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Bonjour | 18/03/2010 14:18 | English Make DC Home page | RSS feed

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Il y a déjà des étincelles dans le ciel couvrant la scène politique congolaise marquée par une agitation de précoce campagne électorale qui ne dit pas son nom. Le branle-bas est constaté aussi bien dans le campa de la majorité où on semble être prêt à sa saborder sans quartier tandis que l’opposition aiguise les armes

Les élections générales sont attendues en 2011. Avant d’en arriver là, la majorité au pouvoir doit encore ravaler plus de deux ans. C’est une éternité pour l’opposition qui a décidé de se mettre en campagne. Le thème de campagne a changé. Hier, il était question de démontrer l’incapacité du gouvernement de mettre fin au drame des populations congolaises de l’Est du pays. La décision du gouvernement de collaborer avec les troupes rwandaises en vue de traquer les Fdlr a donné l’occasion à l’opposition de monter au créneau en utilisant les fissures observées dans la coalition au pouvoir.


La déclaration du président de l’Assemblée nationale selon laquelle il était grave de faire venir les troupes étrangères, surtout les troupes rwandaises sur le sol congolais a donné des arguments à l’opposition. Pour l’opposition donc, le gouvernement a violé la Constitution en signant avec le Rwanda un accord sans l’aval du Parlement.

C’est en vain que l’on veut faire réfléchir ces députés de l’opposition comme de la majorité qu’avant l’arrivée des troupes rwandaises il y avait sur le sol congolais des troupes ougandaises et du Sud Soudan pour une opération similaire. Le problème est né parce que le président de l’Assemblée nationale avait parlé. Il se serait tu comme à l’entrée des soldats ougandais, on n’assisterait pas à ce qui ressemble à une tour de Babel.

La majorité se saborde, mais…

Kamerhe n’aurait pas parlé, ce ne serait pas la fin des problèmes. L’opposition s’est toujours mise en position de se servir de tout ce qui bouge pour tisser des théories politiques mieux pour démontrer que le peuple s’était trompé en donnant le mandat à l’actuelle coalition. On assiste au même exercice dans les débats politiques sur les antennes des télévisions kinoises.

La majorité, elle, semble dans un schéma pas très clair, mais on ne peut pas aller jusqu’à faire croire qu’il y aurait péril en la demeure. Certaines personnalités de la majorité se tirent dessus au grand bonheur des opposants.

Ainsi par exemple, la campagne actuelle contre l’autorité urbaine de Kinshasa est plus une affaire de la majorité que de l’opposition. Mieux, la majorité a donné des armes à l’opposition pour descendre le gouverneur de la ville.

On a l’impression que dans la majorité, il y a des gens qui pensent qu’ils peuvent se sauver tout seuls. Contre quel danger ?

C’est la conséquence de l’absence des relations horizontales au sein de la majorité où les coups bas sont abusivement mis sur le compte de la démocratie et de la liberté d’expression.

L’opposition, pas un modèle

C’est pourquoi, pensons-nous, si l’Amp a fait un pas important en se dotant des structures postélectorales, elle a encore beaucoup à faire dans la réalisation de la cohésion au sein de la plate-forme. On a l’impression que l’on attend l’approche des échéances électorales pour s’activer. L’opposition a tort de vouloir rire sous cape de ce qui arrive à la majorité. Car, sa situation est pire que dans la majorité. Cette opposition a plus de raison de mieux s’organiser que la majorité. On sait que l’opposition est allée au deuxième tour des présidentielles sous l’étiquette de l’Union pour la Nation (UN) dont on ne parle plus.

Qui peut faire confiance à des individus incapables de s’organiser en dehors du pouvoir ? On a compris que cette opposition n’était qu’un conglomérat d’individus assoiffés de pouvoir. Ils se sont dispersés comme des fourmis. Ils ont jeté les manches après la cognée parce qu’ils ont raté le pouvoir. Si l’UN avait conquis le pouvoir, elle serait plus divisée que la majorité actuelle. La preuve, c’est que même là où cette opposition a conquis le pouvoir, c’est la débandade, c’est la désunion. La dernière preuve, c’est ce qui est arrivé à José Makila, gouverneur de la province de l’Equateur.

