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Scénario catastrophe dans l’approvisionnement du carburant en RDC : le blocage du taux de change décidé par le ministre de l’Economie empêche les opérateurs du secteur pétrolier de renouveler leurs stocks, ce qui fait courir au pays le risque de panne sèche

Les pétroliers font grise mine. Et pour cause, le taux de change appliqué par le ministère de l’Economie ne les arrange pas impossible pour eux, comme du reste pour le commun des mortels de se procurer le dollar à 730 francs congolais. Ce alors que le billet vert se négocie à 750 FC pour la vente et à 800, voire davantage pour l’achat.

Obligés de renouveler le stock, les pétroliers avouent leur impuissance face au taux de change réel. Où se procurer le roi dollar au taux brandi par le ministère de l’Economie ? Telle est la terrible équation à résoudre par les opérateurs du secteur pétrolier. Equation visiblement sans réponse.

Faute d’un réajustement du taux de change, les pétroliers avouent leur incapacité à s’approvisionner en produits. Et si rien n’est fait , c’ est le pays qui se dirige tout droit vers une panne sèche. Avec toute la cohorte des conséquences à tous les niveaux de la vie sociale. Et de l’avis des pétroliers ce n’est sans doute pas l’augmentation envisagée du prix du carburant qui va décanter la situation. De source pétrolière, on apprend en effet que le litre du super devrait passer de 640 à 665 FC alors que le gasoil devrait voir son prix atteindre 655 FC.

Pour éviter la rupture des stocks, des voix s’élèvent dans le monde pétrolier pour inviter le ministère de l’Economie à revoir le taux de change en vigueur dans leur secteur. De fait, une éventuelle perturbation sur le front pétrolier serait d’autant plus mal venue que le pays peine déjà a trouver des réponses à l’effondrement des cours des substances minérales.

Les Congolais ont connu pareils désagréments sous l’ère M’Zee Kabila. Dans le souci de soutenir les couches défavorisées (en fait la majorité de la population) feu LDK avait bloqué les prix du carburant. Résultat, les opérateurs pétroliers n’avaient plus suffisamment de devises pour importer les produits pétroliers. Il en était suivi une pénurie du carburant qui se traduisant notamment par de longues files devant les stations services. A l’avènement de Joseph Kabila, le Gouvernement a restauré la vérité des prix notamment en privilégiant le taux de change flottant. Exit la pénurie.

Pour rappel, la structure des prix des produits pétroliers comprend notamment le prix à l’importation, le prix moyen frontière, et le taux de change. Ce dernier est l’un des éléments déterminants dans la structure des prix de carburant. Compte tenu du fait que les pétroliers se procurent les devises sur le marché et non à la Banque centrale, un taux de change pas trop réaliste pénalise par définition les opérateurs de ce secteur. Les mettant ainsi dans l’impossibilité de faire du bénéfice et de renouveler leurs stocks.

C’est pourquoi, les ministères de l’Economie et des Hydrocarbures -qui chapotent la commission de la structure des prix-devraient tenir compte à la fois des intérêts des pétroliers et de la bourse des Congolais.

(DN/Milor/GW/Yes)

José Nawej/Forum des As



Last edited: 17/02/2009 17:58:10

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