Jean-Claude MasanguLe gouverneur de la Banque centrale annonce que la RDC est frappée par le ralentissement de l’économie, l’effondrement du rapatriement du produit des exportations etc, mais promet quelques éclaircies en mars avec le paiement des impôts.

Si en 2008, l’activité bancaire en République démocratique du Congo n’avait pas été directement touchée par la crise financière internationale, elle commence néanmoins à en subir les effets en 2009. L’économie du Congo a commencé à ressentir les contrecoups de cette crise depuis le second semestre 2008.

Au cours d’une conférence de presse animée hier au siège de la Banque centrale du Congo, le gouverneur Jean-Claude Masangu Mulongo a donné la perception des évènements et les mesures envisagées pour faire face à la crise.

Au plan des relations extérieures, le n°1 de la BCC a indiqué que les exportations des biens ont sensiblement chuté, alors que les dépenses d’importations pour la plupart des besoins de première nécessité sont restées inchangées. Ce qui a pour conséquence la baisse des rapatriements des produits d’exportation et la détérioration de la balance commerciale.

De l’autre côté, les investissements directs étrangers se sont effondrés à la suite principalement de la chute des valeurs et capitalisations boursières de plusieurs entreprises minières opérant au Congo. « Ces dernières n’ont plus la même capacité de lever des fonds sur les marchés internationaux », a relevé J.C. Masangu, avant d’ajouter que « l’état des comptes extérieurs est sérieusement affecté par la crise financière. Cet état se répercute sur la stabilisation des réserves internationales de la BCC, lesquelles ont été réduites de plus de moitié ».

Ceux-ci sont estimés, à fin 2008, à 280 millions de dollars. Le gouverneur de la BCC attribue la baisse des réserves de son institution constatée depuis novembre 2008 à la non réalisation des recettes importantes attendues des miniers, des pétroliers et des opérateurs oeuvrant dans le secteur des télécommunications, d’une part, et, d’autre part, à l’expansion des dépenses en devises en rapport avec les conflits à l’Est, et au maintien du service de la dette extérieure. Selon lui, si la RDC ne paie pas la dette, elle n’aura pas l’assistance de la communauté internationale.

A ce sujet, il fait savoir que le gouvernement entend poursuivre sa politique dans la perspective d’accéder, d’ici fin févier , à la facilité de protection du FMI contre les chocs exogènes pour un montant de 200 millions de dollars, et de conclure le programme formel triennal avec cette institution pour d’autres appuis financiers de la part de la communauté internationale.

Le gouverneur de la BCC a affirmé que les négociations pour sa conclusion vont débuter le 16 mars prochain.  Il en résultera un renforcement des réserves internationales de la Banque centrale du Congo,  a-t-il noté.

L’activité économique étant en recul aujourd’hui, les versements en banque des recettes des opérateurs économiques diminuent. Les exportations de bois, pétrole diamant et autres minerais ont fortement baissé. Ce qui fait que le faible rapatriement des produits d’exportation qui en découle affecte négativement les banques. Pour ce faire, le numéro 1 de l’institut d’émission souligne qu’ ’’il peut s’observer passagèrement un ralentissement dans les délais d’exécution des opérations de paiement de gros montants.’’

Quant au secteur réel, il a fait savoir que la baisse de la production nationale s’accompagne d’une forte inflation expliquée par le financement monétaire. Jean-Claude Masangu reconnaît que cette forte inflation diminue le pouvoir d’achat de l’ensemble de la population. Il note également ‘’ qu’il y a risque de persistance du recul de l’activité d’ici à la fin du premier semestre 2009, avant une reprise éventuelle au 2ème semestre’’.

Après avoir peint un tel tableau, le gouverneur a fait allusion aux différentes mesures tant institutionnelles, budgétaires que monétaires qui ont été prises pour parer à la catastrophe. C’est le cas, notamment, de la cellule de crise, du fait que le Gouvernement a revu ses plans d’engagement et de trésorerie tant en monnaie nationale qu’en devise, avec comme objectif d’éponger les liquidités excédentaires créées par le financement du déficit du secteur public ainsi que l’augmentation par la BCC, à quatre reprises, de son taux directeur pour le situer actuellement à 65% l’an et l’intervention sur le marché de change à hauteur de 10 millions USD.

Cela lui a permis de fonctionner 29,1 milliards de FC entre le 22 décembre 2008 à ce jour.
Concernant les billets à valeur faciale élevée, Jean-Claude Masangu a confirmé l’impression des coupures de 1 000 FC, 10 000 FC et 20 000 FC. Mais tant que la situation n’est pas encore stable, a-t-il révélé, la Banque centrale ne peut pas les mettre en circulation.

La BCC doit également avoir un bon matelas en devises pour pouvoir les encadrer. La stratégie actuellement appliquée par la BCC c’est d’émettre les billets à valeur faciale faible. Dina

(DN/Ern./GW/Yes)

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