Cette opposition est même incapable d’appliquer ses statuts en se donnant un porte-parole. Si le dossier était bloqué au niveau du gouvernement, l’opposition serait montée au créneau pour dénoncer la tentative d’empêcher l’opposition de fonctionner. Au sein du parti phare de cette opposition, le Mlc, la situation n’est pas rose. Les luttes des clans sont perceptibles. On peut même dire que rongé par des querelles internes, le Mlc n’est qu’une poutre rongée qui tombera au moindre vent.

Les aboiements sans fondement du Mlc

Pour cacher ce qui se passe en son sein, le Mlc s’organise pour crier très fort à la moindre occasion en vue de se faire remarquer. Sa dernière bourde, c’est une contre-réaction aux propos de l’Assemblée provinciale du Katanga. On ne sait pas pour quelle raison le Mlc en fait son affaire personnelle avec des déclarations du genre : « - Le MLC s’inquiète de cette énième dérive qui met en danger le pacte républicain qui lie le MLC aux autres partis politiques et Institutions de la République ; pacte qui est le soubassement de l’engagement du MLC à jouer le jeu démocratique, à la seule condition, que toutes les parties prenantes respectent les règles du jeu.

- Le MLC interpelle le Président de la République, Chef de l’Etat en sa qualité de Garant de la Constitution et du bon fonctionnement des Institutions de la République ; pour qu’il mette fin aux violations délibérées et répétées, par les membres de sa famille politique, de la Constitution et des autres textes légaux et réglementaires qui régissent le pays.
- Le MLC prend à témoin la communauté nationale et internationale au sujet de ces menaces proférées contre les Députés nationaux et Sénateurs par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, et attire leur attention sur les conséquences graves qui pourraient en découler, au moment même où le pays tente laborieusement de se sortir du bourbier de la guerre à l’Est.
- Le MLC réitère son engagement à contribuer à l’avènement d’un Etat de droit dans notre pays.

La dramatisation par le Mlc

On constate que le Mlc n’avait pas réagi lorsqu’un député de l’opposition avait déclaré, pince-sans-rire, que si le chef de l’Etat ne fait rien pour faire libérer JP Bemba, la province de l’Equateur se mettrait en rébellion. Qu’est-ce que ce député a-t-il fait de son mandat national ? Qu’est-ce que le chef de l’Etat a à avoir dans l’affaire Bemba ? Pourquoi cette prestation n’a-t-elle pas soulevé autant de réactions que celle de Kyungu wa Kumwanza ? En évoquant le pacte républicain, le Mlc se met au centre de la concorde nationale. Pourquoi ? Qui lui a donné le mandat dont il veut se faire prévaloir ?

En quoi la déclaration de Kyungu wa Kumwanza engage-t-elle l’ensemble de signataires du fameux pacte républicain ? Kyungu wa Kumwanza aurait-il le mandat de parler au nom de son clan politique ? Pourquoi sa déclaration menacerait-elle le pacte républicain ? La dramatisation de cette déclaration est intentionnelle. Le but visé, c’est d’aller jusqu’à interpeller le chef de l’Etat. Le Mlc ne s’en empêche pas. Kyungu wa Kumwanza serait-il le porte-parole du chef de l’Etat ? Ou bien le Mlc voudrait-il que le chef de l’Etat bâillonne le président de l’Assemblée provinciale ? Dans ce cas, il faudra accepter qu’il en fasse autant demain avec le président de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo, de l’Equateur, du Kasaï-Occidental, …

En quelle qualité François Mwamba est-il le protecteur des députés au point de prendre la communauté internationale et nationale à témoins ? C’est du n’importe quoi. Cette dramatisation du Mlc n’a de valeur que de laisser pantois les partis politiques de la majorité qui devraient pourtant réserver à François Mwamba une réplique méritée. En politique, on ne se fait pas de cadeaux. En politique, c’est le terrain par excellence où se vérifie l’adage selon lequel « qui ne dit mot consent ». Qui peut consentir aux propos sans fondement et malintentionnés du secrétaire général du Mlc ? En tout cas pas les fins limiers de L’Avenir.

(DN/Th/GW/Yes)

Joachim Diana G./L’Avenir



Last edited: 21/02/2009 11:55:33

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