Le comité de gestion de l’Onatra a soumis au ministre des transports lors de sa visite à travers les ports maritimes, une série de propositions qui devraient permettre à l’entreprise de faire face à l’augmentation du fret attendu cette année dans la partie Ouest du pays et d’aligner des résultats plus convaincants que ceux réalisés en 2008, après 8 mois de prise en mains par le groupe espagnol progosa dans le cadre d’un contrat passé avec le gouvernement congolais à travers le COPIREP, le Comité de pilotage de la reforme des entreprises publiques, avec comme objectif principal la stabilisation des activités de l’Onatra. Ces nouvelles propositions qui sortent souvent des sentiers battus demandent à être approuvées par le gouvernement conformément à la loi qui régit les entreprises publiques.


Le comité de gestion de l’Onatra est à la recherche d’argent frais en vue d’améliorer la performance des ports maritimes. Il n’y a pas de matériels appropriés pour la manutention, et certains quais sont retirés de l’exploitation.

Staff

Les institutions financières ont des procédures trop longues. Les banques locales trop chères. L’Onatra a donc besoin de nouvelles sources de financement plus rapides qu’il va falloir exhumer nécessairement, car malgré un chiffre d’affaires de 123 millions de dollars en 2008, en hausse de + 14% par rapport à 2007, et un bond à 155 millions de dollars attendu grâce aux mesures de stabilisation déjà prises, les charges qui pèsent sur la trésorerie sont encore trop importantes pour qu’on puisse dire que les comptes de l’Onatra présentent des ratios sains et rassurants. L’Onatra a une dette à court terme de plus de 50 millions USD et un personnel de plus de 13.000 personnes qui consomment une trop grosse part du chiffre d’affaires, avec comme seules unités de production les ports maritimes. Pour contrebalancer ces charges, il s’avère impérieux d’augmenter la production. Avec les moyens qui devaient séduire le ministre des Transports passé pour un homme pragmatique aimant des résultats palpables et concrets.

Selon les prévisions, les ports maritimes devaient assez facilement atteindre le chiffre de 2.600.000 tonnes de marchandises manutentionnées cette année. L’ADG Claude Pecune a la ferme détermination d’aller au-delà. Tout le staff progosa avec l’ADT RAZZI et le DDP Mathelin étaient à Matadi à ses côtés pour convaincre le ministre Mpita que ces propositions qui concernent aussi une relance des activités ferroviaires sont réalistes et que la volonté et les compétences pour les réaliser existent.

De Matadi à Banana puis de Lufu-Toto à Mbanza-Ngungu, M. Mathieu a vu beaucoup de plaies et de ruines qui l’ont laissé perplexe et soucieux. Mais l’enthousiasme de ses interlocuteurs est resté une source permanente de réarmement moral et de sursaut patriotique pour un homme venu faire le constat des infrastructures de transport, évaluer le progrès accompli avec l’arrivé de progosa, contrôler l’application du code ISPS et, enfin, réunir les éléments des propositions à soumettre au gouvernement.

Plus de navires, plus d’argent !

Sans prétendre épater qui que ce soit, l’ADG Claude Pecune et Tilo Umba, le Directeur des ports maritimes, ont expliqué au ministre Mpita leur stratégie. Celle-ci consiste à augmenter les performances à tous les niveaux cette année. Ainsi un nombre plus important de navires devrait être traité. Plus de navires conduit logiquement à un tonnage plus élevé. Et donc à plus d’argent dans les caisses de l’entreprise et des partenaires. Cela veut dire qu’avec les mesures d’assainissement déjà prises l’Onatra pourra investir plus, payer ses dettes et mieux assurer le bien-être de son personnel. Pour atteindre ce seuil, il faut écarter tous les écueils qui se sont mis sur la route de la bonne circulation des marchandises. Outre ceux liés à la gestion des espaces qui sont en train d’être maîtrisés, les autres écueils évoqués par l’ADG Claude Pecune s’appellent insuffisance des quais et des engins de manutention.

Réhabiliter progressivement les quais

Selon les données délivrées par M. Umba, l’Onatra tend à spécialiser ses ports : Matadi, pour les containers ; Boma pour les véhicules et le vrac ; et Banana pour les produits pétroliers. Mais Matadi ne fonctionne plus qu’avec 6 quais depuis que les trois autres de la première section appelée section Matadi ont été fermés sur l’ordre du commissaire maritime en 2001 pour cause d’insuffisance de sécurité d’exploitation. Le quai n°11 jadis utilisé par MIDEMA est heureusement disponible depuis la mise en service samedi dernier du nouveau terminal céréalier de cette entreprise. Le  quai de Venise construit par la Coopération Belge dans le cadre du jumelage entre Anvers et Matadi n’est pas encore opérationnel faute de quelques accessoires.

Il y a eu beaucoup de promesses pour réhabiliter cette première section. Aucune n’a connu un début de réalisation. D’où la courageuse proposition faite par M. Umba, directeur des ports maritimes, et défendue devant le ministre Mpita. L’Onatra sans plus attendre pourra s’occuper lui-même de la réhabilitation de ces quais. Cette opération se ferait progressivement selon les moyens disponibles, a précisé le DPM Umba. Celui-ci a expliqué au ministre que dans la plupart des cas, c’est les avant-quais qui sont abîmés et qui demandent le plus de travail.

S’il y avait plus d’engins de manutention, les navires passeraient moins de temps à quai. Les voyages coûteraient moins cher. Ainsi que le fret. Il y aurait plus des navires en fin de compte.
Le comité de gestion de l’Onatra attend le soutien du ministre dans la recherche des financements. Ceux-ci existent, a rassuré pour sa part l’ADG Pecunes, qui entend interroger les sources bilatérales mais aussi les armements et les grandes agences maritimes représentées en RDC et qui sont en relation avec l’Onatra. Ces recherches de financements s’inscriraient dans le cadre de l’option du partenariat public-privé levée et encouragée par le gouvernement.

Un seul quai récupéré équivaut à une augmentation de plus de 10% des capacités d’accueil du port. Et ce n’est pas le nombre de bateaux en demande qui manquent, puisque pour 6 bateaux à quai à Matadi, il y en a autant au mouillage. Boma est sous une égale pression avec un nombre des containers toujours en hausse et des quais de plus en plus malmenés.

Balle dans le camp du ministre Mpita

Le ministre Mathieu Mpita des Transports et Voies de communication, qui avait visité le port de Matadi dimanche dernier avant de se rendre à Boma et Banana, a prêté une oreille très attentive à toutes les explications qui lui ont été fournies et à toutes les propositions qui lui ont été faites. La situation est préoccupante mais pas désespérée. Les propositions qui lui ont été soumises sont assez séduisantes et les hommes qui les ont avancées paraissent assez déterminés et outillés pour pouvoir les mener jusqu’à la réalisation. Samedi, en assistant, aux cotés du Vice-Premier ministre Emile Bongeli, à la mise en service du terminal céréalier, il avait eu l’occasion de voir comment un rêve peut se transformer en une réalité vivante.

Le ministre Mpita avait alors salué dans son allocution cette nouvelle réalisation du terminal céréalier, fruit d’une volonté commune entre l’Onatra et la MIDEMA, dans un partenariat public privé prôné par le gouvernement dans le but d’améliorer l’efficacité dans l’exploitation portuaire. Demain, ce sera peut être le tour d’autres inaugurations, fruit de la nouvelle coopération entre l’Onatra et ses partenaires.

(DN/Yes)

Correspondance de L. Mabiala/MMC