La prestigieuse carrière musicale de Seigneur Ley est jalonnée des écueils qui, à ce jour, se révéleraient comme des signes annonciateurs d’une fin apocalyptique.
L’artiste musicien Tabu Ley qui a mené une belle carrière musicale des décennies durant, serait-il finalement poursuivi par un signe indien ? Victime d’un Accident cardiovasculaire -AVC- qui l’a paralysé quelques semaines après son retour d’un festival musical bien négocié à Cuba, avec à la clé un trophée, le chanteur d’Ebène devenu ministre de la Culture et Arts provincial (ville de Kinshasa) dans le gouvernement Kimbuta, vivrait présentement un moment de convalescence en Belgique où il se trouve depuis des mois pour de soins médicaux. Pendant ce temps, à Kinshasa, il vient d’être remplacé à son poste de ministre à la faveur du dernier réaménagement technique au sein de l‘Exécutif provincial.
Musicien à la voix inaltérable, Pascal Tabu Ley Rochereau est un chanteur RD-congolais qui a marqué son époque avec noblesse. Les années 60 et 70 et une partie des années 80 ont été florissantes pour ce talentueux chanteur double d’un fécond auteur-compositeur.
Tabu Ley, tout au long de sa carrière musicale a façonné une carrière musicale, un mythe autour de sa personne. Beaucoup sont les jeunes chanteurs qui, a cette époque, rêvent de chanter comme Rochereau.
Fascinés par la magie de son ouvre -Keliya, Lili, Ndaya, Café Rica, Seli Kutu-, ses fanatiques ne manquaient pas a ses messes scéniques officiées régulièrement dans des temples tels que Vis-à-vis bar, Chez Làbas, Para fifi, Kimpwanza bar, chez Amouzou. . ., qui n’avaient pas du répondant à cette époque dans la capitale RD-congolaise, Kinshasa-la-belle.
Tabu Ley est, sans conteste, 1’un des monuments de la musique de l’ex Zaïre et du continent africain. Le vieux Roch, comme aiment parfois l’appeler affectueusement les siens, a contribué à l’enrichissement et au rayonnement de l’art en particulier et à la culture RDcongolaise. Il a, pour être précis, une riche discographie d’anthologie à son actif.
Cependant, il y a lieu de noter qu’au milieu des années 90, Rochereau a inexorablement entamé le retour de la manivelle en ce qui concerne sa retraite.
Dès lors, selon une source proche de l’artiste, Tabu Ley aurait envisagé de se transformer en écrivain, au même moment qu’il avait nourri un penchant réel pour la politique active.
Aurait-il ainsi commis un tord? Il y a de quoi alimenter tout un débat à ce sujet. Néanmoins, l’on aura constaté que la prestigieuse carrière musicale de Seigneur Ley est jalonnée des écueils qui, à ce jour se révéleraient comme des signes annonciateurs d’une fin apocalyptique.
Alliance rompue avec Grand Kallé
Dans ses confidences, Tabu Ley n’a jamais cessé d’avouer qu’il est le grand produit de Joseph Kabasele Tshamala dit Grand Kallé. Celui-ci, selon lui, reste un grand de tous les temps. Ce que Rochereau représente dans la musique RD-congolaise et la musique tout court, il le doit à Grand Kallé.
En plus, Tabu Ley n’avait cessé de repousser toute idée de créer un orchestre et ne pensait jamais quitter l’African Jazz qu’il a intégré en 1959, I’orchestre qu’il avait trouvé au sommet de la gloire.
En dépit de sa bonne volonté, le jeune Pascal Tabu encaisse sa première déception, quatre ans après. Car en 1963, le guitariste Nico Kasanda, le maracassiste Roger Izeidi et Mwamba Dechaud décident de se désolidariser de Kallé Jeff. ils reprochent à ce dernier la gestion opaque des recettes des productions scéniques.
Ils s’en vont créer leur propre orchestre dénommé African Fiesta, ils ont rallié Rochereau à leur cause.
Avec Docteur Nico, c’est du vent composé des éléments
Composé des éléments talentueux venus d’African Jazz, l’orchestre Africa Fiesta, a sans difficulté, imposé sa loi sur le marché du disque et scénique.
En plus de la présence de Rochereau qui émerveillait par sa voix charmante, il y avait également les captivantes notes apportées par les cordes de la guitare du soliste Docteur Nico, Dieu de la guitare-, qui ensorcelaient tant de Kinshasa que de Brazzaville a travers un riche répertoire de ce nouvel orchestre.
En dépit de ces faits glorieux, une fois de plus, Tabu Ley se dira déçu.
En effet, peu avant l’année 1965, le fulgurant succès récolté par l’African Fiesta n’avait pour bénéfice que de procurer à ses musiciens argent et femmes. . ., véritables sources de rivalité entre les membres de ce groupe. Ce qui a eu pour conséquence, la naissance de graves tensions parmi les musiciens avec à la clé, des défections à la pelle parmi lesquelles celui du guitariste Nico Kasanda.
Rochereau reste ainsi seul avec sa voix pour gérer la situation. Désormais, l’on se retrouve devant deux courants African Fiesta dont celui de Tabu Ley dénommé African Fiesta National
Le Peuple qui s’offre les services du soliste Jean-Paul Vangu Guvano, un jeune de la commune de Saint Jean -Lingwala-, et transfuge de l’orchestre Diamant Bleu. Nico Kassanda, lui, est allé créer l’orchestre African Fiesta Sukisa.
Un produit nommé Mbilia Bel...
Voulant laver l’affront, Rochereau a poursuivi, bon gré mal gré, sa carrière sans toutefois échapper à d’autres déceptions qui viendront émailler la vie de son orchestre l’African Fiesta National Le Peuple qui deviendra par la suite Afrisa International.
Il avait tenu bon. Au début de 1983, la chanteuse Marie-Claire Mboyo -Mbilia Bel- est dénichée par Tabu Ley qui l’incorpore dans Afrisa, ancienne danseuse de la Tigresse aux griffes d’or Abeti Masikini, elle avait également eu le loisir de flirter artistiquement avec Chico Mawatu et Sam Mangwana avant cette nouvelle aventure.
Dès le premier essai, Mbilia s’applique bien avec des oeuvres comme « Mpeve a longo, Esui yo wapi ? » ... Celle que les médias surnomment la Cléopâtre de la chanson congolaise moderne s’impose au point de devenir un orchestre dans un orchestre.
Tabu Ley opte pour un nouveau schéma ouvrant une grande brèche l’expression de la voix féminine. Ce qui fait que Mbilia Bel prend souvent la place de leader au chant.
Fasciné par le travail irréprochable de sa nouvelle acquisition, le patron de l’Afrisa International décida de se l’approprier corps et biens.
Liant l’acte à la parole, il fera de Mbilia Bel non seulement sa musicienne, mais aussi son épouse. De leur union naîtra une fille du nom de Mélodie, aujourd’hui à son tour, devenue artiste musicienne.
Surprise désagréable! Pendant que le duo Ley-Mbilia savoure le succès de leur carrière, nous sommes vers la fin des années 80, Mbilia claque la porte de l’orchestre en abandonnant tout... Elle va se réfugier en Europe et ne veut écouter personne.
Pire encore, la seule évocation du nom de Tabu Ley lui donne de la révulsion. Elle ne veut pas en entendre parler. Le coup est très dur pour le patron d’Afrisa. Ce dernier a du mal à se remettre... Et, tant va la cruche à l’eau, qu’enfin qu’elle se brise.
(BT/Yes)
ZN/Africa News
Last edited: 24/02/2009 18:57:12