Les négociations gouvernement-CNDP vont reprendre à Nairobi. Mais, elles seront dorénavant élargies aux autres groupes armés. L’annonce a été faite mercredi 11 février par Olusegun Obasanjo, le médiateur de l’ONU pour l’Est de la R.D­.Congo.

« Les négociations de Nairobi vont reprendre pour déterminer ce qui sera fait après et comment le faire », a fait savoir Obasanjo devant la presse à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la RD-Congo.

Obasanjo s’est exprimé à l’issue des rencontres marathons avec le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, l’abbé Malu Malu, coordonnateur du programme AMANI,... et Désiré Kamanzi, président du CNDP. Il n’a cependant pas indiqué la date de la reprise des pourparlers. Des négociations plus directes entre le gouvernement et le CNDP avaient été ouvertes le 8 décembre à Nairobi, capitale du Kenya, sous la médiation de l’ONU. Objectif: trouver une issue à la crise dans l’Est de la RD-Congo, où les combats avaient repris fin août 2008 entre l’ex-rébellion et les Forces armées de la République démocratique du Congo-FARDC.

Les négociations ont été ajournées à la suite du déclenchement le 20 janvier d’une opération conjointe Rwanda-RD-Congo dans le Nord-Kivu qui a même conduit à l’arrestation de Nkunda. Hormis le CNDP, d’autres groupes armés, en l’occurrence les Maï-Maï, opéraient dans le Nord-Kivu. Tous ont été conviés à prendre part à la prochaine étape des négociations à Nairobi. « Les autres groupes armés ne seront pas exclus... Nous devons accomplir nos objectifs et terminer notre mission de pacification », a affirmé Obasanjo.

Eviter de transformer Nairobi III en Sun City

Les négociations de Nairobi III entre le gouvernement congolais et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) continuent à susciter des réactions en sens divers dans le microcosme politique congolais. Reportées à une date ultérieure par l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour la région des Grands Lacs, ces pourparlers doivent consacrer la fin officielle de la guerre au Kivu. Raison pour laquelle, bien des politiques congolais et étrangers tiennent absolument à l’aboutissement heureux de ces négociations.

Interrogé à ce sujet, le chef de l’exécutif provincial du Nord-Kivu a émis le vœu de voir les pourparlers de la capitale kenyane « aller jusqu’au bout ». Pour Julien Paluku, cité par radiookapi.net, « les résultats positifs enregistrés actuellement sur le terrain ne doivent pas empêcher les deux parties à poursuivre le dialogue ». C’est ce qui explique le voyage que le médiateur de l’Onu, Olusegun Obasanjo, a effectué le mardi 10 février à Kinshasa, où il a rencontré le chef de l’Etat Joseph Kabila et le Premier ministre Adolphe Muzito.

A l’étape de Goma, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour la région des Grands Lacs s’est entretenu, le mercredi 11 février, avec les responsables de la Monuc, la délégation du CNDP et les représentants du gouvernement congolais. Toutes les parties impliquées dans la recherche d’une paix durable au Kivu et dans toute la région des Grands Lacs, ont semblé parler le même langage, révèle la source.

Nairobi III : aller jusqu’au bout
 
De son côté, Olusegun Obasanjo a déclaré : « Nairobi doit primer avant le rapatriement des négociations dans le pays, sans toutefois préciser la date de la prochaine rencontre ». Et d’ajouter : « Il va falloir que nous nous rencontrions encore à Nairobi avant de rapatrier le processus ».

Le porte-parole du CNDP, Kambasu Ngeve, affirme que son parti a déjà fait un geste réconciliateur qui a définitivement mis fin aux opérations militaires. Avant d’ajouter : « Les négociations préalables ne sont pas exclues dans le pays. Nous attendons maintenant que le problème politique soit posé. Nairobi, c’est un impératif, mais les discussions préliminaires peuvent commencer ici ».

A l’allure où vont les choses, bon nombre d’analystes craignent de voir les négociations de Nairobi III se transformer à celles de Sun City III, où chaque camp risque d’exiger un nouveau quota pour ses représentants et que ces rébellions armées se sont muées en partis politiques. Des revendications qui, estiment les mêmes analystes, pourraient remettre en question le travail déjà abattu par la médiation onusienne.

Pour le moment, l’essentiel est d’endosser l’accord du cessez-le-feu signé par les parties en conflit pour un contenu juridique tant sur le plan national, régional et international. D’accompagner cette volonté exprimée par toutes les parties de restaurer la paix en RDC et dans toute la région. Ce qui importe, c’est de voir les négociations de Nairobi III déboucher sur des résultats susceptibles d’éviter à la RDC et à toute la région, la spirale des violences. Dès lors que les mouvements rebelles ont reconnu la Constitution, les institutions issues des élections, cet acquis ne peut être aliéné.
 
L’on attend de la facilitation internationale l’implication de l’Union européenne, de l’Union africaine et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Aussi, la réunion avortée du 31 janvier qui devrait se tenir à Addis Abeba, devrait être envisagée dans les prochains jours pour clôturer en beauté le processus de Nairobi III. Il serait dangereux de s’inscrire dans une nouvelle logique de « négociations » aux incidences négatives.

(DN/Ern./GW/Yes)

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