L’irréversible processus de pacification des Grands Lacs va bénéficier d’un appui de la Communauté économique de développement des pays de l’Afrique centrale, la SADC, prête à envoyer dans la région un contingent militaire
Décidée d’en finir avec un conflit des plus meurtriers en Afrique centrale et dont les contours comme le soubassement ont longtemps échappé à toute rationalité, la Communauté internationale met les bouchées doubles. Après avoir apporté toute la caution morale voulue aux opérations militaires conjointes, Rdc-Rwanda, cette dernière, par le truchement de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), a décidé de poursuivre le traitement. A cause de la résistance développée par certaines souches à la prophylaxie remarquablement rebelle à toute thérapeutique de surface ayant longtemps prévalu dans Grands Lacs Africains.
Une Brigade en alerte (BEA) de la SADC est prête à intervenir au Congo toutes affaires cessantes pour aider à parachever le processus de pacification et de stabilisation de l’Est du Congo. Après tous les ratés du passé, depuis l’opération turquoise jusqu’à la récente guerre du CNDP en passant par l’Afdl et le RCD, la décision a été prise de dessoucher enfin le casus belli entre Kigali et Kinshasa. Ainsi au terme d’une opération conjointe Fardc-Rdf, la traque des Fdlr s’est révélée être un franc succès du reste salué à travers le monde. Il s’ensuit que les troupes rwandaises vont officiellement quitter le sol congolais demain.
Seulement, comme plusieurs observateurs ont eu à le remarquer, la traque des rebelles rwandais est loin d’être finie. Même si l’ossature de leur commandement a été brisée autant que l’ont été leurs différents quartiers généraux, il n’en demeure pas moins que les Fdlr conservent une certaine nuisance. Celle-ci reste imputable à toutes les poches résiduelles qui continuent d’essaimer les Nord et Sud Kivu.
Il a ainsi été décidé que l’Armée congolaise, ainsi que la Police, toutes les deux appuyées par la Monuc, vont poursuivre la traque. Mais l’expérience internationale en matière de répression du terrorisme a déjà prouvé les limites de toute opération militaire. On ne peut s’attendre à des résultats probants qu’en investissant dans la durée et la persévérance. Or, une présence prolongée des troupes rwandaises sur le sol congolais risquait de servir de détonateur à un embrasement difficile à contrôler dans les Grands Lacs.
Inversement toute résurgence de la menace Fdlr après le départ des troupes rwandaises serait de nature à réveiller les vieux démons de la méfiance à Kigali. Entre les deux extrêmes, il fallait trouver le moyen terme.
D’où la prise en relais du processus par les forces SADC. L’annonce a été faite le week-end dernier à Luanda par le Chef de la mission de l’exercice Golfinho Fase 1 « Mapex », Matthendele Moses Dlamini. Stationnée sur la base militaire de Cobo Ledo dans la province de Bengo (en Angola), cette brigade régionale est composée des éléments des Forces Armées et de la Police des pays membres de l’organisation régionale africaine.
Selon Matthendele, cette brigade va fonctionner comme un élément important dans la pacification des Etats Africains. En effet, cette force interviendra simultanément en Rdc et au Madagascar considérés comme pays à la stabilité précaire.
Dos au mur
Mord le serpent, mord le venin dit-on. La communauté africaine en particulier et celle internationale en général, ont pris le parti d’entourer le dossier lié à l’anéantissement des Fdlr de toutes les précautions. Au départ, il était question de confier cette lourde mission à l’Angola ou aux troupes de la SADC.
Très vite, il est apparu que l’opération comportant un risque majeur. Très frileux sur la question, le pays des Milles Collines risquait de remettre en cause la validité des opérations. D’où son armée a précédé en vue de lever de toute équivoque. A sa suite, la SADC vient continuer le grand nettoyage.
Les troupes de l’organisation régionale pourront rester tout le temps que cela exigera en Rdc aux côtés de la Monuc, des Fardc et de la PNC. De plus, cette caution régionale sécurise Luanda qui était prêt à voler au secours de la Rdc, mais en dehors de toute expédition solitaire. Au regard du pacte de paix, de stabilisation et développement dans la Région des Grands Lacs signé en décembre 2006, le pari est définitivement gagné.
Toute la crainte de voir le Rwanda jouer un de ses innombrables sales coups au Congo, n’a plus sa raison d’être. Et tout bien considéré, c’est Kabila qui en sort ragaillardi. Lui qui a su prendre de court tout le monde par une tactique en apparente contradiction avec la stratégie acceptée par le plus grand nombre.
(DN/Th/GW/Yes)
Le Palmarès
Last edited: 24/02/2009 18:38:52