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La défense de Thoma Lubanga vient d’effectuer une mission en Ituri pour jauger l’impact du procès de ce chef de guerre dans le district où il faisait la terreur pour déduire que la sensibilisation médiatique reste en deçà de ce qu’il devait être malgré les dépositions des témoins à charge

Thomas LubangaLe procès de l’ancien seigneur de guerre de l’Ituri, Thomas Lubanga, a atteint sa vitesse de croisière, peut-on dire à ce stade actuel, sans risque de se tromper. Pour le moment, l’heure est à l’audition des témoins de l’accusation. C’est ainsi que dans la journée de lundi, le témoin appelé « numéro 10 » a débuté sa déposition.

Entre-temps, la défense du prévenu Lubanga, soucieuse d’appeler tous les moyens de défense possibles à son client, vient de séjourner en Ituri pour examiner les preuves apportées par l’accusation. C’est Me Catherine Mabille qui a conduit l’équipe de la défense qui a séjourné quatre jours durant en Ituri. Se confiant à une radio locale, Me Catherine Mabille a laissé entendre que tout comme l’accusation, la défense dispose de mêmes moyens que le Procureur pour faire venir des témoins à décharge à La Haye.

Mais, elle n’a pas révélé si au cours de son séjour en Ituri, l’équipe de la défense, descendue sur le terrain, a pu tomber sur des personnes susceptibles de témoigner dans les prochains jours lors des contre­ interrogatoires.

Par contre, Me Mabille a fustigé une fois de plus le huis clos imposé depuis le début du procès dans presque toutes les interventions des témoins du procureur, pour les soustraire aux intimidations et autres menaces. Ou encore à des représailles. On rappellera en effet, qu’un des témoins du procureur Luis Moreno Ocampo, un enfant soldat, était curieusement revenu sur ses aveux avant de se rétracter une fois de plus. Ce qui a amené la CPI à durcir ses mesures de sécurité pour les témoins à charge et à les faire témoigner pratiquement masqués afin de ne pas être reconnus par le public ou l’assistance. Une situation que déplore Me Catherine Mabille.

« Je pense qu’un des éléments essentiels qui, pour l’instant, nous paraît vraiment difficile, la publicité. C’est-à-dire que nous souhaiterions véritablement que le procès se tienne de manière beaucoup plus publique qu’il ne peut se tenir aujourd’hui. Je comprends bien qu’il y a des témoins qui ont besoin des mesures de sécurité, mais si à la fin de la preuve du procureur, nous avons eu 95% du procès que vous journalistes, vous n’avez pas pu suivre du tout, ce caractère de publicité n’existe plus et le peuple iturien aura eu le sentiment que c’est un procès dont il n’aura eu qu’une phase très limitée d’accès à l’information. Pour l’instant, je trouve que c’est un des problèmes majeurs du mode de fonctionnement du procès de Thomas Lubanga.

Vive impatience autour des évolutions des dossiers Bemba, Katanga et Ngudjolo !

Thomas Lubanga n’est pas le seul congolais à comparaître devant la Cour pénale internationale. Jean-Pierre Bemba, Germain Katanga et Matthieu Ngudjolo sont aussi poursuivis par la même cour. Et ils se trouvent en ce moment incarcéré dans les geôles de la CPI à la Haye. Mais où en sont leurs dossiers aujourd’hui ?

Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RDC, arrêté en Belgique le 24 mai 2008,est détenu au centre pénitentiaire de Shermingan à 15 kilomètres de la CPI, depuis le 3 juillet 2008. Sa première comparution devant la Chambre préliminaire est intervenue le 14 juillet 2008. Actuellement, la Chambre 3 est toujours dans les analyses en vue de donner sa décision, afin que le président du Mouvement de libération du Congo soit jugé ou non.

Germain Katanga est aussi détenu dans une de 12 cellules de la CPI. Son transfèrement au quartier pénitentiaire a eu lieu le 17 octobre 2007. Sa première comparution devant la Chambre préliminaire est intervenue le 22 octobre 2007.

Les audiences de confirmation de charges de l’ancien commandant de la FRPU ont eu lieu du 27 juin au 16 juillet 2008. La Chambre a déjà décidé de la confirmation de charges depuis le 26 septembre 2008 et on attend son procès.

L’autre congolais détenu à la Cour pénale internationale, c’est Matthieu Ngudjolo. Il a été arrêté puis transféré dans une des cellules de Shermingan le 7 février 2008.  La première comparution de cet homme de 39 ans et ancien dirigeant du Front des nationalistes Intégrationnistes devant la Chambre préliminaire 1 a commencé le 11 février 2008.

Les audiences de confirmations de charges se sont déroulées du 27juin au 16 juillet 2008. La décision de confirmation de charges est tombée le 26 septembre 2008 et le jugement est attendu.

(DN/Milor/GW/Yes)

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Last edited: 17/02/2009 18:09:15

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