Un artiste musicien et pas de moindres, avait récemment rabroué un collègue en des ter­mes grossiers. Le concerné a certainement pété es plombs jusqu’à menacer son prétendu rival de le rosser «  comme un petit enfant » si jamais l’occa­sion lui était donnée.

Que de telles menaces frisant l’indécence viennent d’une star montante de la musique congolaise, de sur­croît intellectuel, cela dépasse tout entendement.

De mémoire de chroniqueur, c’est la première fois qu’un artiste musicien de cette trempe s’en prenne à un collègue en des termes aussi grossiers.

Poussant l’outrecuidance jusqu’à l’extrême, ce gladiateur des temps présents - qui s’est sans doute trompe de vocation – a promis de régler prochaine­ment ses comptes à son rival en Europe.

 « Ô Tempora, ô mores ! », se serait exclamé Cicéron. Sur un autre reçu un des «  Léopards » - nom géérique s’est affublé la bande à Lofombo– avait dernièrement sermonné le Grand Mfumumpa en le traitant de «  faux vieux » à l’antenne.

Hystérique et dans tous ses états, le fameux «  Léopard » na pas manqué d’étaler toute son animosité a l’en­droit d’un aîné dont le seul pêché est d’avoir dénié l’opération SOS lancée par le groupe dans la fou­le du dossier Alpatchino.

Déjà entre ces fameux « Léopards » et leurs compères de la profession contactés pour réa­liser un chant patriotique en faveur des populations de l’Est, les rapports étaient loin d’être au beau fixe.

Aigris pour n’avoir pas été as­sociés à cette opération juteuse, Sampaio et les siens ont choisi de faire bande à part. Entre es deux groupes s’est installée une scission qui procédait, non d’une dissension artistique, mais plutôt d’une affaire des sous ». Les uns ont bouffe seuls sans se sou­cier des autres qui se considèrent tout aussi artistes a part entière.

Le dossier Alpatchino est le prétexte trouvé pour se régler des comptes parfois avec une viru­lence extrême qui trahit des ressentiments longtemps refoulés. Le King a vu son aura se diluer comme peau de chagrin devant la fougue des « Léopards » - dans les rangs desquels on retrouve d’ anciens sociétaires de Victoria Eleison - à le démystifier.

Quant au vieux Fula Ngenge, son amour-propre est aujourd’hui englue dans l’affaire Alpatchino où s’entremê­lent histoire d’amour et crise de confiance. Ce qui est écœurant, c’est l’énergie et la passion que les uns et les autres mettent dans cette affaire au point de faire sau­ter les derniers verrous d’une soli­darité artistique jusqu’alors en ins­tance de sauvetage. « Bokotisaka ngai na makambo na bino te », me mêlez plus dans vos histoires) dixit un artiste musicien lorsqu’il fut sollicité pour une assistance finan­cière.

D’un côté, des artistes qui se haïssent à mort au point d’en venir aux mains, de l’autre, des querelleurs impénitents qui se vi­lipendent via la télévision, le ta­bleau est avilissant. Jamais, même au plus fort de leur polémique, Werrason et JB Mpiana ne se sont lancés des menaces ver­bales touchant à leur intégrité physique réciproque.

On peut re­monter l’histoire, ces genres d’in­timidations n’ont pas leur répondant étant donné que la polémique restait circonscrite dans le seul cadre de l’émulation et de la concurrence. Cette liberté de ton qu’utilisent désormais nos artistes dans les médias devrait être bannie pour faire place à la concorde et au fair-play.

Les mélomanes n’ont cure des capaci­tés bellicistes, ni de la propen­sion au combat d’un artiste mu­sicien - fut-il maître en arts mar­tiaux -, mais plutôt de ce qui sort de leur fort intérieur en terme de mélodies et d’arrangements ar­tistiques. Qui dit mieux ?

(BT/Milor/Yes)

Le Taquin/Uhuru