Le déroulement des opérations militaires conjointes menées actuellement par les armées de la RDC, du Rwanda et de l’Ouganda contre les rebelles rwandais et ougandais atteint progressivement et enfin l’objectif recherché de déloger ces forces négatives déstabilisant la région, ce qui augure réellement le retour de la paix voulue
Depuis environs quinze ans, la partie Est de la République démocratique du Congo est sinon en ébullition permanente du moins sujette à une insécurité récurrente. Il ne se passe pas un mois entier sans qu’une nouvelle dramatique ne dérange la quiétude des paisibles citoyens. L’Est, ce sont les provinces Orientale, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Katanga, particulièrement. Seule la province du Maniema, la moins lotie en matières précieuses, qui échappe à ce tableau peint en lettres de sang.
En effet, depuis 1994, année de l’entrée massive des hutus rwandais dans notre pays, suite au génocide du peuple tutsi, le pouvoir de Kigali a toujours cherché à déstabiliser les deux provinces du Kivu pour, officiellement, récupérer les rebelles Interamwe transformés en Fdlr mais, en réalité, pour prendre part à l’exploitation de nos richesses minières. Car, dès 1998, avec le déclenchement de l’invasion de notre pays par l’armée rwandaise sous le couvert de la rébellion » du Rcd (Rassemblement congolais pour la démocratie), cet Etat voisin s’est mis aux trousses des rebelles hutus jusqu’en 2003.
En 5 longues années, très peu d’Interahamwe ont été soit capturés soit tués. Le plus grand butin de l’armée rwandaise était, par contre, constitué des richesses de notre sol, le coltan, la cassitérite, l’or, etc. Et comme l’on dit que l’appétit vient en mangeant, les affidés du pouvoir de Kigali ont voulu que la fin de la guerre soit repoussée chaque fois. Même lorsque tout était bien réglé, ceux des Rwandais ayant acquis la nationalité congolaise sous la bénédiction des accords concoctés lors du Dialogue intercongolais de Sun City, en République Sud-africaine, le colonel Mutebusi et le général Laurent N’Kundabatware ont provoqué d’autres tueries afin de perpétuer l’exploitation minière.
Dans le district de l’Ituri, en Province Orientale, des tribus voisins, poussés par des tireurs de ficelles oeuvrant dans l’ombre, se sont canardés des mois et des années durant, transformant cette partie du pays en véritable enfer. Ces quatre provinces se sont distinguées également par la formation des milices armées, parfois surarmées et qui n’avaient comme cibles finalement que la population congolaise. L’exploitation des richesses minières était aussi à l’avant-plan des motivations inavouées des chefs de guerre. Avec des frontières poreuses, des rebelles des Etats voisins ont commencé à s’infiltrer chez nous pour exploiter nos richesses, tuer nos populations, violer les femmes et les jeunes filles et emporter les biens de toute nature chez eux. Au point que leurs pays respectifs sont devenus des exportateurs de ces richesses sans avoir chez eux.
L’autre plaie qui a toujours accompagné ces guerres ouvertes ou larvées, c’est l’enrôlement des enfants dans les rangs de ces milices. Ainsi, des effectifs d’enfants-soldats recensés dans le monde, 10 % sont des congolais, des enfants de l’Est utilisés par des groupes armés jusque Mardi prospèrent dans l’Orientale, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et, en nombre restreint, dans le Katanga. Cette situation dramatique ne peut, en aucun cas, perdurer encore longtemps. Les autorités politiques et administratives, les parlementaires, les membres de la magistrature, les responsables des confessions religieuses, des entreprises et de la société civile devraient tous se mobiliser, comme un seul homme, pour mettre un terme à l’insécurité régnant à l’Est.
L’espoir renaît
Dans deux mois, cela fera quinze (15) ans depuis que les hutus rwandais sont entrés au Zaïre comme réfugiés craignant les nouveaux maîtres de Kigali, les tutsis conduits par Paul Kagame. Suite à toutes les conflagrations armées citées ci-haut, la plupart des neuf pays avoisinant la République démocratique du Congo abritent sur leur sol des milliers de nos compatriotes comme réfugiées. Mais, nulle part on n’a appris que les Congolais avaient transformé ces terres d’accueil en territoires conquis. Ce qui n’est malheureusement pas le cas avec nos voisins du Rwanda qui chercheraient à s’implanter définitivement au Congo.
Ceci ne pouvant être toléré, tous les Congolais qu’ils soient de l’Est, du centre ou de l’Ouest, sont absolument opposés à la naturalisation collective des étrangers, à l’invasion de nos terres et à l’exploitation clandestine et illicite de nos richesses du sol et du sous-sol. Comme les réfugiés Rwandais ont démontré qu’ils avaient un agenda caché, la population congolaise s’est toujours montrée hostile à leur présence. Il a donc fallu nous organiser pour les bouter dehors, d’une façon ou d’une autre. Etant donné qu’ils n’étaient pas disposés à rentrer chez eux volontairement, il fallait les y contraindre, par la force. Et, c’est à ce stade où se trouve notre armée.
Malheureusement, l’armée nationale républicaine n’est pas encore dotée des moyens voulus pour faire peur à d’éventuels attaquants. Les Faz (Forces armées zaïroises) de la deuxième République ayant été démantelées par celui-là même qui les avait créées, entendez le Maréchal Mobutu, les Rwandais ont profité de cette faiblesse pour nous attaquer en 1996 et 1998. Après 5 ans de guerre, en 2003, les Forces armées de la Rdc (Fardc) ont regroupé en leur sein des militaires formés et des miliciens issus des rebellions. Mais, l’armée républicaine dissuasive n’est pas encore là, ainsi que le regrette la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) dans son message élaboré à l’issue de la session ordinaire de son comité permanent tenue du 9 au 12 février 2009 à Kinshasa.
Comme il fallait parer au plus pressé et comme il fallait montrer au pouvoir de Kigali que Kinshasa n’avait que faire des Fdlr, l’Exécutif congolais a invité son armée pour prendre une part active à la traque des réfugiés hutus récalcitrants et réfractaires aux ordres et lois de notre pays. Les évêques catholiques sont inquiets du fait que chaque fois que l’armée de ce pays voisin entre chez nous ce sont des traumatismes profonds que subissent nos populations. D’où leur appel à la vigilance et leur recommandation au gouvernement de mieux défendre les intérêts de notre population. Sans oublier la recommandation portant sur le retour dans les délais des toutes les troupes rwandaises engagées dans la traque des Fdlr.
Parmi les raisons qui incitent à l’espoir, nous citerons celles-ci :
- l’engagement pris par le chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange de mettre fin aux opérations militaires conjointes dans le délai ;
- l’appui apporté au gouvernement et au Président de la République par la majorité des président des Assemblées provinciales et de quelques gouverneurs de province ;
- le soutien de la communauté internationale à ces opérations;
- le soutien sans équivoque des chefs traditionnels des provinces du Nord et du Sud-Kivu; les résultats obtenus sur le terrain des opérations au Nord-Kivu.
-l’offre des services de la Monuc pour le retour Volontaire et le désarmement des Fdlr ;
- le nombre en constante hausse des rebelles hutus rwandais candidats au rapatriement...
(BT/Milor/GW/Yes)
Eden Nsi Bamfumu/La République
Last edited: 21/02/2009 11:55:24