Les manifestants ont émis le vœu de voir respecter les recommandations remises aux députés provinciaux dans les six mois qui suivent. Dans le cas contraire, une grève sera déclenchée. Une centaine de femmes activistes sont descendues le week-end dans les rues de Kinshasa pour protester contre la recrudescence des violences sexuelles faites à la femme, à la jeune fille et à la petite fille. Cette marche a eu comme point de départ la place Royale pour se terminer au collège Boboto où un mémorandum été remis à l’Assemblée provinciale. Accompagnée des femmes activistes, Mme Thérèse Olenga, ministre provinciale en charge de Communication, éducation, condition féminine et famille, a déposé le mémorandum à l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

 

Dans ce mémo, les manifestants formulent des recommandations à l’endroit de l’Assemblée provinciale de Kinshasa et du gouvernement de la République.

A la première, les femmes demandent qu’elle s’approprie des différents instruments juridiques internationaux et nationaux relatifs aux droits de la femme et de l’enfant notamment, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme (CEDEF), la loi sur les violences sexuelles, la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE), la Résolution 1325; le Code de protection de l’Enfant.

Par ailleurs, ces activistes suggèrent aux députés provinciaux de constituer au sein de l’Assemblée provinciale une sous-commission spécifique chargée du suivi des questions de Genre et de violences sexuelles. Ceci étant donné que la recrudescence des cas de viols et des violences sexuelles faits à la femme, à la fille et à la petite fille sur l’étendue de la ville de Kinshasa.

Au gouvernement, les manifestants exigent l’intégration dans le programme d’enseignement au niveau primaire, secondaire, professionnel, universitaire et supérieur des notions sur le genre et es violences sexuelles.

Mme Esther Ntoto, Coordinatrice nationale de la campagne «Stop au viol de notre ressource la plus précieuse, droits aux femmes et aux filles de la Rdc», a indiqué que  le 14 février 2009, une campagne de récoltes de fonds est organisé à travers 150 pays du monde pour appuyer la lutte contre les violences sexuelles en Rdc. Elle a, en outre, soutenu que si d’ici septembre 2009, ces recommandations ne sont pas respectées, les femmes de la Rdc vont décréter une journée de grève qui aura deux volets: primo, la sensibilisation de la communauté sur la valeur de la femme congolaise, secundo toutes catégories des femmes vont croiser les jambes et s’abstenir aux rapport sexuels dans le but de sensibiliser l’opinion sur le violences sexuelles.

Parmi les manifestants, une femme violée à l’Est du pays, a accepté de témoigner à visage dévoilé la manière dont elle a subi cette violence. «Je suis enseignante de formation. A cause des mauvaises conditions de vie, je suis allée me débrouiller à Shabunda dans la carrière de mine. C’est là où j’était enlevée et violée par des rebelles hutu rwandais», a fait savoir cette femme âgée de 56 ans.  Elle a poursuivie: «en 2007,  quant je eu l’occasion de fuir, j’ai été enlevée et violée pour la deuxième fois  par cinq hommes de Nkunda qui m’ont enlevé les dents».

(SM/PKF)

Sylvie Meta/MMC