Les parties rwandaise et congolaise se déclarent satisfaites de la réussite à 80 % de la traque menée conjointement contre les rebelles rwandais retranchés depuis bientôt 15 ans à l’Est de la RDC. Aussi va être respecté le délai de retour comme convenu des troupes de la DRF après sa mission accomplie.
La nouvelle de l’entrée des soldats rwandais en territoire congolais avait été annoncée par les médias internationaux relayés par la presse nationale. Aussitôt après l’annonce de cette nouvelle, la classe politique congolaise est entrée en émoi. Objectif, démontrer à l’opinion que le pays est envahi et que les Rwandais qui entraient officiellement ne repartiraient pas. Cette agitation autour de l’entrée des troupes rwandaises, dans un aveuglement presque total a fait croire que c’était une grande première.
Et pourtant, quand les Rwandais arrivaient, les troupes ougandaises et sud soudanaises opéraient dans la province Orientale de la Rdc dans une opération similaire.
Ceux qui ont qualifié l’entrée des soldats rwandais comme une décision grave, une violation de la Constitution, n’ont jamais répondu à la question de savoir pourquoi n’avaient-ils pas adopté la même attitude lorsque les troupes du Sud Soudant et de l’Ouganda étaient entrées pour traquer la Lra. Le fait de ne pas répondre à cette question est une preuve que ceux qui ont réagi contre, l’ont fait pour des raisons régionalistes, mieux pour des raisons non nationales.
Au-delà de tout, il y a une certaine légèreté qui entre dans le cadre de ce que disait un psychologue ; « l’intérêt est un instrument capable de nous crever les yeux ».
La part de la mauvaise foi
La preuve, c’est que ceux qui étaient inquiets devraient être les premiers à applaudir maintenant que par les mêmes sources on apprend que les soldats rwandais quittent le territoire congolais. Bien au contraire, on s’emploie à faire croire que la nouvelle du retrait des soldats rwandais ne serait pas exacte. Il n’y a pas meilleure preuve de mauvaise foi que celle-là.
En dépit de tout ce qui peut se dire pour semer le doute dans l’opinion, il est démontré que le retrait des troupes tant ougandaises que rwandaises est en cours. Il nous revient que les troupes ougandaises et sud- soudanaises présentes sur le sol congolais depuis le 14 décembre 2008 pour participer aux côtés des Fardc à la traque des rebelles ougandais de Lra, commencent leur retrait ce jeudi 26 février 2009, conformément à ce qui a été convenu avec le gouvernement congolais.
Contrairement à ce que d’aucuns voulaient faire croire, nous apprenons des sources crédibles que ce retrait n’a fait objet d’aucune divergence, même si la partie ougandaise avait émis le souhait de voir cette opération se prolonger pour plus de résultat. Il nous revient également que la décision de Kinshasa de voir les troupes ougandaises partir n’a pas été obtenue sous pression.
Ce qui a motivé cette décision, ce sont les résultats sur le terrain. Les sources militaires annoncent que les rebelles ougandais ont été affaiblis. Il reste à l’armée congolaise et à la Monuc de poursuivre les opérations de ratissage. C’est d’ailleurs pour cette fin que malgré la fin de la guerre, la Monuc dont le mandat a été prolongé jusqu’à la fin de cette année, se trouve toujours dans la nécessité de renforcer ses troupes avec 3000 hommes supplémentaires. Le gouvernement congolais par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a confirmé cette nouvelle. D’autre part, a-t-il fait savoir, les objectifs visés ont été atteints à 95%.
Le Lra affaibli et mis en difficulté
Les sources militaires indiquent que suite à ces opérations conjointes, les rebelles ougandais de Lra se retrouveraient présentement dans une région marécageuse du Sud-Soudan d’environ 180 personnes parmi lesquelles une minorité d’Ougandais et d’une majorité des Soudanais. Dans cette région, le Lra aura de la peine à s’installer durablement. Il revient cette fois de surveiller les issues. L’une des preuves de la réduction de la capacité de nuisance de cette rébellion ougandaise, c’est que les exactions contre les populations congolaises ont cessé. L’autre résultat positif obtenu à la suite de ces opérations conjointes, c’est le fait que la glace a été brisée entre les deux pays. La rébellion ougandaise ne pourra plus profiter de la méfiance entre les dirigeants de deux pays. A notre avis, l’opération conjointe menée dernièrement n’est pas la première.
