Dans l’affaire Bemba en examen à la Cour pénale internationale de La Haye (Cpi), la décision de l’implication ou non de l’ancien vice-président de la République est attendue le 16 mars 2009. Cette procédure interviendra soixante jours après à dater du 15 janvier dernier à l’issue de la dernière audience dite de «confirmation de charges». Concrètement, dans une trentaine de jours, la chambre préliminaire composée de trois juges de la Cpi devra annoncer si oui ou non, il faut que Jean-Pierre Bemba soit jugé ou pas.

Au terme de la première série d’audiences, la chambre préliminaire avait révélé que la défense disposait de dix jours pour présenter les preuves de ces arguments sur la non responsabilité individuelle du «chairman» du Mlc dans les crimes commis par les miliciens de son obédience à Bangui, en Centrafrique, durant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003. On espère que ces avocats se sont soumis à cet exercice dans la limite du possible. L’essentiel est sans doute de convaincre les juges de la chambre préliminaire.

Dans l’attente de la décision, la Cour procède à des analyses des faits devant déterminer l’orientation à donner à cette affaire, apprend-t-on de source sûre. A titre de rappel, pour l’accusation, il existe des motifs substantiels et raisonnables de croire que le suspect, en sa qualité de président et commandant en chef du Mouvement de libération du Congo (Mlc) à l’époque de la rébellion, était investi de fait d’une autorité pour prendre toutes les décisions sur le plan politique, mais aussi militaire. Pour le procureur de la Cpi, le principal accusateur, Luis Moreno Ocampo, il n’y a point de doute sur son implication. Quant aux victimes dont cinquante-quatre parmi elles ont eu le droit de participer à la procédure, elles accablent Jean-Pierre Bemba sur les pillages, les actes de viols, de meurtres, de tortures commis sur elles par des témoignages édifiants.

Pour sa part, la défense de l’ancien vice-président réclame un non-lieu en faveur de son client dont elle clame l’innocence et rejette en bloc la responsabilité des crimes survenus à Bangui, Bassangoa, Mongamba, Damara et Bassembelé sur la personne d’Ange-Félix Patassé, ancien président centrafricain à l’appel duquel ils ont répondu. Selon elle, les tenues militaires, les soldes et les équipements étaient fournis par les autorités centrafricaines de l’époque. On croit savoir, selon les milieux proches de la Cpi, que Patassé sur qui pèse de graves accusations l’exposent à une éventuelle inculpation.

Pour rappel, Jean-Pierre Bemba a été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles, en Belgique, et inculpé de cinq chefs de crimes de guerre et trois chefs de crimes contre l’humanité pour viols, tortures, pillages et meurtres commis par les miliciens du Mlc en Centrafrique.

(DN/PKF)

N.M.N./La République