale des langues » par l’Unesco.

 Puisque la langue est le principal vecteur de la culture, « je suis convaincu qu’un programme d’enseignement, d’apprentissage et d’alphabétisa­tion qui prends ses racines dans la culture et qui se réalise dans la langue que l’apprenant parle na­turellement et maîtrise parfaite­ment, c’est- à- dire sa langue maternelle, ce programme à plus des chances de réussir, a dé­claré le ministre de la Culture et des Arts.

Actuellement, la question linguistique est devenue une préoc­cupation majeure de la commu­nauté internationale, particulière­ment à travers les différents pro­grammes conçus et mis en oeuvre par l’Unesco et divers partenaires. Cette préoccupation, est égale­ment ce de la RD Congo.

En effet, depuis son accession à la souveraineté internationale, la question linguistique dans l’ensei­gnement et l’alphabétisation figure parmi les préoccupations.

D’après Esdras Kambale, la grande partie de notre population est l’analpha­bète. La non utilisation des nos langues est peut être l’une des causes sinon la cause majeure de l’échec, voir la mauvaise qualité de notre enseignement et du taux élevé d’analphabètes.

Si l’Unesco soutient la valeur inhérente à la diversité culturelle et la nécessité de la préserver, cette préservation passe aussi par la recherche scientifique sur les langues nationales qui constituent un précieux outil d’apprentissage et donc de développement.

A en croire le ministre de l’Enseigne­ment Primaire Secondaire et Pro­fessionnel (EPSP), Maker Mwangu, pour s’en tenir la réduction, il se pose plusieurs défis à relever dans ce secteur vital na­tional. Il s’agit entre autre de res­taurer le niveau de l’enseignement en baisse et la qualité en dégra­dation.   

(BT/Milor/Yes)

Elda Along/Uhuru