Dans le cadre de la coopération contre les groupes armés, les deux pays pourront tôt ou tard décider d’y revenir en cas de danger qui menacerait encore la quiétude dans cette partie de la Rdc ou de l’un des trois pays. Ce qui manquait et qui a favorisé la mobilité de ces rebelles, c’est le manque de volonté commune d’une lutte commune contre un mal commun. L’issue de cette opération à la suite de la rencontre des chefs d’Etat-major des forces armées ougandaises et congolaises, augure des lendemains meilleurs. Il nous revient que les travaux de jeudi dernier à Kinshasa vont se poursuivre au niveau ministériel et même des chefs d’Etat respectivement le 25 et le 26 février de cette année.
Les troupes rwandaises se retirent
La présence des troupes rwandaises a fait jaser. Aujourd’hui, comme pour les troupes ougandaises, le retrait a commencé. Il nous revient que l’armée rwandaise a commencé son retrait. Les médias et les témoins sur le terrain ont constaté le mouvement de retrait. Les troupes se dirigent actuellement vers les points de ralliement, particulièrement vers Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu où il y aura le 25 février une cérémonie d’adieu. La date du 25 février marque donc le retrait total des troupes rwandaises venues participer aux opérations conjointes avec les Fardc. L’information a été livrée à l’opinion aussi bien par la partie congolaise que par la partie rwandaise. Il n’y a pas de surprise à ce retrait lorsqu’on sait que les deux parties s’étaient convenues de travailler pendant deux semaines avec possibilité d’évaluation.
Pour le Chef de l’Etat congolais qui s’adressait à la presse au cours de son dernier point de presse, la fin du mois de février 2009 était l’échéance à ne pas dépasser. Ce qu’on peut dire, c’est que les deux parties ont respecté leur engagement. Que ce soit au Rwanda ou en Rdc, cette opération n’avait pas fait objet d’un débat public avant son début. Contrairement à ce qu’une certaine opinion veut faire croire en Rdc, les débats au Parlement rwandais a eu lieu après le début des opérations lorsque le ministre de la Défense est allé donner l’évolution des opérations.
Le Parlement rwandais n’a rien décidé
C’est le contraire en Rdc où les pétitionnaires remettaient en cause le principe même de la présence des troupes rwandaises sur le sol congolais. En outre, soutenant les opérations, les députés rwandais avaient estimé que le délai était court. Ils ont émis le souhait de le prolonger. Comme le Parlement ne fait pas des injonctions au gouvernement et que c’est ce dernier qui mène l’opération qui peut juger de l’opportunité de la prolongation ou non, le souhait des députés rwandais n’a pas été pris en compte. La preuve, c’est que les troupes rwandaises ont commencé le retrait du territoire congolais. La Rdc, comme pour le cas du retrait des troupes ougandaises, n’a pas eu besoin de pressions. Seuls les résultats sur le terrain comptent. Toutes les deux parties sont satisfaites des résultats.
Selon le porte-parole de l’armée rwandaise, le commandant Jill Rutaremara, l’opération de la traque des rebelles rwandais des Fdlr a atteint les objectifs visés. Il est vrai que toutes les Fdlr n’ont pas été neutralisées – ce qui n’était pas un objectif à atteindre – mais, des milliers de rebelles de ce mouvement ont regagné le Rwanda. Les bases de cette rébellion ont été détruites. Les membres des Fdlr qui restent sur le territoire congolais sont dispersés. On craindrait qu’ils se réorganisent si on mettait fin à l’opération. Il nous revient cependant que les efforts de désarmement et de rapatriement vont se poursuivre avec les Fardc et les troupes de la Monuc. Le plus grand résultat obtenu, on ne le dira jamais assez, c’est la fin de la guerre dans la province du Nord-Kivu et le retour à la normale.
Cela a faussé les calculs de beaucoup de gens. A notre avis, c’est la cause principale de la controverse au niveau des institutions de la Rdc. Beaucoup de membres de ces institutions ne s’attendaient pas à une fin proche de la guerre. C’est le moment de rappeler que « l’homme propose, Dieu dispose ». Le Dieu congolais a disposé face aux intérêts égoïstes des uns et des autres.
(DN/Milor/GW/Yes)
JDG/L’Avenir